‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 2)Chapitre 2 sur 412 · TOME V · texte numérisé non relu

TOME V

Ton alléguait pour justifier cette assertion, ce n'étaient pas s< les souvenirs que cette migration avait pu laisser aux tribus dans les vallées de Tllermos et du haut Méandre; on se fond sur ce fait que, bien des siècles après la séparation, les mêm de peuplades et de villes se retrouvaient encore, à peine distin, àe^ nuances légères de prononciation, à Touest et à l'est de pont, dans la Thrace proprement dite et dans cette contrée i appelait quelquefois la Thrace d*Asie. Sans pouvoir instituer u\ paraison du même genre, on affirmait aussi qu'il y avait une relation entre les Phrygiens et les Arméniens ; ces derniers t été, d'après Hérodote, « une colonie phrygienne »*; ils avaii riîistorien dans le dénombrement de l'armée de Xerxès, mêm pement que les Phrygiens, et ils marchaient au combat sous un chef. Le peu que l'on sait de la langue phrygienne ne démentir ce rapprochement*; mais, en tout cas, les termes dont se serl dote impliquent une hypothèse que l'histoire ne peut accepter, difficile d'admettre que l'Arménie ait reçu sa population de l'occi

colonie thrace, >> et c'est ropinîon de tous ses prédécesseurs qu'il résume ainsi ; sous les yeux toute une littérature historique aujourd'hui perdue. De même « Sunt auctores transisse ex Europa Mysos et Brigas et Thynos, a quibus appi Mysi, Phryges, Rithyni » (Hist. nat. V, 4i).

Sur l'origine thrace des Bithyniens, voir Hérodotk, VII, 75; Thucydide, IV, 75 PHON, AnabasBf VI, ii, i8; iv, i-2; UellMiqites, !, m, 2; lïl, ii, 2, etc.; et sur ce Mysiens, Strabon, VIT, iit, 2; XII, m, 3; le géographe a bien vu que, dans un ] d'HoMÈRE où les Mysiens se trouvent rapprochés des Thraces (Iliade, xiii, 3), h paraît avoir en vue des populations établies en Europe. Hérodote (vu, 74) conf( Mysiens avec les Lydiens, confusion qui s'explique par le fait que ces deux j formaient nu même corps dans l'armée perse et qu'une longue cohabitation sur occidentale de l'Asie avait amené le mélange des langues et la ressemblance des i Nous n'indiquons d'ailleurs ici que quelques-uns des textes qui attestent cette c thrace des populations répandues dans le Nord-Ouest de la péninsule; on en iv\ tl'autres visés dans Fr. Lenormant, les Origines de Vhistoire, t. Il, p. 366-371, et d\ DE JiTBAiNviLLE, les Premiers habitants de rEurope, p. 468 et suivantes.

i. 4>puY«i5v «;coixoi, HÉRODOTE, VIÏ, 73. Cf. Eudoxe, dans Etienne de Byzance, 'Ap.acvioi, et Eustathe, dans son Commentaire sur Denys le PMégéie, 694. On allait ji regarder comme synonymes les deux mots Arméniens et Phrygiens (Cramer, An grxca Oxoniensia, IV, p. 257). Josèphe {Ant.jud. I, 6) fait des Phrygiens les descen du Thogarma du ch. x de la Genèse. On s'accorde à croire que le nom de Thog désigne les Arméniens.

2. Les rapports de la langue phrygienne et de la grecque avaient déjà frap]: anciens. Platon, Cratyle, p. 4i0, A. Voir à ce sujet Lassen, Zeitschrift der deutschen genlœndischen Gesellschaft, t. X, p. 369 et suivantes.

3. Ë. Lenormant (Les origines de l'histoire, t. II, p. 373-379) croit pourtant poi conclure de l'examen des plus anciennes traditions arméniennes, recueillies dans il de Khorèue, que les Arméniens sont entrés par l'ouest dans le pays que nous app( aujourd'hui l'Arménie, pays qui, au temps où les Assyriens y eurent accès pour la

La parenté entre Arméniens et Phrygiens, si elle est réelle, s'explique peut-être mieux d'une autre manière : les deux peuples seraient issus d'une même souche, d'une même maîtresse branche de la famille aryenne, branche qui se serait partagée, dans des temps très reculés, en deux rameaux divergents. Des ancêtres communs, les uns auraient contourné par le nord le Pont-Euxin et seraient allés peupler le sud-est de l'Europe, d'où ils auraient, beaucoup plus tard, reflué en Asie Mineure; les autres auraient abordé la péninsule par son extrémité opposée, par les passes du Caucase ou par les hautes terres qui la relient aux plateaux de l'Iran; après s'être perdu de vue pendant des siècles, on se serait retrouvé sur l'Halys, qui prend sa source en Arménie et dont le cours moyen formait la limite de la Cappadoce et de

