Histoire de F Art, t. V, pp
hypostyle et qui supportait la terrasse servant de couverture. On a sous les yeux le tracé en crémaillère dont chacun des évidements correspond à la pénétration d'un des membres de la charpente (fig. 415). « Dans le rectangle ABCD, on reconnaît Tassiette préparée pour recevoir le poitrail inférieur de l'architrave, dans le rectangle GEADFH Tencastrement d'un deuxième cours de poutres, au-dessus duquel venaient reposer les solives qui composaient, par leur saillie extérieure, la corniche denticulée, et dans Tentaille GLKl la place réservée aux madriers qui avaient pour rôle d'encadrer et de retenir la couche de pisé constituant la terrasse. Quant à la dernière encoche MNPTSR, elle recevait la dernière solive qui complétait, autour des faces latérales du porche, un cadre dessiné verticalement par la saillie du pilastre sur les murs de briques'. »
Si cette charpente se laisse restaurer ainsi avec toute certitude ^ le plan de l'édifice offre trop de parties incertaines et obscures pour qu'il paraisse opportun de tenter une restauration de l'ensemble; il manque certains éléments importants de l'élévation; on ne sait comment était fait le chapiteau de la colonne, et tout ce que l'on peut dire des bas-reliefs qui décoraient le tableau des portes, c'est qu'ils ont existé. Dans ces conditions, tout ce que l'on entrevoit, c'est la destination, c'est le caractère général du bâtiment.
On est encore moins avancé pour un autre édifice, dont les restes se voient à 159 mètres de là vers l'est ; sur le plan, ils sont indiqués par cette légende \ petit palais (fig. 374). Ce qui justifie celte désignation, ce sont des substructions de bases et d'autres parmi lesquelles on aperçoit un morceau de fût, dont le diamètre est de 1",10. On devine là une salle hypostyle, longue de 38 mètres sur 15 mètres de large, dont le plafond aurait été soutenu par huit colonnes (fig. 416). C'est le pied-droit d'une des portes qui y donnaient accès qu'il conviendrait de
415. — Palais de Cyrus. Extrëmité supérieure d'un des piliers. Dieulafoy, VArt antique, I, fig. 30.
\ . DiEDLAFOY, VArt antique y T. pp. 33-34. 2. DiEiJLAFOY, VArt antique, T, pi. XVI.
4i6. — Pasargade. Plan d*un petit palais. Flandin et Coste, Perse ancienne, pi. CXCVII.
reconnaître dans un bloc haut de 3",60, qui se dresse, posé sur un socle, au nord de cette salle (ftg. 417) *. Dans Tune des faces de ce bloc est creusée la rainure où venait s'appuyer la muraille de brique ; la face opposée, celle qui regardait le vide de la baie, est ornée d'un bas-relief
que nous aurons à étudier comme Tun des plus curieux monuments de la sculpture perse. Au-dessus de ce bas-relief se lisait encore, il n'y a pas longtemps, la brève inscription que nous avons déjà citée et traduite, celle qui contient le nom et le titre de Cyrus. Ce texte paraît avoir tout récemment disparu*.
L'emplacement d'un troisième édifice semble marqué, à 380 mètres au nord-est du palais principal, par une surélévation du sol, qui est couvert là de décombres, parmi lesquels il n'y a plus debout qu'un pilier d'angle (fig. 374). Celui-ci est fait de deux blocs et la hauteur totale en est de 5", 60. Ce n'est pas assez pour que l'on puisse rien conjecturer au sujet de la disposition intérieure; mais, à en juger par ce seul débris, ce bâtiment devait ressembler aux deux édifices déjà décrits.
Sur une des hauteurs au pied desquelles passe le chemin de Chiraz à Ispahan, il y a des restes confus que la carte désigne comme les ruines d'une ville; mais ce qui attire bien davantage l'attention, c'est, à l'extrémité nord de l'espace que couvrent les ruines éparses dans la plaine, un massif de pierres de taille, connu sous le nom de Takht'i-Soléiman^ « l'estrade de Salomon », massif qui a un développement de 232", 72 et dont la paroi verticale, là où elle est le mieux conservée, atteint encore une hauteur de 12™, 75 (fig. 418). Rien de plus simple que le plan de l'ouvrage. C'est un parallélogramme qui n'a que trois côtés ; là où devrait être
1. Flandin et Coste, Texte, p. 160. Ce bloc a l™,o8 de long et 0",88 d'épaisseur.
2. Cette inscription avait été vue et transcrite par tous les voyageurs; elle était encore en place au moment du passage de M. Dieulafoy (1881). M. Houssay, qui a visité Môchcd-Mourgab au mois de juillet 1885, en a constaté la disparition. Une cassure oblique a enlevé tout le haut du bloc.
417. — Plan du pilier qui porte un bas-relief^ Flandin et Coste, Perse ancienne, pi.
le quatrième , la pente de la colline à laquelle le massif est adossé dessine une ligne courbe qui contraste avec la régularité géométrique des autres parties du tracé.
Aux quatre coins de cet énorme dé de maçonnerie, il y a des ressauts rectangulaires, en forme de bastions (fig. 419).
Tous les voyageurs ont eu la même impression:
c est là un soubassement. Nous en avons déjà étudié la construction*, -il s'agit maintenant de savoir ce qu'il était destiné à porter. On a parlé d'une citadelle*.
La situation en aurait été singulièrement choisie ; c'estplutôtailleurs que l'on s'atten-