‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 2)Chapitre 154 sur 412 · Le tumulus avec son mur circulaire. Plan, Ibidem · texte numérisé non relu

Le tumulus avec son mur circulaire. Plan, Ibidem

219. — Enceinte funéraire carienne. Mittheilungen, XII, p. 225.

M.M. VVinter et Judeich ont signalé récemment une construction qui a la forme d'une tour (fig. 219). Elle renferme plusieurs fosses creusées dans le sol, ce qui ne permet guère d'y voir autre chose qu'une enceinte funéraire ; on a voulu mieux protéger les sépultures en les endurant de ces gros blocs à peu près bruts. Il y en a un, plus gros que

les autres, qui forme le linteau de la porte. La seconde porte, que Ion aperçoit au fond, est bien plus basse et pratiquée dans un mur de refend, en pierres sèches du plus petit échantillon, qui est peut-être moderne; il se peut que cet enclos ait été utilisé comme parc à bestiaux par des pâtres*. Les sépultures que l'on trouve dans ces enclos rappellent celles d'Iasos; ce sont des espèces de fosses, dont les parois sont formées tantôt par quatre larges tuiles, tantôt par quatre dalles de pierre. Un plus gros bloc, de coupe circulaire et bombé à sa partie supérieure, sert de couvercle. Ces sortes de boites ont, en moyenne, 0",30 de large sur 0",45 de long; c'est dire que Ion n'a jamais pu y déposer un cadavre ; on n'y recueille donc que des cendres, déposées parfois à même la fosse, plus souvent enfermées dans un vase d'argile, un grand pithos pointu par le bas. Ailleurs, à la place de ces jarres, on trouve des ossuaires en terre cuite. Ces urnes ne composent pas d'ailleurs à elles seules tout le mobilier funéraire; celui-ci, dans les caveaux des tumulus comme dans les réceptacles ménagés à la surface du sol, comporte aussi des vases de plus faible taille et de formes variées, des armes et des bijoux.

§ 3. — l'architkcti:re relioieuse et l'architectitre militaire.

Les temples de la Carie, comme ceux de la Lydie, ont tous été reconstruits après le quatrième siècle; sur l'emplacement même de ceux où le culte, grâce à la continuité ininterrompue de ses rites, avait, comme par exemple à Lagina, gardé une physionomie très particulière, on ne rencontre aujourd'hui que débris de frises sculptées par des artistes grecs de second ordre et chapiteaux corinthiens ou ioniques d'une exécution médiocre ; la facture en est sèche et grêle, comme dans tous les édifices de ce style qui ont été bâtis sous les successeurs d'Alexandre et après la réduction de l'Asie en province romaine*. Des fouilles profondes pourraient peut-être seules conduire à retrouver, sous les pièces de ce décor banal, quelques restes des bâtiments primitifs, et, qui sait? les ex-voto qu'offraient à leur « dieu des armées », à leur Zeus Stratios, quand ils rentraient dans leurs foyers après bien des fatigues et bien des aventures, les soldats cariens qui avaient, avec

1. WiNTER, Vascn ans Karien, p. 224-2-23 (dans Mitllieilungen des K. iL bisUluls, AthcnUche Abtheilung, t. XII, p. 223-244).

2. Sur les débris du temple de Lagina, Newton, A history ofdiscoveries, Adas, pi. LXXVII.

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