Il serait d'ailleurs hors de propos de discuter ici la question ; pas plus que les Thraces, les Arméniens n'ont jamais eu d'art qui leur appartint en propre, et Ton ne trouvera pas dans cette histoire une page où leur nom soit inscrit. Si nous avons rappelé les traditions qui ont trait à l'origine des Phrygiens et à leurs affinités ethniques, c'est qu'elles tranchent la question de race : les Phrygiens appartenaient certainement à la famille aryenne, comme achèvent d'ailleurs de le démontrer ceux des mots de leur idiome qui se lisent encore gravés sur le roc, dans le voisinage de Seid-el-ghaziK On pourrait

mière fois, aurait eu des habitants d'une autre race, les Urartai ou Àlarodieus. Dans cette hypothèse, les Arméniens seraient ceux des émigrants thraces qui auraient poussé le plus loin vers l'orient. Duncker (Geschichte der Alterthums, 1. 1, p. 383, 4« éd.) expose une opinion toute différente ; il admet la parenté des Arméniens et des Phrygiens, mais il refuse de t^nir compte de tous les textes qui affirment que les Phrygiens ont passé d'Europe en Asie ; pour lui, c'est le contraire qui a eu lieu ; si les mômes noms et les mêmes traditions se retrouvent en Phrygie et en Thrace, c'est que les tribus auxquelles appartenaient Phrygiens et Thraces, venant de l'est, ont commencé par laisser en Arménie une première colonie; un second groupe, Phrygiens, Mysiens, Bithyniens, se serait établi dans le Qord-ouest de l'Asie Mineure; puis, poussant toujours plus avant vers l'ouest, le gros de la nation aurait franchi les détroits et se serait répandu dans tout le pays compris entre la mer Egée et le Danube. Cette théorie est en opposition avec presque tous les textes anciens, avec la croyance générale de l'antiquité. Duncker l'a empruntée à Otto Abel (article Phryges, dans la Beal-Enq/clopedie de Pauly et Makedonikn p. o7), mais Abel ne donne pas une seule raison sérieuse à l'appui de l'idée qu'il s'est faite de cette migration; les quelques passages des auteurs qu'il invoque appartiennent à une basse époque.

1. Aucun des savants qui ont étudié la question n'a de doute à cet égard. Voir d'abord la dissertation de Lasseu à laquelle nous avons déjà renvoyé (p. 2, n. 2). Le mémoire a pour titre : Ueber die Lykischen Inschriften und die alten Spruchen Klein-Asiens, et l'étude de la langue phrygienne tient une grande place dans la seconde partie {Ueber die alten Kkmsiatisehen Sprachen ueberhaupt). L'auteur y ajoute ses propres observations à celles desérudits qui avaient avant lui traité ce sujet, Jablonski, Adelung, Heeren et de Lagarde

presque considérer leur langue comme un dialecte grec ; giens, a-t-on dit, ce sont « des Grecs orientaux », rappr que justifient d'ailleurs les étroites relations qui se sont dans la péninsule hellénique, entre les Thraces et les anc Grecs; au témoignage de toute l'antiquité, c'était à des tribus fixées dans les vallées de TOIympe et du Pinde, que la Grèce rites du culte de Bacchus et de celui des Muses; Orphée était m thrace.

Reste la question de date : quand s'est opérée la iiiigrati< conduit jusqu'au cœur de l'Asie Mineure une partie de ce thraces, apparentées de si près aux Grecs? Déterminer Tannée être même le siècle où les premières de ces peuplades auraien( les détroits, il n'y faut pas songer. Posé dans ces termes, le p serait insoluble; au contraire, il comporte une solution très \ blable, si l'on se propose seulement de déterminer la place c doit assigner aux Phrygiens dans la série des peuples qui se se c&ié en Asie Mineure, de ceux du moins qui, chacun à son lou joué le premier rôle et ont fait sentir à leurs voisins l'ascendant art et de leur civilisation. De toutes les nations qui ont figuré théâtre, la plus ancienne en date, c'est celle que nous avons apj nation hétéenne. Des documents écrits, les documents égyptien* la montrent, au temps des Toutmès, des Seti et des Ramsès, ne lement maîtresse de la Syrie septentrionale mais encore exerça toute l'Asie Mineure une suprématie assez effective pour que, ! signal donné de Gargamich ou de Cadech, des multitudes armée chissent le Taurus et vinssent lutter contre lès Pharaons dans la de rOronte, puis, plus tard, sous Ménephtah et sous Ramsès Ilf ner l'assaut aux frontières de l'Egypte. N'est-il pas vraisemblabli si les Phrygiens avaient alors habité la péninsule, ils auraiei

