‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 2)Chapitre 167 sur 412 · CARACTERES GÉNÉRAUX DE LA CIVILISATION CARIRNNE · texte numérisé non relu

CARACTERES GÉNÉRAUX DE LA CIVILISATION CARIRNNE

Nous avons cherché à donner un inventaire aussi complet que possible des reliques de la civilisation carienne; mais les résultats obtenus sont loin d'avoir satisfait notre curiosité. Voici cependant les quelques traits qui se dégagent et qui restent dans la mémoire.

Les Cariens avaient les mêmes méthodes de construction que les autres peuples de la péninsule; on trouve chez eux le même appareil qui, ici comme ailleurs, offre une variété où se marquent les différences des temps et le progrès des métiers. Aux murs bâtis en quartiers de roc presque bruts en ont succédé d'autres où les assises, toujours à joints vifs, sont plus ou moins bien réglées; il en est de même en Cappadoce, en Phrygie et en Lydie. D'autre part, ce qui rattache tout particulièrement la Carie à la Lydie, ce sont les dispositions de son architecture funéraire. Au sud du Méandre comme dans la vallée de l'Hermos,

\. Paton, Excavations, p. 08 e( 70, fig. 7, H, 12, 13.

la forme que prend le plus volontiers la tombe, dès qu'elle témoigne de quelque luxe, c'est celle du tumulus avec allée couverte et caveau intérieur. Autre rapport : les Cariens et les Lydiens, possesseurs d une excellente argile plastique, ont beaucoup bâti en briques et ont été des potiers habiles. Il y a une étroite ressemblance entre les vases dont les débris ont été ramassés dans la nécropole royale de Sardes et ceux qui proviennent des nécropoles cariennes. Les formes sont similaires et les tons pareils ; le principe de la décoration est Je même. On a, il est vrai, recueilli en Carie deux vases où l'artiste a fait effort pour s'élever au-dessus de l'ornement linéaire et pour s'inspirer de la nature vivante, tandis que la céramique lydienne n'offre pas d'exemple de cette même ambition ; mais c'est là l'effet du hasard des fouilles; on n'a rien tenté à Idrias et à Mylasa qui n'ait dû être essayé dans une capitale comme Sardes, tant c'est bien le même goût qui domine et les mêmes procédés qui sont en usage dans toute cette région du sud-ouest. II en arrive autant pour les bijoux; en Carie aussi bien qu'en Lydie, on a ramassé de ces plaques d'or battu au marteau qui servaient k orner l'habit. Il a donc été fait, de part et d'autre, le même emploi du métal précieux; mais la figure de l'homme et celles de l'animal apparaissent dans deux des pièces qui ont été découvertes à Tralles, tandis que, sur les autres objets de parure qui font partie de cette trouvaille et sur ceux qui proviennent des environs d'Halicarnasse, il n'y a que du dessin géométrique. Qu'en conclure, sinon qu'il y avait des ouvrages plus soignés que d'autres, où l'artiste admettait des motifs d'un ordre plus relevé? Tralles est sur la frontière des Lydiens et des Cariens; les bijoux qui y ont été trouvés, nous pouvions indifféremment les porter au compte de l'une des deux nations ; si nous les avons assignés à la Lydie, c'est que, par leur élégance et leur richesse, ils ont éveillé dans notre esprit le souvenir de cette proverbiale opulence que la tradition attribuait aux sujets de Crésus.

Pas plus en Carie qu'en Lydie, nous n'avons trouvé trace de sculpture. A en croire certains érudits, il serait aisé de combler cette lacune. Plusieurs des archéologues qui se sont occupés des origines de l'art grec ont proposé d'attribuer aux Cariens ces statuettes informes, en marbre et en pierre calcaire, que l'on trouve en si grand nombre dans les Cyclades (fig. 243)*. Elles auraient été fabriquées par les Lélèges et les Cariens au cours de la période pendant laquelle ces tribus parcou-

1. C'est Thiersch qui a eu le premier cette id<^e (Ueber Paroa und Parische InschHften,

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