‹ Histoire de l'art (volume 4)Chapitre 53 sur 119 · W. LEIBL.LES TROIS FEMMES À L' ÉGLISE · texte numérisé non relu

W. LEIBL.LES TROIS FEMMES À L' ÉGLISE

( Musée de Hambourg.)

Histoire de l'Art. VIII. PI. XI.

Librairie Armand Colin. Paris.

L’ART EN ALLEMAGNE ET EN AUTRICHE

forêt du Grünewald, dont les j>ins aux troncs rougeâtres se mirent tristement dans des lacs de poix.

La Sécession de Munich se ralliait de son côte autour de Fritz von Ulule, ancien officier de cavalerie, qui débuta, comme Hans von Marées, par des tableaux militaires, puis se forma, à l’instar de Liebermann, sous l’influence de Munkaczy. Son principal mérite est d’avoir renouvelé la peinture religieuse, alors en pleine décadence, qui se complaisait avec Eduard von Gebhardt dans des travestissements archaïques, en transposant audacieusement les scènes de la Bible en plein monde moderne, en évoquant un Christ consolateur au milieu des prolétaires, des ouvriers et des paysans. Cette transposition familière, qui était conforme aux plus anciennes traditions de l’art chrétien, lit naturellement scandale. Mais la Cène et les Paraboles de Uhde émurent toutes les âmes simples pour lesquelles un Christ du ier ou même du xvie siècle était trop lointain.

L’artiste munichois le plus populaire à cette époque n'était cependant pas Fritz von Uhde, mais Franz Lenbacli (1856-1904), portraitiste attitré de la Trinité Guillaume Ie'-Moltle- Bis marck, dont il a multiplié les effigies. Copiste impénitent formé dans les Musées où il travailla longtemps à la solde du comte Schack, il s’évertue à combiner les palettes des maîtres d’autrefois et à donner à ses propres peintures, à grand renfort de jus fauves ou ambrés, une fallacieuse patine de musée. Mais Liebermann n’a que trop raison de lui objecter : « c’est une absurdité de vouloir peindre un Bismarck qui ait l'air d'avoir été peint par Rembrandt ou Velâzquez ».

Le tableau de la vie artistique de Munich serait incomplet si l’on ne tenait compte de deux groupes étroitement apparentés qui ont joué un rôle très actif dans les dernières années du xixe siècle : c'est le groupe de la Scholle (La Glèbe), dont les principaux représentants soid Fritz Erler, l’auteur des fresques du casino de Wiesbaden, Léo Putz et Adolf Münzer, qui s’efforcent, à l'exemple des néo-impressionnistes français, de concilier avec la technique lumineuse des peintres de plein air le rythme de la grande décoration, et c’est aussi le groupe des i 1 lu s-

Phot Biuekmann.

Fig. 454. — Franz Lenbach : Portrait de Richard Wagner.

(National-Galerie, Berlin.)

trateurs qui collaborent à la Jugend et au Simplicissimus : deux journaux illustrés fondés en 1896, l’un strictement artistique, l'autre humoristique et satirique. On a reproché au Simplicissimus , qui se modela à 1 origine sur le Gil lilas parisien, d’être une école d’irrespect. Il est certain que Thomas-' Théodore Heine et l'essaim bourdonnant de ses collaborateurs : Gulbranson, Wilke, Thôny, Bruno Paul, n’épargnent rien ni personne et ridiculisent à cœur joie la caste militaire et la vie de famille allemandes. Mais cette satire impitoyable a fait plus de bien (pic de mal dans un pays où la bosse du respect tend à prendre un développement anormal.

Vienne, qui avait été, avant' 1848, du temps de Füger et de Waldmüller, un foyer d’art très vivant, s’est effacée, dans la seconde moitié du xixe siècle, devant Berlin et Munich. Le seul peintre qui ait jeté quelque lustre sur l’École viennoise, Gustav Ivlimt, est un décadent qui s’est inspiré, dans ses fresques alambiquées, d’Odilon Redon, de Fernand Khnopff et d’Aubrey Beardsley.

L’kxphessionmsme. - Sous l'influence de Cézanne et du Suisse Ilodler. dont les fresques décorent l’aula de l’Université d’Iéna, la nouvelle génération s’est détachée de ( impressionnisme auquel elle reproche de ne traduire (pie les apparences avec un souci de la nuance qui exclut la profondeur et la force. L expressionnisme est un peu en peinlui •e ce que le jazz-band est en musique. Aucun souci de l’harmonie ; il s’agit avant tout de frapper fort. A la nature on ne demande que des matériaux que chacun est libre de déformer à sa guise pour renforcer l'effet. Des simplifications brutales, un style d’affiche ou de vitrail : tel est l’idéal des expressionnistes, qui n’aboutit la plupart du temps qu’à d informes caricatures. De celte expérience, qui est la forme allemande du cubisme, il ne restera probablement (pie des déchets, à moins qu’on ne fasse exception pour certains portraits assez saisissants, d’Oskar Kokosclika, de Franz Marc et de Max Beckmann.

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1. Pour les ouvrages généraux, se reporter à la bibliographie du tome VIII, première partie, p. 244.

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Revues d’art : 1. Allemagne : Jahrbuch der preussischen Kunstsammlungen. — Münchner Jahrbuch der bildenden Kunst. — Repertorium fur Kunstwissenschaft. — Zeitschrift fiir bildende Kunst. — Der Cicerone. — Monatshefte fiir Kunstwissenschaft, transformés depuis 1925 en publication annuelle sous le titre de Jahrbuch fiir Kunstwissenschaft. — Kunstchronik. — Die Kunst. — Kunst und Kiinstler. — Deutsche Kunst und Dekoration.

2. Autriche : Jahrbuch der kunsthistorischen Sammlungen in Wien. — Belvedere.

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