PEINTURE ET GRAVURE
Après Joset Mânes, initiateur de la peinture nationale tchèque, l'influence allemande, qui prédominait encore dans la première moitié du xixp siècle, décline, et l'influence française prend nettement le dessus.
Parmi les peintres des générations suivantes, il n'en est presque pas nn seul qui n’ait résidé plus ou moins longtemps à Paris. Iaroslav Cermak s’y fixe depuis 1852 jusqu’à sa mort en 1878 et, après avoir été à Bruxelles I élève de Gai lait, il se rallie à Delacroix. Parmi les élèves tchèques de I atelier Couture, qui était alors très achalandé, on peut citer Sobèslav Pinkas, qui séjourne à Paris de 1854 à 1865. Peintre de genre et ani-
Antonin Slavhf.k : Vue générale de Prague.
ma lier de talent, Pinkas tit partie de la colonie d'artistes de Marlotte, puis vint habiter à Cernay-la- Ville la maison de son ami, le paysagiste Français. De retour à Prague, il y fonda l'Alliance française dont il tut pendant seize ans le président.
Venceslas Brozik (1851-1901), qui exposa à Paris au Salon de 1878 sa grande toile : Les Ambassadeurs tchèques demandant à Charles I II la main de sa fille pour le roi de Bohême Ladislas , s'efforce de marcher sur les traces du Polonais Matejko (voir l. VIII, 1, p. 248). Son tableau le plus populaire : La Condamnation de Jean lluss, ne manque pas d un certain pathétique : mais c’est un pathétique de théâtre, un drame à grand spectacle mis en scène à la manière de Delaroche, de Gallait ou dePiloly.
Phot. J a ii Stenc, Prague.
Fig. 473. — Nicolas Aies : Scène du cycle de La Patrie. (Foyer du Théâtre National, Prague.)
11 y a plus de sincérité dans l'œuvre des paysagistes tels qu’Antoine Chittussi 1848-1891), formé à l’école des maîtres de Barbizon, qui, avant d’interpréter les paysages de son pays natal, se lit la main en peignant des vues de la forêt de Fontainebleau.
A la décoration du Théâtre National ont collaboré deux artistes dont le talent rappelle les élégances Second Empire de Paul Baudry. Nicolas Aies, plus dessinateur que peintre, puise dans le répertoire des légendes populaires l'inspiration de son cycle de La Patrie, noble parure du foyer. Vojtech Hynais (1854-1925) a peint le rideau du théâtre : grande page adroitement composée, qui montre les poètes, les musiciens, les acteurs tchèques groupés autour des Muses de la Tragédie et de la Comédie, attendant le moment de prendre possession de l’édifice reconstruit grâce aux offrandes de toute la nation.
A la suite de ces peintres décorateurs se rangent les illustrateurs et
L’ART DANS LES PAYS SLAVES ET BALKANIQUES
les « affichistes », qui se sont laissé attirer, eux aussi, par le rayonnement de 1 art français. Ludëk Marold, qui remporta un grand succès en 1888 avec son pittoresque tableau du Marché aux œufs à Prague, a illustré les romans de Daudet, de Bourget. François Kupka collabore à V Assiette
Phot. J an Stanc, Prague.
Fig. 474. — Vojtech Hynais : Rideau du Théâtre National, à Prague.