ARCHITECTURE RELIGIEUSE ET ARCHITECTURE MILITAIRE
Psammétique, remonté le Nil jusqu'en Nubie ou, avec Alyatte et Crésus, guerroyé, au delà de l'Halys, contre lesMèdes et les Perses. En revanche, sur la crête des hauteurs où les anciens habitants du pays avaient posé leurs premières villes, on voit encore se dresser plus d'un pan de mur qui ne paraît pas de construction hellénique.
S'il est un monument où l'on soit tenté de chercher un de ces ouvrages très anciens devant lesquels, au temps de Strabon, l'imagination populaire évoquait le souvenir des plus anciens maîtres du pays, c'est bien cette singulière enceinte que Texier a découverte près d'iasos, et qu'il a décrite sous le nom de mtvr des Lélèges\ Elle se développe, sur une longueur de plusieurs kilomètres, en terre ferme, à quelque distance du rivage auquel est contiguë la petite île où a été bâtie la ville grecque ; elle traverse un terrain inégal et inculte, où il n'y a pas trace d'habitations.
220. — Plan du mur des Lélèges. Texier, Description, t. III, pi. CXLVII.
Ses défenses, tours et ressauts du mur, sont tournées vers la mer ; on ne saurait donc chercher là des ouvrages avancés que les citoyens d'Iasos auraient bâtis pour protéger leur banlieue contre les incursions des peuplades de l'intérieur; il semble au contraire que cette muraille ait été destinée à couvrir contre un débarquement le territoire d'une ville située dans les terres, peut-être celui de Milet qui, par sa frontière méridionale, touchait à celui d'Iasos; mais l'attaque ne pouvait-elle pas se produire sur un autre point du golfe et prendre à revers ce rempart colossal? On ne s'explique pas un pareil effort pour un résultat aussi incertain. Les dispositions que présente le tracé de cet ouvrage sont d'ailleurs aussi très différentes de celles que l'on rencontre dans les fortifications grecques {fig. 220) ; enfin lappareil, avec ses matériaux d'un très fort échantillon et l'irrégularité de ses assises, ne ressemble en aucune façon à celui que l'on observe dans les édifices de la colonie argienne d'Iasos, dans Tenceinte continue qu'elle avait dressée autour de son îlot. Celle-ci, avec ses tours carrées, est construite en grands blocs de marbre blanc à bossage, de 0",70 de hauteur*; au contraire, dans la muraille de terre
\, Texier, Description, t. HI, p. 142-143. Explication des planches 147, 148 el 149. 2. Texier, Description, t. III, p. 137. Sur l'histoire de la ville grecqae d'Iasos, E. L. Hicfts, lasos {Journal of Hellenic stûdies, VIIÎ, p. 83-118).