A NOS JOURS
Le milieu du xixe siècle trouvait eu pleine force la plupart des maîtres que nous avons évoqués dans un précédent chapitre : Meryon
et Bracquemond, Henriquel, Gavarni et Daumier, Doré Pour ne pas
interrompre leur biographie, nous avons déjà largement anticipé sur la période actuelle, qui reste longtemps dominée par leurs œuvres.
Le principal fait nouveau est extérieur à l'action des artistes : c’est l’emploi des procédés photochimiques. La photogravure en creux, ou héliogravure, antérieure en son principe au daguerréotype lui-même, entre dans la pratique industrielle en 1854. La photogravure en relief, qui date des premiers essais de Gillot père, en 1850, devient d'emploi courant, pour le trait, à partir de 1880, et pour les teintes (similigravure), à partir de 1891.
Si considérables que soient les conséquences de ces découvertes techniques, elles n’agissent pas en sens inverse de l’évolution déjà constatée : elles ne font que la précipiter. Partout où l’estampe n’a que des lins pratiques, — reproduction, documentation, — les procédés photochimiques supplantent sournoisement ou brutalement la gravure, car ils l’emportent en fidélité, en rapidité et en économie. Mais l’artisan seul est atteint par cette révolution. Libéré du souci de l imitation littérale, l’artiste est conduit à mépriser de plus en plus tout ce qui n'est pas la libre expression de son tempérament et de sa fantaisie.