TOME V
ment son entrée principale du côté où se trouve ce vestibule à deux rangs de colonnes que flanque une paire de taureaux ailés (fig. 439). On ne saurait hésiter davantage pour la Salle hypostyle de Xerxès. Qu'elle ait élé ouverte, comme l'indique l'état des ruines, ou close de murs, comme Ta pensé Fergusson, elle avait sa vraie façade au nordouest, vis-à-vis des Propylées, au-dessus du beau perron à quadruple rampe par lequel on accédait à la plate-forme qui portait la majestueuse colonnade. L'arrangement qu'a imaginé M. Dieulafoy a-t-il réellement existé à Suse? Pour notre part, nous avons peine à l'admettre; mais il est incontestable, en tout cas, qu'il n'y a rien eu de pareil à Persépolis.
Ceci posé, nous nous contenterons de donner quelques indications très générales sur les dimensions du bâtiment et le caractère de ses formes architectoniques. L'ensemble de la surface couverte aurait été de 9 200 mètres carrés ; chacun des portiques aurait eu 70 mètres de long, hors œuvre, et 17°", 50 de profondeur ; il aurait compté 12 colonnes et il y en aurait eu 36 dans le groupe central, 72 en tout. Pas un seul des supports n'était resté debout; mais, par un calcul de proportion que justifie le principe modulaire auquel obéissait l'art perse, M. Dieulafoy, en mesurant les bases et les tambours, établit que la colonne, chapiteau compris, avait 19"*, 25*; l'élévation totale du bâtiment, avec son entablement, aurait été de 26™, 25*. La base de l'ordre est ronde et campaniforme dans les porches (fig. 310), cubique dans le quinconce. Les chapiteaux des portiques extérieurs appartenaient au type simple, à celui où les taureaux accroupis reposent sans intermédiaire sur le fût; ceux de l'intérieur reproduisent cet entassement de motifs qui caractérise le type complexe. En avant du portique principal, il semble y avoir eu une vaste cour, et, à l'entrée de cette cour, une sorte de pylône, analogue à ces propylées dont il y a deux exemplaires sur le plateau de Persépolis. Les différences de niveau étaient rachetées par des escaliers à garde-corps crénelé revêtu de faïence (fig. 458) ; ils auraient été plus larges encore et les pentes en auraient été aussi douces qu'au Takhl-i-Djernchid. On parle aussi d'une route tournante qui, montant entre deux murs, aurait amené le roi, sans qu'il eût à descendre de son char, jusqu'à un palier placé de plain-pied avec son palais.
Nous ne saurions entrer ici dans le détail d'autres dispositions que