(Paul Boetticher). On devra pourtant recourir encore à l'essai de Paul de Lagarc lulé : Einige Bemerkungen ueber ërdnische Spnichen ausserhnlb Eràn* s [dans les Gesa AbhondlungeUf 8*, 1866, Leipzig). Le cbapitre TU (p. 283-291 du volume), sous la ru Thraker, Phryger und Armenier, est consacré à toutes les gloses des auteurs ancie nous ont conservé des mots de la langue phrygienne ; mais Tauteur n'y essaye pas, r I^ssen, d'expliquer les inscriptions. De tous les rapprochements signiflcatifs qui tiennent ces études, nous n'en indiquerons ici qu'un seul.^Hésychius atteste que I (s. v.) était le nom phrygien de Zeus; il a été facile de reconnaître dans ce mot, n la terminaison grecque que le lexicographe lui a donnée, celui qui« dans rancien et dans le zend, sous la forme bagha, a le sens de divinitéj mot que l'on retrouve leurs, légèrement modifié, dans plusieurs autres idiomes de la famille indo-europé Bog veut dire dieu dans les langues slaves.

LES ORIGINES DES PHRYGîE^fS ET LEUR HISTOIRE. 5

entraînés, eux aussi, de gré ou de force, dans ce grand mouvement des peuples, ils auraient été tentés ou contraints de se joindre au branle, de passer les monts et de descendre en Syrie? Or, dans la liste des peuples que les Khiti ont appelés à leur aide et de ceux que les scribes thébains appellent, un peu plus tard, les peuples de la mer y nulle part on ne trouve le nom des Phrygiens.

Si les textes contemporains de ces événements ne font pas mention, dans le récit de ces guerres, des peuplades du groupe phrygien, n est-ce pas qu'alors celles-ci n'avaient pas encore traversé les détroits, qu'elles séjournaient encore en Europe, dans ces contrées, la Thrace et la Mésie, où le gros de la nation a gardé jusqu'à la conquête romaine son indépendance et sa vie propre? Cette hypothèse, tout la confirme, tout ce que les Grecs savent et racontent au sujet des Phrygiens, tout ce que révèlent, à qui sait les consulter, les monuments où Ton a reconnu la main et l'œuvre de ce peuple. Par les chemins de caravane qui aboutissaient à Smyrne, à Éphèse et à Milet sur la côte occidentale, à Sinope sur la côte septentrionale, les Ioniens furent de bonne heure en rapport avec le principal des groupes do»t se composait la nation phrygienne, avec celui qui a laissé son nom à la partie du plateau comprise entre le cours moyen de THalys, les sources du Sangarios et celles du Méandre. La tradition ionienne, telle que Tont enregistrée les plus anciens logographes, doit avoir gardé l'écho des souvenirs que les Phrygiens eux-mêmes avaient conservés de leur propre passé ; or cette tradition n'inclinait pas à faire remonter très haut la migration qui conduisit dans la péninsule les tribus phrygiennes, car Xanthos de Lydie affirmait qu'elles n'avaient passé d'Europe en Asie qu'après la guerre de Troie*. Ainsi que Stra-

i. Xanthos, fr. 5. Hérodote n'indique pas à quel momcnl aurait eu lieu la migration qui amena les Thraces dans la péninsule; s'il avance que le peuple phrygien a droit de passer pour le plus ancien du monde, c'est sur la foi de l'anecdote qu'il conte au sujet de l'expérience instituée par Psammétique (II, 2); mais cette anecdote n'a aucune valeur historique : elle n'offre d'intérêt que comme témoignage du premier éveil d'une curiosité qui, avec le temps, devait aboutir à ces recherches de linguistique comparative qui ont pris, flans notre siècle, un si beau développement. Les enfants élevés par Psammétique, dans cette cabane où ne se faisait entendre aucune voix humaine, se mirent à imiter le bêlement de la chèvre; on crut les entendre dire 6ec, 6ec, et quelque Grec d'Asie Mineure, de la garde du roi, s'empressa de reconnaître dans ce son le mot phrygien bécosi, du pain. Jamais un Grec n'est resté court en présence d'un problème posé; avec son vif esprit, il improvise tout d'abord une solution, bonne ou mauvaise. D'ailleurs le peuple phrygien poarrait être trè% ancien, au sens où l'entend Hérodote, sans que son établissement on Asie Mineure remontât à une très haute antiquité. Arrien, dans un texte que nous a conservé le commentaire d'Eustathe sur Denys le Périégète, à propos du vers 322, disait

