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Homère, Iliaile, XXIIi

4. Il existe encore à Xanthos des lions ({ui paraissent au moins aussi ar(.liaïque> «pu» ceux de Londres. Benndorf, Rehcn, t. I'"", pi. 2S.

LA LYCIE

caresse son lionceau qu'il couvre de ses pattes (fig. 276j; Tautre, qui au contraire est presque intact, est accroupi sur un taureau qu'il a terrassé (fig. 277) ; la tête du taureau pend inerte et renversée, les cornes tombant à terre, détail qu'on distingue mieux dans la vue latérale (fig. 278). Les grands côtés sont Tun et Tautre en partie brisés; sur l'un on voit trois personnages, un guerrier à pied tourné vers la gauche, puis un second piéton, sans armes, probablement un serviteur, marchant derrière un cavalier qui s'avance vers la droite (fig. 279). Le

277. — Tombe de Xaathos. Musée Britanoique. Vue d'angle. Dessia de Saint-Elme Gautier.

serviteur n'est vêtu que d'une courte tunique, et le cavalier parait nu. Au contraire, chez le soldat, le costume présente une particularité curieuse : c'est la forme du casque, au-dessus duquel se dresse et s'arrondit cette longue lame de métal, en forme de croissant, que nous avons rencontrée dans un bas-relief funéraire de la Phrygie (fig. 117). Le bouclier est cette rondache qui paraît déjà sur les plus anciens vases de Mycènes et qui figure dans tous ces monuments, d'origine très diverse, auxquels nous renvoyions à propos du bas-relief de Trysa (fig. 274). Il est difficile de deviner ce que représente le disque placé devant le guerrier, à la hauteur de sa tête; il est séparé du casque par un sillon dans la pierre; est-ce un bouclier pendu au

mur? De Tautre grand côté, il ne subsiste qu'un groupe, encadré dans un rebord saillant, qui occupe à peu près le tiers de cette face (lîg. 278) ; il semble probable qu'il y avait un pendant à l'autre bout, et qu'entre ces deux tableaux s'ouvrait la porte de la chambre. Ce groupe reproduit un des thèmes qui sont le plus chers à l'art oriental, le combat d'un personnage viril, homme ou dieu, contre un lion*. Les deux ennemis sont debout, face à face; le héros, de sa main gauche, saisit la crinière du monstre, tandis que, de sa main droite, il lui enfonce dans

278. — Tombe de Xanthos. Musée Britannique. Grand côté. Hauteur 0m,93. Dessin de Saint-Elme Gautier.

le flanc un large glaive ; il n'a pas l'air de sentir les griffes de la bête qui lui labourent l'épaule et le flanc. L'attitude est toute conventionnelle; si, pour être plus près de la nature, l'artiste s'était avisé de varier la donnée traditionnelle, s'il avait traité la scène de manière que Tissue de la lutte pût paraître douteuse au spectateur, le symbole aurait cessé d'être compris. L'idée qu'il éveillait dans les esprits, c'était celle d'une victoire remportée sur les puissances du mal par un être fort et bienfaisant; pour que cette idée fût perçue, il suffisait que les deux figures s'offrissent au regard telles qu'on avait coutume de les

1. Ilhloirc de iWrl, l. II, \\\i. 332, 337; I. III, Hj,'. 471, 472; t. IV, lig. 20(3.

LA LYCIE

voir, sous le même aspect, avec la même pose. C'est par la présence de cet élément traditionnel que s'expliquent ici les inégalités de la fac-

ture. Rien de plus raide que le groupe du lion et de son vainqueur: mais il y a déjà plus d'aisance âans les figures de lautre face principale; le cavalier est bien d'aplomb. Ce qui est encore supérieur, ce

sont les grands lions des deux extréniités ; s'il y a encore quelque maladresse dans certains détails, si le lionceau et la tête retournée du taureau ne sont pas exempts d'une certaine gaucherie, c'est une œuvre vraiment belle que le lion couché sur sa victime, surtout quand on le considère de profil (fig. 280). 11 donne au plus haut degré le sentiment (le la force au repos; Texécution, souple, large et grasse, a un caractère très particulier. On devine ici, sous la peau, la puissance des muscles; mais ceux-ci ne se détachent et ne ressortent pas sur la

280. — Tombe de Xanthos. Musée Britannique. Petit côté. Longueur 1",20. Hauteur 0™,93.

Dessin de Saiot-Elme Gautier.

chair avec cette fermeté un peu dure qui est dans les habitudes du sculpteur assyrien ; ce n'est pas non plus cette sécheresse et ces conventions que nous avons relevées en Phrygie* ; rien de plus libre que le rendu des masses de cette lourde crinière qui ombrage le front. Les voyageurs attestent que le lion existe encore dans le Taurus lycien ; lartiste a donc pu travailler d'après nature.

