‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 2)Chapitre 175 sur 412 · TOME V · texte numérisé non relu

TOME V

3o4 LA LYCIE.

fluence, et grâce au progrès de la richesse, les villages où les premiers groupes d'immigrants s'étaient retranchés sur des hauteurs d'un accès difficile devinrent peu à peu, quelques-uns d'entre eux tout au moins, les mieux situés, de véritables villes, dont chacune avait sa citadelle, ses monuments publics et sa nécropole toute voisine. Ce changement était accompli vers le milieu du sixième siècle; quand le lieutenant de Cyrus, Harpagos, après avoir soumis les Ioniens et les Cariens, marcha contre la Lycie, les Xanthiens allèrent au-devant de lui; vaincus en bataille rangée dans la plaine, ils se replièrent sur leur ville, s'enfermèrent dans leur forteresse, où, après avoir mis le feu à leurs maisons et donné la mort à leurs esclaves, à leurs femmes et à leurs enfants, ils se firent tous tuer, en se précipitant, comme des forcenés, sur l'armée ennemie*. 11 n'y a aucune raison de croire que Xanthos fut alors la seule ville qu'il y eût en Lycie. Les Lyciens étaient restés en dehors de l'empire lydien*; mais, se sentant menacés par un voisin ambitieux et guerrier, bien d'autres cités que Xanthos avaient dû s'entourer de murs et se mettre ainsi en état de défendre leur territoire. S'il n'est ici question que de Xanthos, c'est que la tragique catastrophe de cette cité fut le seul événement de cette campagne dont le bruit ait retenti au loin. Effrayées par ce désastre, les autres villes se soumirent au conquérant perse et s'engagèrent à payer le tribut ; voilà pourquoi, dans son récit très succinct, l'historien n'a pas l'occasion de les nommer; mais dès lors, tandis que Xanthos régnait sur la basse vallée du fleuve, Pinara et Tlos s'en partageaient la vallée moyenne. Sur la rive droite, Pinara occupait le fond d'une gorge où coule un affluent qui descend de l'Anticragos ; sur la rive gauche, Tlos dominait la plaine qu'elle surveillait du haut de son imprenable acropole, posée sur un des derniers contreforts du Massikytos (fig. 248). Pydnai et Patara se faisaient de même pendant, des deux côtés du golfe qui se creusait alors entre l'extrémité méridionale dés deux chaînes que sépare le Xanthe. Patara, comme le prouvent ses ruines, était de beaucoup la plus importante des deux villes; son oracle d'Apollon était déjà célèbre au temps d'Hérodote \ Ce golfe est aujourd'hui changé en un

en regardant vers le sud, d'une hauteur qui est au nord de Xanthos. On voit, au-dessus du fleuve, le roc qui portait Tacropole, et, à gauche de ce massif abrupt, la partie occidentale de la ville, avec quelques-uns des édifices qui s'y dressent encore au milieu des buissons. Au loin, la mer.

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