‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 2)Chapitre 306 sur 412 · J. Darmesteter, Études iraniennes , t. H, p · texte numérisé non relu

J. Darmesteter, Études iraniennes , t. H, p

3. Je n'en trouve que 12 et 13 sur les deux panoramas des ruines publiés par M. Dieulafoy (l'Art antique, II, pi. IV-XI); mais j'en compte 15 dans une photographie que me communique M. Houssay. La différence doit s'expliquer par ce fait que, dans les vues prises par M, Dieulafoy, il y aura eu des colonnes qui en auront recouvert et caché d'autres placées dans le même alignement.

mesure plus large qu'à Suse, le plan et Télévation des principaux édifices s'y dessinent encore non seulement par des lignes de fondations qui ressortent sur le terrain, mais aussi par des antes qui ont gardé, avec toute leur hauteur, la marque de l'insertion des charpentes, par des colosses fièrement plantés près des portes, par des chambranles qui signalent la place de toutes les baies ; on a là tout au moins l'ossature, le squelette des monuments. Enfin, derniet et précieux avantage, ces ruines ont été relevées et décrites, depuis le commencement du siècle, par des explorateurs de toute nation, dont les témoignages se complètent, se confirment et se contrôlent les uns par les autres ; ce qui a échappé à celui-ci, celui-là, plus attentif, l'a vu et signalé ; on n'a que l'embarras du choix entre les dessins et les vues photographiques, entre ces matériaux de valeur inégale, mais presque tous utiles, qui sont aujourd'hui à la disposition de l'archéologue. C'est donc surtout à Persépolis que nous étudierons ces somptueuses résidences des Grands Rois dont nous devions commencer par donner une idée générale ; mais, avant de nous établir à demeure sur la célèbre terrasse dont l'histoire s'ouvre avec Darius et se clôt avec Alexandre, avant de travailler à restituer les types que l'art perse a créés vers le temps où l'empire arrivait à l'apogée de sa puissance, il convient de jeter un regard en arrière, de faire une courte visite à l'ancienne capitale, Pasargade, et de chercher à comprendre par quels essais les architectes royaux avaient préludé, sur ce premier théâtre de leur activité, à la construction et à la décoration des édifices gigantesques que la seconde dynastie achéménide a groupés dans la basse vallée du Polvar, au pied des rocs où ces princes se sont creusé leurs tombes.

C'est près de Pasargade que Cyrus avait battu Astyage, et, en souvenir de la victoire qui avait fait passer des Mèdes aux Perses l'empire de l'Asie, il s'était, racontait-on, attaché tout particulièrement à cette ville; il y avait bâti des palais et des trésors qui subsistaient encore au temps de la conquête macédonienne*. Ce sont les restes de plusieurs de ces édifices que l'on croit reconnaître au milieu de la petite plaine à laquelle le bourg de Méched-Mourgab donne aujourd'hui

i. Strabon, XV, m, 3, 7, 8. Arrien, III, xviii, 10.

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son nom (Qg. 374) ; ils y sont voisins des tombeaux et des autels que nous avons déjà décrits*. Toutes ces ruines sont groupées dans un rectangle de 2 400 mètres de long sur 700 mètres de large, dont le périmètre correspond peut-être à celui d'une ancienne enceinte.

A 800 mètres vers le nord-est du Gabi^é (fîg. 329), on remarque une aire légèrement surélevée au-dessus des terrains d'alentour, où se dressent une colonne isolée et trois de ces piliers ou antes qui formaient la tête des murs (fig. 291 et 303). En tenant compte de ces parties saillantes et des traces laissées sur le sol par les bases de plusieurs

colonnes, par des

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jambages de porte, par quelques arasements de murs, on se fait une idée de la disposition du bâtiment et Ton constate qu'il avait 44",60delongsur 34", 60 de large (fig. 410).

Ce que les restes apparents de la construction antique permettent de rétablir

avec beaucoup de vraisemblance, c'est un porche à quatre colonnes flanqué de deux pièces latérales, puis une assez grande salle hypostyle que partagent en quatre nefs les deux rangées de supports qui soutenaient le plafond. Dans le plan restauré qu'il présente, M. Dieulafoy ajoute un second porche avec ses annexes et des colonnes sur les deux longues faces (fig. 411); mais, comme il l'indique lui-même, c'est par conjecture et sur d'assez faibles indices qu'il complète ainsi le bâtiment*. De toute manière, il n'y a rien ici qui rappelle soit un tombeau, soit un temple ; mais l'analogie est frappante avec ces édifices du plateau de Persépolis où l'on s'accorde à voir des résidences royales. Ce qui ajoute encore à la ressemblance, c'est ce que l'on devine de la

410. — Le palais do Cyriis. Plan de l'état actuel. Flandin et Coste, Perse ancienne, pi. CXCVII.

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