bon le remarque, cette assertion est difficile à concilier avec gnage des poésies homériques*; celles-ci présentent les I comme les voisins et les alliés des Troyens; or on n*aimait pai Grecs à se trouver en contradiction avec Homère, de un chez nous, pendant bien longtemps, quiconque touchait à ancienne se préoccupait avant tout de tomber d'accord avec hébraïque. On admit donc que les Grecs d'Agamemnon, 1 débarquèrent sur la terre d'Asie, y avaient rencontré les PI déjà chez eux, déjà maîtres d'un vaste territoire; mais, mei les auteurs qui partent de cette donnée, la migration des Thraces n'était pas un de ces événements qui appartienne époques fabuleuses et se perdent dans la nuit des temps. Str borne à dire que ces tribus entrèrent dans la péninsule « guerre de Troie ». Jamais les Phrygiens, pas plus que les Myi les Bithyniens, n'ont été regardés par les anciens comme les hf primitifs de l'Asie Mineure, comme des autochtones, pour j l'expression que les Grecs employaient en pareil cas*.

que les Phrygiens avaient passé de Tbrace en Asie Mineure au temps où les Cin parcouraient et ravageaient cette contrée. C'est évidemment trop rajeunir cett< tion; il n'en est pas moins important de montrer que les écrivains les plus n'étaient pas disposés à lui attribuer une très haute antiquité.

\, Strabon, XII, vin, 4; XIV, v, 29.

2. On a cité, à l'appui d'une hypothèse contraire, l'expression proverbiale, t; xou, « le temps de Nannacos », qui aurait indiqué une époque très reculée, et d'après lequel ce Nannacos, un vieux roi de Phrygie, aurait joué le rôle d'un N veur de son peuple lors du déluge; les monnaies d'Âpamea Kibotos témoigner popularité que ces légendes avaient conquise, dans une partie de la péninsul l'empire romain ; mais on ne trouve pas, chez les historiens antérieurs, la moindi sion à ce mythe; le plus ancien texte où il soit fait mention de ce cataclysme est i à un Hermogène qui n'est pas plus ancien que le premier siècle de notre ère, s'il ] pas du second (voir Muller, Fragm, hist, gr, t. III, p. 524). Le dicton « pleurer temps de Nannacos » se rencontre bien parmi les fragments d'un poète iambique Hérodas ou Hérondas (Bergk, Poetœ lyrki graeci, ^^ édition, t. II, p. 796); mais on pas quand il vivait, et d'ailleurs il n'y a là rien qui indique comment le poète enl ces mots, ^'à Nawàxou. Strabon, quand il mentionne le surnom Kibotos (coiTre, c que porte l'Apamée de Phrygie (XII, viii, 13), ne fait pas la moindre allusion au sei l'origine de ce surnom, ne l'explique pas par l'histoire du déluge. On s'est dama cette tradition relative à un déluge phrygien est vraiment très ancienne, si elle serait pas développée dans cette contrée sous l'influence des Juifs (}ui paraissent, Cilicie, s'être répandus de bonne heure dans les villes du plateau central; les Ad Apôtres nous montrent des communautés hébraïques en Lycaonie dès le premier de notre ère. Nôldeke {Untersuchungcn zurKritikdes alten Testaments, 8^ 1886, p. 15 et Fr. Lenormant (les Ongincs de Vhistoire, 2" édition, t. I, p. 440-441) admetleni existait peut-être en Phrygie des traditions relatives à un déluge local, traditions logues à celles qui se rapportaient en Grèce à Deucalion; mais ils reconnaissent qu n'ont dû prendre de l'importance qu'au second siècle de notre ère, par suite de V

