Flandin et CosTE, farse ancienne, Texte, p. 73, pi
rieur sert de socle à Taulre, qu'il dépasse de 0",58. Les pierres, appareillées à joints vifs, étaient liées par des queues d'aronde. Il ne reste point d'autre trace des dispositions complémentaires qu'un fût de 0",90 de diamètre, qui gtt à peu de distance sur le sol. Ce débris donne à penser qu'il y avait peut-être là, comme à Fironz-Abad, au-dessus de l'autel, un portique fait d'un couple de colonnes. Ce devait être là le sanctuaire le plus fréquenté par les fidèles d'istakhr ; il en est plus voisin que celui qui s'élève en face de Nakch-i-Roustem.
M. Dieulafoy croit avoir retrouvé àSuse, dans la plaine, les ruines d'un temple qu'il décrit ainsi : « L'édifice était porté par un soubassement de deux mètres environ. La forme et les dimensions de l'esplanade supérieure ont été relevées sur le terrain. Aux quatre colonnes dont les bases ont été retrouvées correspondait un porche analogue à celui des petits palais achéménides. J'exclus l'hypothèse d'une salle hypostyle, parce que les bases retrouvées appartiennent à un ordre toujours employé à l'extérieur et parce que la rampe d'accès vient aboutir dans l'axe et au pied des supports. A la suite du porche se trouvaient une première salle rectangulaire, puis un nouveau porche à deux colonnes, l'escalier et une cour d'assez vastes dimensions encadrée sur trois de ses faces par le promenoir dallé que les fouilles ont mis à découvert. Les constructions qui flanquaient le porche extérieur et la première salle étaient minces. Celles qui régnaient autour delà cour atteignaient, murs compris, de 9 mètres à 9™, 20 de profondeur. L'élargissement des trottoirs ménagés autour de la cour correspond à des seuils de porte, et les petits escaliers répondent à deux vestibules symétriques qui s'ouvrent sur le porche extérieur après avoir longtemps longé la première salle. Les massifs de cailloux placés à droite et à gauche des degrés, massifs dont le niveau est fort inférieur à la crête des fondations des colonnes, supportaient sans doute des stèles ou des statues ; les gradins situés au centre de la cour soutenaient un autel semblable aux atech-gah représentés sur les bas-reliefs de Persépolis. Au-dessus des minces couches de gravier signalées sur la face postérieure de la cour étaient placés des objets d'un faible poids, tels que des sièges à demeure ou des bassins à ablutions ^ ))
Sans le secours d'un plan, qui n'a pas encore été publié, cette description ne donne qu'une idée assez vague du monument. On entrevoit pourtant ici quelques-unes des dispositions que Coste a, de son
i. DiECLAFOY, Deuxième rapport [Revue archéologique, 3*^ série, t. YUI, pp. 266-270)
L'ARGHITEGTURE RELIGIEUSE. 649
côté, prêtées à Vatech-gah de Gour. On retrouve, dans Tédifice susien, l'autel surélevé, les rampes d'accès et ce portique qui, dans de moindres proportions, rappelle les propylées des palais persépolitains ; mais dans le sanctuaire dégagé par M. Dieulafoy, le massif central, celui où les prêtres allumaient la flamme, aurait dominé de moins haut les dépendances qui l'enveloppaient.
Vatech-gah reste donc le seul type monumental qui représente l'architecture religieuse de la Perse, et il est douteux que de nouvelles recherches en fassent jamais découvrir un autre qui, comme celui-ci, se retrouve à la fois sur tous les points du territoire de la Perse. C'est là le vrai type national, celui qui est né du rite par excellence et en qui s'est toujours résumé le culte des adorateurs d'Ahura Mazda. Les cérémonies n'en furent pas interrompues par la conquête macédonienne. Sur une monnaie dont nous avons eu déjà l'occasion de parler^ (cul-delampe du chapitre m), un roi postérieur à la conquête macédonienne est en prière devant un monument dans lequel on reconnaît à première vue un atech-gah. Trois autels à cornes très saillantes se dressent audessus d'un massif de maçonnerie dont la base et l'entablement denticulé ont été indiqués par le graveur ; entre les deux piliers d'angle on voit, divisé en deux volées parallèles, le perron qui conduisait à la plateforme. A droite, un objet dans lequel on a cru reconnaître un étendard; ne serait-ce pas un instrument qui aurait servi à attiser le feu?
Si, pendant la période parthe, le temple mazdéen a ainsi gardé sa forme traditionnelle, ce n'était pas pour la perdre sous les Sassanides, quand le mazdéisme fut devenu religion d'État. On a cru retrouver un atech-gah de l'époque sassanide dans la tour en maçonnerie, haute encore aujourd'hui de plus de 28 mètres, qui se dresse au milieu de l'aire que couvrent, dans la plaine dite de Firotiz-Abad, les ruines de la ville d'Ardéchir Khurreh ou Gour, fondée par le premier roi sassanide sur l'emplacement d'un lac desséché (fig. 407)*. Les historiens arabes attestent qu'Ardéchir érigea dans ce district un atech-gah qui paraît avoir été assez considérable pour attirer l'attention des voyageurs'; mais Maçoudi, qui voyageait dans le Fars vers 915, dit avoir visité le beii en nâr (temple du feu) construit par Ardéchir et que « ce temple était