HéBODoTE, I, m
tique et continentale*; ils faisaient travailler ses artistes*; ils attiraient ses sages à leur cour ^; ils avaient les relations les plus amicales avec l'Athénien Miltiade, tyran de la Chersonèse, et avec les Alcméonides d'Athènes*. Des temples avaient-ils souffert des ravages de la guerre au cours de leurs campagnes en lonie, ils les rebâtissaient, à leurs frais, plus beaux et plus somptueux ^ Crésus contribua de ses deniers à la construction du temple d*Artémis à Éphèse*. Quand ils se virent menacés par la Perse, c'est à Sparte, c'est à Athènes qu'ils demandèrent secours^.
Ce qui prouve combien Crésus était populaire dans le monde grec, c'est que ses malheurs mêmes ne le dépouillèrent pas de son prestige ; longtemps après la prise de Sardes, Pindare le citait encore en exemple de la persistance avec laquelle la renommée garde le souvenir des princes qui, par leur générosité, ont mérité l'estime et l'admiration de leurs contemporains : « La vertu bienveillante de Crésus, dit-il à Hiéron, ne s'éteint pas^ »
Ce qui acheva de réconcilier les Ioniens avec la domination lydienne, ce fut la richesse de la Lydie. Les Grecs étaient gens d'esprit; parfois héroïques dans le combat, ils ont toujours su, quand ils avaient perdu la partie, s'accommoder, au moins pour un temps, des maîtres avec lesquels il y avait de l'argent à gagner. Économistes naïfs, les anciens expliquaient la prospérité de la Lydie et l'opulence si vantée de ses princes par l'or que leur auraient fourni en abondance les mines des montagnes de leur royaume et les torrents duTmolos^.Mais, s'il paraît
\ . HÉRODOTE, 1,14, 25, 50-52, 92 ; Théopompe, fr. 484 (dans MOller, Frag. hist. grxc^ 1. 1).