On pourrait, à la rigueur, contester l'autorité de ces renseignements; mais ce qui en relève la valeur, c'est qu'ils concordent avec les vues que suggèrent à l'historien les monuments qui, dans le cours de ce siècle, ont été découverts par Leake, Stewart, Texier et Ramsay sur le sol même de la Phrygie*. Pressés dans un étroit espace, ces monuments appartiennent tous à la contrée où les témoignages s'accordaient à placer sinon le berceau de la race phrygienne, du moins le théâtre sur lequel cette race s'était développée et avait fondé un puissant royaume. C'était là que maints temples et maints objets consacrés dans ces sanctuaires, comme le fameux char sur lequel Mexandre porta la main*, maintes sources sacrées ^ maintes villes, telles que Gordion et Midaion, déchues et tombées au rang de

tration des idées juives et chrétiennes. C'est ce que prouve ce nom NÛE ou NÛ, certainement étranger aux mythes phrygiens, qui est gravé sur ces monnaies.

i. W. Martin Leake, Journal ofa tour in Asia Minor, S^, Londres, 1824. C'est en i 800 que Leake a été le premier à Yoir*>t à dessiner la façade taillée dans le roc où il lut le nom de Midas; mais il ne publia sa relation de voyage qu'un quart de siècle plus tard. Dès 1820, sa relation avait été insérée, sous une forme plus sommaire, dans le tome II du recoeil de mémoires donné par Walpole sous ce titre : Travels in varions countries of the EaH.

John Robert Stewart, A description of some ancient monuments, with inscriptions j still Kxùiling in Lydia and Phrygia, several of which are supposed to be tombs of early kings, iUusirated with plates, from sketches mode on the spot; f°, Londres, 1842, io pages et 17 planches. Le texte est insignifiant; les planches sont gauchement dessinées d'après des croqais pour la plupart très inexacts; ce qu'il y a de meilleur dans l'ouvrage, c'est la partie épigraphique ; les inscriptions, en général, ont été transcrites avec soin.

Cfl. Texier, Description de VAsie Mineure, t. I, p. io3-162, pi. VI-LXI. Ces dessins sont parmi les meilleurs qu'ait rapportés Texier; quelques-uns n'auraient besoin que de légères corrections pour être tout à fait fidèles.

G. Perrot, Ed. Guillaume et J. Deluet, Exploration archéologique de la Galatie, t. I, p. 135-186, 168-170 et pi. VH et VIIL N'ayant eu que très peu de temps à donner à ce district, les explorateurs se sont bornés à étudier deux des monuments qu'il renferme, le tmh&ui dit de Solon, et la forteresse appelée Pichmichkalési , mais ils en ont donné des relevés très complets et très soignés.

W.M. Ramsay, Studies in Asia Minar, Part. 1, The Rock necropoleis of Phrygia; Part. II, Sipylos anfiCybele, figures dans le texte et pi. XVII-XXII {Journal ofHellenic studies, t. lit, p. 1-68); Some Phrygian monuments, pi. XXVI-XXIX (même volume, pp. 156-263). Sépulcral customs in ancient Phrygia, pi. XLI V (Journal, t. V, p. 241-262). M. Ramsay connaît mieux que personne ce district ; il l'a visité à quatre reprises dilTérentes, en mai et novembre 1881, en 1884 et en 1886; au moment où nous écrivons, il y fait son cinquième voyage; il a si gu aie beaucoup de monuments nouveaux et étudié à fond l'histoire et les aoliqailés de la Phrygie; le malheur est qu'il ne sait pas dessiner; le seul dessinateur qai Tait accompagné dans un de ses voyages, M. Blount, n'était que médiocrement habile, et ses dessins, d'après M. Ramsay lui-même, ne méritent pas toujours une confiance absolue. On regrette que M. Ramsay ne réunisse pas, dans un ouvrage spécial, tous les documents qu'il a recueillis.

t, AHRiRff, Anabase, II, 3. Plotarque, Alexandre, XVUI.

3. Ou montrait dans plusieurs villes du plateau phrygien des fontaines de Midas. 11 y

ce

fez I

UJU.

phabet et de

bourgades, mais respectées pour les souvenirs q tachaient*, avaient conservé la mémoire de ces dios et Midas, qui figurent dans tous les mytl giens. Ces noms auxquels se rattachent tant de aurait pu être tenté de les croire purement légendaires ; mais voici qu'ils se lisent, très distinctement, sur les façades sculptées des tombes phrygiennes, écrits avec des lettres qui n'étonnent et n'embarrassent pas plus l'œil que celles des plus anciennes inscriptions grecques (fig. 1) *. Non seulement il n'y a plus ici trace de ces hiéroglyphes hétéens qui restent encore indéchiffrés ; mais l'alphabet que ces textes permettent de restituer (fig. 2) n'est pas dérivé, comme l'est probablement celui de Cypre, d'un antique système

en avait une à Aiicyre, dans cette ville dont la fondation était attribuée à Midas (Pausânias, I, IV, 5), une autre dans le voisinage de Thynibrion et de Tyrœon (XÉNOpno.N, .4«a6rtsc, I, ii, 13).

