‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 2)Chapitre 144 sur 412 · S 1. — HISTOIRE DES CARIENS · texte numérisé non relu

S 1. — HISTOIRE DES CARIENS

Le nom de Carie s'appliquait, dans l'antiquité, à la contrée monlueuse qui est comprise, vers le sud-ouest de l'Asie Mineure, entre Temboucbure du Méandre et celle d'un lleuve au cours torrentiel, l'Indos ou Doloman-tchai ; celui-ci descend de la Cibyratide et vient se jeter dans la mer en face de Rhodes. Les chaînes du Messogis, du Cadmos et du Salbacos enveloppent ce territoire et le séparent, au nord, de la Lydie, et, à Test, de la Phrygie méridionale; vers le sud-est, sur la rive gauche de Tlndos, se dressent les hautes montagnes de la Lycie'. La Carie appartient presque tout entière au bassin du Méandre; ses rivages, comme ceux qui les continuent au nord du Méandre, se découpent en presqu'îles très saillantes et en golfes profonds; mais, landis que la côte qui sert comme de devanture à la Lydie et à la Mysie était tombée, dès le dixième siècle, au pouvoir des Grecs ioniens et éoliens, la population caricnne était encore, au temps de la conquête perse, maîtresse de la meilleure part de son littoral. On ne comptait guère, dans les limites de cette province, que trois cités grecques importantes, dont deux étaient établies à l'extrémité de ces longs promontoires qui ne tiennent au continent que par un étroit pédoncule; c'étaient la puissante Milet, qui fut la reine de Tlonie jusqu'au jour où les ajluvions du Méandre eurent comblé la rade bien abritée qui lui servait de port, puis, plus au sud, Halicarnasse et Cnide, fondées par les Doriens. Vrais vaisseaux à l'ancre, ces villes, qui vivaient du commerce maritime, se contentaient d'une banlieue très restreinte; partout ailleurs que dans leur voisinage immédiat, c'était encore les Cariens qui

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