‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 2)Chapitre 308 sur 412 · B-CE · texte numérisé non relu

B-CE

que Ton atleindra plus tard à Persépolis et à Suse; les murs sont aussi moins épais que sur la terrasse du Takht-i-Djemchid. Si Ton voit se dessiner ici comme les lignes maîtresses du type que les palais de ces capitales postérieures nous montreront dans toute sa grandeur, tout en revanche nous avertit que nous nous trouvons en présence d'un art qui, par de premiers et timides essais, se prépare à des entreprises plus hardies. Cette impression est confirmée par le témoignage des inscriptions; partout apparaît, déjà gravé dans les trois langues que continuera toujours d'employer la chancellerie royale, un même

texte, dont la rédaction perse est le plus ancien monument de cette écriture et de cette langue : « Je suis Kurus, roi, Achéménide*.» Ce texte se lit au haut des trois piliers qui forment la partie la mieux conservée de Tédifice, sur une de leurs faces. Ces piliers ont plus de 5 mètres de haut'; chacun d'eux est formé de trois beaux blocs de calcaire dressés avec un soin extrême (fig. 303) ; il repose sur un soubassement qui reste plus ou moins visible près du pied de ces antes et dont le prolongement, que quelques coups de pioche suffiraient à dégager, se cache sous la terre végétale (fig. 412, 413, 414). Ces fondations sont faites de pierres de taille, jadis liées par des crampons de métal. Au-dessus de cette sorte de plinthe, le mur devait être en briques crues; on le devine aux rainures qui sont pratiquées sur l'un des côtés du pilier, rainures qui sont plus profondes ici qu'à Persépolis, de véritables mortaises, où entrait et s'engageait, comme un tenon, la masse d'argile, molle et compacte*. Ce n'est pas à ce titre seulement, par ce qu'ils nous apprennent du procédé de construction dès lors employé dans les édifices de la Perse, que ces piliers d'angle méritent d'attirer l'attention; les entailles ménagées dans leur sommet permettent de rétablir, comme nous l'avons fait pour les édifices de Persépolis \ la charpente dont les extrémités venaient s'y s'appuyer, charpente qui formait le plafond de la salle

412, 413, 414. — Palais de Cyrus. Plan des piliers et de leurs soubassements. Flandin et Coste Perse ancienne, pi. CXCVII.

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