‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 2)Chapitre 142 sur 412 · CARACTÈRES GÉNÉRAUX DE LA CIVILISATION LYDIENNE · texte numérisé non relu

CARACTÈRES GÉNÉRAUX DE LA CIVILISATION LYDIENNE

justement admirées, le sentiment de la difficulté vaincue; on est surpris devoir que l'auteur du coin ait su faire entrer, dans un si étroit espace, une image qui, toute réduite qu'elle soit, a parfois un aussi grand caractère que la plus belle statue; on se demande comment, avec le faible relief dont il disposait, il a pu mettre chaque trait à son plan, si bien rendre tout le modelé du visage et les rondeurs delà forme vivante. Si vraiment, comme on est fondé à le penser, c'est àl'e&prit ingénieux el pratique des Lydiens que l'on doit une invention qui, entre les mains des Grecs auxquels ils l'ont aussitôt transmise, a multiplié et comme mobilisé les types créés par le statuaire, il n'en faut pas davantage pour que ce peuple intéresse l'histoire et que celle-ci se sente tenue de rechercher avec soin et de décrire le peu qui subsiste des monuments de la civilisation lydienne.

Ce n'est pas seulement à ce titre que la Lydie offre un spectacle digne d'attention ; elle a encore ceci de curieux que l'on y voit se produire, avec une bien autre intensité, les phénomènes que nous avons déjà signalés à propos de la Phrygie, l'ascendant que le génie hellénique commence à prendre, vers la fin du septième siècle, sur cette Asie dont il a été d'abord, pendant de longues suites d'années, le client et rélève, le renversement des rôles, l'influence des arts de la Grèce se faisant sentir dès lors, par une sorte de rayonnement, jusqu'à une certaine distance des côtes orientales de la Méditerranée et, de siècle en siècle, pénétrant plus avant dans l'intérieur de ce continent dont les armées grecques ne prendront possession que beaucoup plus tard, avec Alexandre. En Lydie, cette action s'exerce avec plus de force encore qu'en Phrygie, parce que Sardes est bien plus près de la mer que Pessinunte et Ancyre, parce qu'entre les Lydiens et les Grecs du Hltoral le contact est immédiat et constant; la pénétration est plus rapide encore et plus intime. Pendant que la royauté lydienne, par la supériorité de ses armes, force les Ioniens à reconnaître sa suprématie et à se déclarer ses vassaux, ceux-ci prennent leur revanche en faisant la conquête morale du royaume. Crésus, quand il tomba, était sur le point de devenir un prince grec; il avait déjà reçu le droit de cité à Delphes * ; il aurait sans doute obtenu le privilège d'envoyer les che vaux de la Lydie disputer les prix des grands jeux de la Grèce, et Pindare aurait célébré les victoires d'un de ses successeurs comme il a fait celles de Gélon, de Hiéron et d'Arcésilas. Si la dynastie des

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