‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 2)Chapitre 107 sur 412 · Hérodote, I · texte numérisé non relu

Hérodote, I

8. Pindare, Pythiqucs, I, 184 : où yO'vei Kpoîaou oiXoçpcov apexdi.

9. Hérodote, que l'on accuse si souvent de crédulité, ne dit rien de pareil; il se borne à rappeler que les eaux qui descendent des montagnes lydiennes entraînent des paiUettes d'or (I, 93; V, 101); c'est chez des écrivains très postérieurs que Ton trouve le Pactole signalé comme la source principale des richesses de Crésus (Strabon, XHI, iv, 5). Sur la question de l'or du Pactole, voir Tchiatchef, le Bosphore et ConstarUinople, 8», 1864, p. 232-242. Ce voyageur suppose que, vers le septième siècle, les eaux de la montagne se trouvaient avoir désagrégé un glle local d'une grande richesse, et que ce môme torrent a cessé de produire quand il a eu débité toutes les pépites qu'il avait arrachées à ce filon. Comme on l'a reconnu, la composition géologique du Tmolos s'accorde avec

démontré que certains filons de quartz aurifère furent alors exploités avec profit en Lydie et en Mysie', rien ne prouve qu'il en soit jamais sorti des quantités de métal qui fussent comparables à celles que les rois de Macédoine devaient faire jaillir plus tard des flancs du Rangée. Quant au Pactole, malgré la réputation que lui ont value les hyperboles des poètes, les orpailleurs qui en lavaient et en tamisaient les sables n'ont certainement créé qu'une partie et peut-être une partie assez faible du capital dont paraissent avoir disposé les Alyattès et les Crésus. D'autres agents ont dû contribuer dans une plus large mesure à la formation de ces trésors qui étonnaient les Grecs : ce sont, d'une part, ces soldats qui ont contraint au payement du tribut les peuples d'une moitié de la péninsule, après Tavoir pillée pour le compte de leurs chefs; ce sont surtout les éleveurs de bétail, les laboureurs, les vignerons qui, dans toute l'étendue de ce vaste territoire, mettaient à profit la fertilité du sol et la variété des cultures qu'il comportait ; ce sont les artisans des deux sexes qui, dans l'atelier urbain comme dans la cabane du paysan, pratiquaient ces industries de luxe que mentionnent déjà les poèmes homériques'; ce sont les négociants qui servaient d'intermédiaires entre les échelles grecques de la côte et les centres de production ou les marchés de toute l'Asie antérieure. Hérodote affirme que les Lydiens a ont été les premiers à faire le métier de revendeurs^ ».

Présentée sous celte forme, l'assertion est inexacte; avant la Lydie, l'Egypte, la Chaldée, la Phénicie avaient eu leurs détaillants. Ce qu'Hérodote veut dire, à sa manière, c'est que les Lydiens avaient le goût et le génie du trafic, que celui-ci prit entre leurs mains une activité singulière. En tout cas, ce n'est point le petit commerce fait en boutique, dans une des rues du bazar, c'est le commerce de gros qui a dû ^oir au Lydien Pythios cette fortune considérable qu'il mit aux ordres deXerxès quand celui-ci marchait contre la Grèce*; à ne tenir compte que de la valeur actuelle des métaux précieux, le capital que Pythios se serait vanté de posséder, d'après Hérodote, représenterait plus de quatre-vingts millions de francs. Pythios habitait CelaenaB, près des sources du Méandre, là où passait la grande route qui plus loin, au

i'hypothèse d'ane exploitation qui a pu être assez rémuoératrice pendant un certain temps pour qu'on en ait ensuite exagéré l'importance.

1. Strabon, XIV, V, 28; Pseudo-Aristotb, nepi Oau{jiaatb)v àxoua{jiaTci)v, ,^ 52.

1 Homère, Iliade, IV, i41-145.

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