‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 2)Chapitre 240 sur 412 · DiErLAPOY, CÀrt antique, T, fip · texte numérisé non relu

DiErLAPOY, CÀrt antique, T, fip

Il ne nous semble pas plus vrai que la porte du Gabré (fig. 334) soit « la copie exacte des portes des édifices de style ionique, construits en (îrèce à la fin du septième siècle avant notre ère* ». Tout ce qu'il y a de commun entre cette porte et celle que Ton en rapproche, c'est que Tune et l'autre ont conservé la disposition des cadres de bois qui formaient le chambranle dans la construction en charpente. A cela près, nous ne voyons que des dissemblances. Le couronnement de la porte grecque offre des divisions très nettes et des profils d'une franche saillie; le motif qui attire le plus l'attention, c'est une série de denticules. Ceux-ci

font défaut dans le couronnement perse; à la place, il y a un entassement de moulures mal définies, qui aboutissent à un contour rentrant auquel rien n'est comparable dans la modénature grecque. L'ensemble reste confus et lourd.

Aussi bien là que dans la composition de son entablement, l'architecte trahit son hésitation ; il cherche sa voie.

A Persépolis, c'est tout autre chose ; on s'y sent en face d'un art constitué, qui a son système propre de formes et de proportions. Nous avons parlé de la colonne et de son double type de chapiteau et de base; la modénature comporte encore moins de diversité. C'est la gorge égyptienne qui couronne partout ces baies ouvertes ou aveuglées, portes, fenêtres et niches , auxquelles la disparition des murs de brique crue où elles s'encadraient donne aujourd'hui l'apparence d'autant de petits édifices isolés, construits en pierre de taille (fig. 294 et 302). 11 est permis de supposer que dans certaines parties accessoires des édifices, comme par exemple dans les ailes latérales des palais d'habitation, ce mode d'amortissement avait pu être appliqué aussi aux murs de brique. La brique se prêtait aisément à donner cette forme;

334. — Élévation de la porte du Gabré. Dieulafoy, VArt antique, I, fig. 36.

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