‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 2)Chapitre 20 sur 412 · Pausa.mas · texte numérisé non relu

Pausa.mas

LE SIPYLE ET SES MONUMENTS

dun massif de trachyte dontrarêle domine d'une quinzaine de mètres Jes lerrains d'alentour. On a voulu voir là un poste d'observation, et en effet de ce point on découvre toute la plaine et tout le fond du golfe ffig. 10). Dans cette hypothèse, on s'explique très bien les marches

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9. — Esquisse topographique du terrain, au noi*d-oucst de la plaine de Bournabat. Curtius, Beitrâge, pi. IV.

qui conduisent à ces esplanades ; mais ce qui reste difficile à comprendre, c'est l'espèce d'auge, longue de deux mètres, qui a été pratiquée au milieu de l'une des aires. Est-ce un tombeau ? Ce trou était-il destiné à permettre au guetteur de se dissimuler? Quoiqu'il en soit, en voyant réunis sur un même versant et dans un assez étroit espace ces tombeaux, celte forteresse, ces escaliers, ces plates-formes créées aux dé-

pens du roc, on demeure convaincu qu'il y avait là, au-desi entre l'acropole et le rivage, une ville qui a précédé déplus la Smyrne grecque. On aperçoit, sur toute cette pente, d pierres sèches dont les uns descendent des hauteurs vei tandis que d'autres, coupant les premiers, dessinent des en gulières. Certaines de ces petites murailles, qui dépassen sol, paraissent bien être de celles que les paysans bâtis pour soutenir la terre végétale sur le flanc des collines, ou

10. — Poste d'observation sur le Sipyle. Curtius, Beilrâge, pi. VI

pour servir de parcs à moutons; mais, au témoignage de V qui a étudié le plus à loisir et avec le plus d'attention tous ments de ce district, il y a des endroits où, malgré l'irn l'appareil, les pierres sont jointes avec trop de soin pour qi pas tenté de croire ces constructions contemporaines de la des tombes;* ce serait là qu'auraient vécu, au-dessus des cl cultivaient et de la mer dont le poisson les nourrissait, h

i. Texier (Description, t. H, p. 255 et 258) voit là toute une enceinte ( nécropole à la forteresse, ainsi que des restes d'édifices publics et d'habiti Hamilton [Researches^ p. 49.) et G. Hirschfeld {AU Sinyrna) croient tou modernes; Weber (Le Sipyhs, p. 23) est d'avis qu'il y a lieu de distinj murailles et que quelques-unes d'entre elles ne peuvent être l'ouvrage des des pâtres.

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habitants de ce canton, où, grâce aux avantages de la situation, devait s'élever plus tard celte Smyrne qui est aujourd'hui la ville la plus riche et la plus populeuse de TAsie Mineure, sa vraie capitale.

L'Acropole, qui forme le point culminant de cet ensemble, occupait, à 350 mètres de haut, un sommet secondaire, que sépare du rivage, en droite ligne, une distance d'environ 1 250 mètres. Il faut une demiheure pour y arriver; la

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dernière partie surtout de la montée est vraiment raide et pénible. Au sud, le rocher est coupé à pic :

des autres côtés, l'accès a été rendu difficile par des travaux qui fournissaient en même temps les matériaux nécessaires pour l'établissement du rempart ifig. H). Le plateau, dans sa plus grande longueur, de l'est à l'ouest, n'a guère plus de 45 mètres sur 30 de large; il se divise en deux parties, une première enceinte, à l'ouest, qui forme comme une sorte d'avantcour, et à Test, un réduit plus solidement fortifié, que protège, de trois côtés, un double rempart ; quoiqu'il ne reste que quelques

pans du mur G, on voit qu'il était parallèle à D G, et, au nord et à Test, celte duplication des lignes de défense est encore plus sensible. Au sud, on était garanti par des escarpements naturels, que surmontait d'ailleurs un mur aujourd'hui presque entièrement disparu; sur le bord du précipice, on peut suivre la trace de l'assise inférieure, dont les pierres, à leur base, s'encastraient dans le roc taillé. Il a fallu prendre plus de précautions vers le nord; par là, l'îiccès était plus aisé; une route, que soutient un mur d'appui, conduisait, le long d'une crête étroite, par une pente assez douce, jusqu'à l'une des portes

— L'acropole du lamanlar-dagh. Plan. Wel>ei-, Le Sipj/los, pi. 1.

du fort. Cette route a été défendue par une tour carrée (I) ; d où le chemin aboutit à la citadelle, il se rétrécit, il est don remparts entre lesquels on pouvait aisément arrêter lesassa gés dépasser un à un. Pour forcer tous ceux qui abordaier par cette face à s'engager dans ce couloir si resserré (H), on dans le roc, sur la gauche du chemin, un fossé dont la paroi, de l'escarpe, était taillée en talus rapide (J). Un mur couvra l'extérieur ; un autre (C B du plan) , qui est une des parties les p et les mieux conservées de la fortification, couronnait le tal Quoique bftti certainement d'un seul jet, il offre de curieuse d'appareil; en C, les assises sont très bien réglées et à joints en 0, les lits de pierre sont horizontaux, mais plusieurs

12. — Le mur septentrional de l'Acropole, vu du dehors. Weber, pi.

sont obliques; à l'angle B, l'appareil est polygonal. On v exemple combien il est dangereux de vouloir assigner une dat fice, surtout quand il n'en subsiste qu'une faiblepartie, d'apr facture d'un pan de muraille. Dans les temps très anciens, l employaient indifféremment les matériaux tels que les leu tailleur de pierres ; c'est plus tard seulement que celui-ci ordres de l'architecte, pour ne lui fournir que des blocs capî trer dans un système d'appareil dont le caractère fut délei vance.

Il reste à signaler deuxparticularilés curieuses. Des mardi dans le roc permettaient aux défenseurs de descendre dan pour aller garnir la contrescarpe et leur facilitaient la rel étaient forcés de se replier sur le corps de place. Le coin m l'enceinte (fig. 1 1 , B), que ne couvrait plus le fossé, a été renfo mur demi-circulaire, en talus, dont la partie inférieure subsist c'est comme l'ébauche d'une tour. 11 y a aussi un saillant, ma quadrangulaire, sur la face septentrionale du mur qui règne a l'avant-cour (fig. 11, F). Celle-ci paraît avoir été partagée en de

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mur; les matériaux sont ici plus petits que dans la citadelle proprement dite. C'est sur ce réduit, où devait se concentrer la résistance, qu a porté le principal effort du constructeur. Dans Tangle nord-est, un creux qu'entoure un cercle de décombres semble indiquer la place d'une citerne; il faudrait des fouilles pour la dégager et aussi pour révéler la vraie destination des soubassements que Ton remarque en E, au centre du réduit; ceux-ci, formés de blocs bien équarris, dessinent un carré de 6 à 8 mètres de long.

Avec le mur que nous avons reproduit, ce qu'il y a de plus intéressant dans cette acropole, c'est la porte (A) qui s'ouvre à l'angle sud-

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