\ , Strabon, XII, v, 3 : Tzkr^iiov U xai

$à TOUTw ta 7;aXaià Tâv 4>p"]f'*^^ oîxTjTTfpia MiSo'j, x«i ETi npoTspov TopÔ^ou xai aXXcuv Tîvwv, ou8' ty VT) vciSÇovTa TioXecov, aXXk xâjjiat, [jiixpû {ae{2^ou; tcov aXXcov, oiov éart t6 TopStov xai Topôeiouç, tô toiï Kfléaropoç paa^siov xoD Sacoxovdapiou. Sur la position probable de Gordion, voir Perhot, Exploration archéologique, t. I» p. 1o2-lo5. Midaion parait avoir été dans le môme district, mais un peu plus au sud, sur la route qui allait de Dorylée à Pessi 2. On trouvera les copies très exactes de la plupart des inscr phrygiennes dans les trois planches jointes à rintéressaiit menu Ramsay qui porte ce titre : On the early historical relations h Phrygia and Cappadocia (dans le Journal of the royal asiatic soc Great Britain and Irdand, vol. XV, part. 1). Le § m de ce mé intitulé Archaic Phrygian inscriptions, est consacré à Tétude di ses origines, ainsi qu'à un essai sommaire de déchiffrement et de tradu

2. — L'alphal^t phrygien normant, article Alphal le dictionnaire Darem Saglio.

d écriture qui aurait été en usage dans la péninsule avant qu'y pénétrassent les caractères phéniciens. Qui plus est, il ne contient même pas, comme les alphabets lycien, pamphylien et carien, à côté des leltres d'origine phénicienne , certains éléments empruntés à ce premier alphabet asiatique qui s'est survécu à lui-même dans les textes cypriotes. Ici, pas une lettre que nous ne connaissions par les documents épigraphiques en langue grecque. L'alphabet phrygien n'a pas été calqué directement sur l'alphabet phénicien; il n'en a pas toutes les lettres, et il en possède qui manquent à celui-ci; il ne s'y rattache que par l'intermédiaire d'un des alphabets grecs archaïques, soit de Taphabet ionien, soit plutôt de celui que l'on appelle l'alphabet des îles*. On regarde comme les plus anciennes inscriptions grecques qui existent quelques courts textes de Théra où les lettres ont encore des formes toutes voisines de celles des leltres phéniciennes. On n'a jamais cru que ces textes remontassent au delà de la fin du neuvième siècle*; en général, on les croit du huitième'; parfois même on descend jusqu'au septième*. Allons jusqu'à accepter la date la plus reculée, quoique, selon toute vraisemblance, elle pèche par excès; encore serons-nous forcés de supposer bien des années, peut-être un siècle tout entier, entre les inscriptions de Théra et celles des nécropoles phrygiennes; un siècle, ce n'est pas trop pour ce travail d'élaboration et d'adaptation qui a modifié le sens de l'écriture, qui a fait tomber certains caractères, qui en a créé d'autres et qui a changé les valeurs de plusieurs des lettres conservées; enfin il a fallu du temps pour que, par une voie ou par une autre, les Grecs transmissent l'usage et la pratique de cet instrument à des peuples qui, comme les Phrygiens, n'étaient pas leurs voisins immédiats, mais qui se trouvaient séparés par bien des obstacles naturels des villes ioniennes et doriennes de la côte. On se trouve ainsi

1. M. Ramsay avait d'abord cru que les Phrygiens avaient reçu l'alphabet des Grecs de Sinope {Hislotical relations of Phrygia and Cappadociat p. 27) ; plus tard, il a supposé qu'ils le tenaient des gens de Phocée et de Kymé, avec lesquels ils entretenaient des rapports suivis (AthensBum, 1884, p. 864-5); mais la difficulté est que l'alphabet ionien ne parait pas avoir eu le F, qui est d'un usage courant dans les inscriptions phrygiennes; awsi Kb. Lenormant aime-t-il mieux rattacher l'alphabet phrygien à l'alphabet des iles, qai aurait pu pénétrer dans la péninsule par Rhodes, où il était usité (article Alphabet dans le Dictionnaire des antiquités de Saglio, t. I, p. 209).

â. Fr. Lexormant, article Alphabet , p. 195.

Page 1