‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 2)Chapitre 348 sur 412 · Main courante d'an escalier à Suse. Musée du Louvre · texte numérisé non relu

Main courante d'an escalier à Suse. Musée du Louvre

que les traits qui ne prêtent pas au doute, on serait tenté de croire que l'un des deux édifices est une réplique de l'autre. Lequel a servi de modèle? Il est difficile de le dire. L'inscription qui est gravée en trois langues à Suse, sur le socle de quatre des colonnes, est d'Artaxerxès Mnémon; en même temps elle témoigne que la construction première du palais date de Darius fils d'Hystaspe*. Quel a été au juste le rôle d'Artaxerxès? Est-il vrai, comme on a cru pouvoir l'induire du texte assyrien, qu'il aurait eu à rebâtir le monument détruit par le feu sous Arlaxerxès Longuemain *? Il ne nous appartient pas de disculer ici la question; mais ce qui confirme l'hypothèse d'une réfection générale opérée par le second Artaxerxès, ce n'est pas seulement le fait que ce prince s'est permis d'y apposer son nom, c'est aussi l'inégalité que l'on

L Spiegel, Lie altpersischeji Keilimvhnften , p. OU.

2. Spiegel ne regarde pas comme très sure l'interprétation pioposée parOppert(p. 128).

signale dans rexéculion des chapiteaux. Il y en a qui sont du plus beau travail, du relief le plus franc, tandis que, dans d'autres, l'effet est obtenu par des gravures en creux dont Tefifet est des plus médiocres. On aurait donc entrepris, au quatrième siècle, une véritable restauration, où auraient été utilisés nombre de fragments qui provenaient du premier édifice; mais les parties refaites porteraient la trace de cette décadence qui se trahit alors, par de nombreuses incorrections, dans la langue des plus récentes inscriptions cunéiformes, de celles qui appartiennent au quatrième siècle *. il est probable que les lignes maltresses du plan ont été respectées; par sa disposition, par ses proportions, par le choix des motifs qui le décorent, Tédifice remonterait ainsi à Tâge d'or de Tarchitecture perse; œuvre de Darius, il serait antérieur de quelques années à la Salle hypostyle de Xerxès.

Malgré les étroites ressemblances qui suggèrent la pensée qu'un même architecte a pu présider à l'érection des deux palais, il y a toujours eu entre eux une différence sensible, différence qui s'explique par celle des situations géographiques. A Persépolis, où l'on bâtissait sur la roche calcaire, c'est la pierre qui domine ; la brique ne joue qu'un rôle secondaire. A Suse, l'édifice est posé sur un tertre artificiel, assez loin des dernières pentes de la montagne; la plaine où il s'élève est le prolongement des immenses plaines de la Chaldée; aussi est-ce la brique qui y occupe le plus de place. La pierre n'y fournit plus guère que la colonne et les chambranles de certaines baies; mais le reste, les escaliers et les substructions contre lesquelles ils s'appuient, les murs de soubassement et d'enceinte, les propylées, tout est construit en briques cuites ou crues, et c'est aussi l'argile, tantôt nue, tantôt recouverte d'un émail, qui a donné la matière de toute la décoration sculpturale, sauf pour le chapiteau. Dans certaines parties de la construction, c'est le bitume qui, comme en Chaldée, sert de liaison entre les briques; on l'a employé pour obtenir une stricte adhérence entre les carreaux de terre émaillée, où le moindre glissement aurait altéré les lignes et l'effet du décor*. A ce titre, les édifices de Suse tiennent le milieu entre ceux de la Perse propre et ceux de la Chaldée ; ils ont un caractère mixte.

Perses par leur ordonnance et par les thèmes qu'y traite la sculpture, ils sont chaldéens, tout au moins dans une forte proportion, par la technique qui y est appliquée. Cette technique, c'est celle de l'argile, où la forme est donnée par le moule dans lequel la terre est pres-

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