‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 2)Chapitre 111 sur 412 · Pollux, lll, 87. rufiaSaç ypuaoç, Kpo''a£iot (j-rax^ps · texte numérisé non relu

Pollux, lll, 87. rufiaSaç ypuaoç, Kpo''a£iot (j-rax^ps

9. HÉRODOTE, VI, 127. Pline, H, N. Vil, lvii, 7 (éd. Littré); Pollux, X, 179, par qui nous apprenons qu'Aristote, dans le chapitre de son grand recueil qui était consacré à la conslitution des ArgienSy avait traité des mesures instituées par Phidon; Chronique de Paros, I. 45-46.

Les témoins qui se prononcent en faveur des rois de Lydie paraissent plus dignes de foi que ceux qui soutiennent les prétentions des Éginètes. Us sont plus anciens, plus rapprochés des faits dont ils parlent. Xénophane est contemporain d'Alyatte et de Crésus ; il a vu la pratique du monnayage se répandre du royaume lydien dans les cités ioniennes. Si Hérodote n'a vécu qu'après la chute des Mermnades, encore précède-l-il Éphore d'un siècle environ; ajoutez qu'il est né, qu'il a passé sa jeunesse dans une région où devaient encore, de son temps, se rencontrer dans la circulation les espèces jadis émises, en quantité considérable, par les monarques lydiens; il était plus curieux et mieux informé que les historiens rhéteurs de l'école d'Isocrate. Enfin, une raison de plus pour que l'on en croie sur parole Xénophane et Hérodote, c'est que la vanité grecque n'a pas dû se résigner, sans quelque effort et sans quelque regret, à reconnaître ainsi les titres des Lydiens; pour qu'elle leur cédât cette gloire, il a fallu que ces titres lui parussent au-dessus de toute contestation.

On ne saurait compter, pour trancher le débat, sur la chronologie historique; la date du règne de Phidon est des plus controversées. Certaines données conduiraient à le placer dans le cours du huitième ou même du neuvième siècle; mais, d'autre part, on est forcé de descendre jusqu'au milieu du septième siècle pour trouver, dans la situation du Péloponnèse, un ensemble de circonstances qui concordent avec le rôle considérable que l'antiquité attribuait à Phidon ; aussi est-ce à cette hypothèse que s'arrête le plus autorisé des historiens de la Grèce, Ernest Curtius*. Phidon se trouverait être un contemporain de Gygès, mais un contemporain plus jeune de quelques années; quand il entreprenait de reconstituer, au profit d'Argos, le vieil empire des Atrides, la dynastie des Mermnades était déjà solidement assise sur le trône de Lydie.

C'est donc aux monuments mêmes qu'il convient de s'adresser, en dernière analyse, afin de sortir d'embarras. Cet examen confirme tout d'abord la valeur des témoignages que nous avons invoqués. Aucune des séries monétaires connues ne présente de monuments dont l'aspect soit aussi ancien, aussi primitif que l'est celui des premières pièces d argent d'Égîne et de certaines pièces A'élecirum que l'on a cru devoir attribuer aux rois de Lydie.

Ces dernières pièces sont les seules dont nous ayons à nous occuper

I. E. CmTius, Histoire grecque (traduction Bouché-Leclercq), t. I, p. 299, n. 3.

ici ; on a eu diverses raisons de leur prêter l'origine que nous leur assignons. La plupart des pièces de ce genre que Ton possède ont été recueillies dans les environs de Sardes*. Les types qui s'y montrent ont bien un caractère qui s'accorde avec cette hypothèse; c'est le lion, dont Crésus envoyait l'image à Delphes*, le lion qui, promené autour des remparts de Sardes, les avait rendus imprenables^, le lion enfin, qui était consacré à Cybèle, la grande déesse de l'Asie Mineure. Sur d'autres échantillons, la tête du lion est opposée à celle du taureau, et de nombreux exemples nous ont déjà montré que l'art asiatique aimait à mettre en rapport ces deux animaux, dont le rapprochement parait avoir eu une valeur symbolique*. De plus, beaucoup de ces pièces sont en électrum, et Télectrum, c'était par excellence le métal lydien'. Les Grecs appelaient électrum ou or blanc un alliage naturel où l'or et l'argent entrent en proportions variables. Dans le métal que donnaient les sables aurifères du Tmolos et qu'ont mis en œuvre les monnayeurs lydiens, il y a environ soixante-treize parties d'argent contre vingt-sept d'or«.

C'est déjà, ce semble, pour le monnayage de la Lydie, une première présomption de haute antiquité que l'emploi d'un alliage dont le titre n'était pas fixe; les pépites jetées dans le creuset n'avaient pas toutes la même composition; aussi semble-t-il que, dès le règne de Crésus, on ait pris l'habitude d affiner l'or destiné à la frappe. Ce qui, plus encore que cette imperfection du métal, trahit en Lydie les tâtonnements d'un art encore à ses débuts, c'est la forme même et la physionomie des pièces. Ce sont des lingots ovoïdes un peu aplatis sur les bords, des espèces de grosses pastilles; d'un côté, seulement une surface striée, de l'autre, profondément marquée en creux, l'empreinte

{. Rawlinson, Herodotus, 1, p. 713.

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