Des deux monuments que nous avons étudiés, Tun, celui de Trysa, remonte peut-être au septième siècle ; Faulre, où le ciseau est déjà bieH

\. Hhtoire de VArt, (. V, p. 178-170.

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plus habile, serait du sixièine\ En tout cas, tous les deux paraissent antérieurs au moment où Finfluence de l'art ionien a commencé de dominer en Lycie. Leurs thèmes sont de ceux que traite couramment l'art asiatique. La Phrygie avait de même constitué les lions gardiens de la tombe (fig. 64, 65), et le héros vainqueur du lion qui est représenté près de la porte fait songer à ce groupe des deux guerriers perçant la Gorgone de leurs lances qui occupe une place analogue dans une des tombes les plus importantes de la nécropole du Sangarios (fig. H7); mais le style n'est pas le même; il est ici plus ample et plus vivant. La race lycienne paraît avoir été bien douée pour la plastique ; on est tenté de croire qu'elle ne renonça point îï s'y exercer, alors même qu'elle eut commencé de chercher des exemples et des leçons chez ses voisins des vallées du Méandre et de l'Hermos. Parmi ces bas-reliefs qui décorent en si grand nombre les tombes de ce peuple, beaucoup doivent avoir été exécutés par des artistes indigènes, formés à l'école des maîtres ioniens. Tout en modifiant leur style, ces artistes restèrent fidèles, dans une certaine mesure, à de vieilles traditions locales; c'est ainsi qu'ils continuèrent à multiplier les figures de lions et à faire un fréquent usage de motifs empruntés au répertoire des arts de l'Orient, tels que le combat du lion et du taureau, le groupe du cerf terrassé par un lion, les lions et les sphinx afiTrontés*. Ces motifs se retrouvent aussi sur les monnaies (cul-de-lampe à la fin du chapitre). La Chimère, que nous avons trouvée à Cypre et que l'on s'attendait à rencontrer en Lycie, n'y figure ni dans les bas-reliefs ni parmi les types monétaires. En revanche, on y voit le taureau ailé à tête humaine de l'Assyrie et de la Perse ^

Une habitude qui doit être très ancienne en Lycie, parce qu'elle y a toujours persisté, c'est celle de la décoration polychrome. On a trouvé des traces certaines de couleur sur ces tours funéraires qui sont un des types archaïques de la sépulture lycienne; dans l'une d'elles, ces panneaux, qui ailleurs étaient ornés de bas-reliefs, paraissent avoir été •décorés de peintures*. Sur plus d'un bas-relief des âges postérieurs, le fond est peint en bleu ou en rouge, le vêlement en jaune et en vio-

1. M. Benndorf croirait ces sculptures antérieures à la conquête perse (Reisen, 1. 1, p. 88).

2. Fkllows, An (iccount of discoveries in Lycia, 1841, planches près des papes 174, 187, 197. Texier, Description, t. III, pi. 22,*). Praghow, Antiquiasima montimenla Xanlhiam, pi. 4, 5, 6.

a. Six, Monnaies lyciennes, n»» 90, 93, 9:>, 143-lU. 4. Benndorf, Reiscn, t. I, p. 87.

let*. 11 en est de même des membres de rarchitecture. Les inscriptions gravées sur le roc étaient souvent repassées au pinceau ; les lettres se détachaient en rouge ou en bleu*. C'est ainsi que, sous cette pure lumière qui rappelle la lumière de TAttique, la main de l'homme prenait plaisir à jeter plus de richesse encore et de variété dans ces harmonies de couleurs qui charment ici les yeux; les tons clairs et vifs qu'elle appliquait sur les édifices et sur leurs sculptures ressortaient sur la blancheur du roc calcaire, que faisaient valoir le vert sombre des forêts de pins, le bleu du ciel et celui de la mer, l'éclat des neiges qui brillaient au soleil sur les cimes lointaines du Taurus.

Comme celle de la Phrygie, la glyptique de la Lycie est encore inconnue; je ne sache pas que l'on ait publié de cylindres, de cônes ou d'intailles d'une forme quelconque sur lesquelles se lisent des inscriptions lyciennes ; la présence de ces lettres serait le seul critérium qui permit de distinguer les pierres gravées chez ce peuple et à son intention. Les Lyciens ont dû pourtant avoir leurs cachets ; mais ceux-ci sont confondus dans les collections, soit avec les intailles orientales, soit avec les intailles grecques ^

Nous ne parlerons pas ici de la numismatique lycienne ; des derniers travaux dont elle a été l'objet, il semble résulter que les plus anciennes pièces qui puissent être attribuées à la Lycie, celles de Xanthos avec le carré creux et le sanglier, ne remontent pas au delà de la tin du sixième siècle {cul-de-lampe du ch. T')*; or c'est le temps où la Lycie, par l'effet de la conquête perse et des relations administratives

1. Fkllows, An account, planche près do la pape i99. Texier, Drscnpfwn,\.lU, p. 208, 239, 240.

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