‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 2)Chapitre 188 sur 412 · TOME V · texte numérisé non relu

TOME V

LA LYCIE

qui a suggéré l'idée du motif connu sous le nom de bucrane. Les pièces qui constituent les versants courbes de ce toit ont leur pied compris entre les poutres qui encadraient la couche de terre battue, la vraie couverture de Thabitation; ces poutres servaient donc aussi à empêcher Técartement des arbalétriers. Ici encore, tout se prête à cette conjecture que nous sommes en présence de la copie sincère d'un

modèle jadis familier à tous les yeux ; il y a lieu de penser que certains de ces chalets lyciens avaient un comble aigu où trouvait place une chambre haute ou plutôt un grenier, grenier à fourrages ou grenier à bois, comme il y en a souvent un sous le comble triangulaire du chalet suisse. Cette dernière forme de comble se rencontre aussi dans les façades funéraires de la Lycie (fig. 266); mais les tombeaux qui la présentent paraissent, en général, moins an-

265. — Tombe à Pinara. Benndorf, Heisen, t. ^', fig. 33. cicUS qUC CCUX à Com-

ble Ogival.

Là où les hivers sont rigoureux, le comble ogival était une meilleure défense que le toit plat ou même que le toit à versants inclinés ; la neige glissait sur ses flancs ; il devait donc être employé, surtout dans les hautes vallées. Voici qui prouve que le pignon à rampants curvilignes était d'un usage très général dans certaines parties du pays : c'est de lui que se sont inspirés les Lyciens pour créer une autre forme de tombe, celle du sarcophage (fig. 267). Ces sarcophages, dont l'un des petits côtés reproduit la façade de la maison de bois à comble ogival, n'appartiennent qu'à la Lycie, où Ton pourrait en compter encore envi-

ron deux mille. Ils se composent d'un couvercle mobile, très lourd, muni de saillies qui jouent le rôle de poignées, d'une cuve où étaient déposés l'un sur l'autre les corps des membres de la famille, et souvent,

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