‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 2)Chapitre 113 sur 412 · Sophocle, Antigone · texte numérisé non relu

Sophocle, Antigone

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6. Barclay Head, Historia numorum, Introduction, p. xxxiv. Fr. Lenormant, La Monnnk dans Vantiquité, t. 1, p. 190-194. Les Grecs, au lieu du mot ^Exxpov, employaient quelquefois la périphrase or blanc, Xsuxo; ypjio'; (Hérodote, 1, 70).

de trois poinçons régulièrement disposés. Les plus vieilles pièces d'Égine rappellent plutôt les barres métalliques qui avaient été longtemps usitées comme moyen d'échange*; au lieu d'être plus ou moins circulaire, le flan a encore la forme allongée. Ces espèces ont donc une apparence de grossièreté primitive qui pourrait, au premier abord, induire à croire qu'elles ont précédé celles de la Lydie; les poinçons dont la marque se voit au revers des pièces que nous attribuons à Gygès sont bien plus finement gravés que les coins des tortues de Phidon; mais cette différence s'explique aisément. L'Asie Mineure, au septième siècle, avait une grande avance sur la Grèce; l'art et les métiers qui s'y rattachent étaient plus développés; on y avait la main plus exercée et plus adroite.

Ce qui a paru trancher la question d'antériorité, c'est que, comparées aux pièces qui commencent la série d'Égine, celles qui ouvrent la série royale de Lydie ne remplissent pas aussi complètement toutes les conditions qui, dans l'antiquité, constituaient et définissaient le numéraire. Ces pièces ont un caractère de transition ; ce sont encore des lingots, comme ceux qui circulaient autrefois en Egypte et dans toute l'Asie; mais ils sont poinçonnés par l'autorité publique, et, à ce titre, c'est déjà de la monnaie ; au point de vue économique, ils en ont les traits essentiels. D'autre part, au point de vue de la forme et des procédés de fabrique, ce sera un progrès capital que l'invention du coinmatrice qui donne un type en relief; or ce progrès est encore à accomplir, même après la frappe des premiers statères d'or lydiens. Toute pièce, quelqlie rude qu'en soit le travail, où le type fera saillie sur le champ, devra donc être considérée comme postérieure , puisqu'elle appartiendra à une nouvelle période de l'art du monnayeur, et c'est là le cas des plus anciens statères d'Égine ^.

C'est donc Hérodote qui semble avoir raison quand il fait honneur aux Lydiens de l'invention de la monnaie; seulement, il parait avoir

1. Dans le fameux temple d'Héra à Argos, on montrait quelques-unes de ces barres (w£>.'.«ot) qui, racontait-on, y auraient été consacrées par Phidon comme monument des anciennes pratiques auxquelles son invention aurait mis ftn. Etymologkum magjium, s. v.

2. Sur IVnsemble du monnayage Ivilien, voir, outre Fr. Lenormant, Barclay V. Head, Tke coinage of Lydia and Persia, dans le recueil intitulé : The international numiamata wimlalia, publié de 1874 à 187"', cbez Truebner, en plusieurs livraisons in-4**, dont chacune, accompagnée de belles planches en photogravure, forme un ouvrage séparé. Les mêmes questions sont traitées plus brièvement dans VUisiwia numorum^ du même auteur. M.-C. SoL'Tzo, Systèmes monétaires primitifs do FAsie Mineure et de la Grèce (dans Revue rmmaine d'archéologie, d'histoire et de philologie, t. II, 1883). Sur la réforme attribuée à Crésus, Barclay Head, The coinagct p. 10 et Histona numorum, p. 545-5^6.

commis une légère inadvertance lorsque, à ce propos, il mentionne l'or en même temps que l'argent; il aurait dû ne parler que du premier de ces métaux. Les plus anciennes monnaies d'argent que Ton puisse, avec quelque vraisemblance, assigner à la Lydie ont un caractère bien moins archaïque que les monnaies d'électrum, et les numismatistes s'accordent à ne pas les faire remonter au delà du règne de Crésus. On incline à regarder ce prince comme l'auteur d'une réforme monétaire par laquelle la royauté lydienne aurait substitué à sa monnaie d'électrum, dont le titre n'était pas rigoureusement défini, un double étalon, l'or pur et l'argent, réforme heureuse qui aurait beaucoup contribué à Tessor que prirent alors le commerce et la richesse de son empire. De toute manière, ces pièces d'argent, qu'elles appartiennent à la Lydie ou à quelqu'une des villes grecques de l'Asie, sont sensiblement plus jeunes que les premières tortues d'Égine; comme celles-ci, elles ont le type en relief, et ce type est déjà d'une exécution très avancée. Selon toute apparence, c'est de l'atelier d'Égine que sont sorties les premières monnaies d'argent.

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