Vendidad, trad. Darmrsteter, ch. xxx. t. II, p
3. DiEULAFOY, l*Art antique de la Perse, Uly pp. 91-92. Los photof^raphies de cet oxploraleur confirment son ténioipnape ; de même celles de Stolze (Persepolh, pi. o,'i, 87, 88).
proportion satisfaisante entre ces gardiens du seuil et Télévation des salles à l'entrée desquelles ils veillent, on leur a donné, en Perse, des dimensions qu'ils n'avaient jamais atteintes dans leur pays d'origine. Les taureaux qui se dressent devant les Propylées ont 5",55 de hautel 6 mètres de long, et, si l'on n'a pu mesurer ceux de la Salle aux cent colonnes, parce qu'ils sont trop mutilés, on constate du moins, d'après ce qui en reste, qu'ils étaient encore plus énormes*. Ceux de Khorsabad, qui sont au Louvre et qui comptent parmi les plus grands qu'ait sculptés l'Assyrie, sont loin d'avoir une taille aussi colossale*. On paraît avoir trouvé à Suse les fragments de taureaux semblables, qui y auraient occupé le même poste qu'à Persépolis ; mais là ils auraient été bâtis en carreaux de terre, à surface émaillée'.
A part quelques figurines, trouvées dans les ruines de Suse, tous les autres ouvrages que nous aurons à étudier sont des bas-reliefs. Ici, comme en Assyrie, le bas-relief a été le mode d'expression favori du sculpteur. Celui-ci l'a ciselé dans la roche vive et dans la pierre appareillée ; il l'a modelé dans une terre à laquelle il a parfois laissé le beau ton rouge que prend au four une argile de qualité choisie, tandis qu'ailleurs il la couvrait des glacis de l'émail. Il a dû aussi l'exécuter au repoussé dans ces plaques d'or, d'argent et surtout de bronze qui ont certainement tenu une place notable dans la décoration des édifices ; mais aucun fragment n'a encore été trouvé d'un ouvrage de cette espèce qui fût orné de figures. On ne possède qu'un seul débris d'un de ces revêtements (fig. 353) ; il n'offre à l'œil que des têtes de clous et une rosace. Quelques voyageurs croient pouvoir affirmer que des ornements en métal étaient appliqués sur certains bas-reliefs ; l'un d'eux en retrouve la trace dans des trous qu'il signale sur l'épaule, la poitrine et aux mains des deux grandes effigies royales qui décorent la porte principale du palais de Darius*. En tout cas, c'est seulement par exception que ce procédé a pu être employé, pour ajouter à l'effet de certaines images plus importantes que d'autres ; partout les armes et les attributs ont été taillés dans la pierre avec assez de soin et de précision pour qu'il ne fût pas nécessaire d'ajouter ces pièces de rapport.
i. Flandin et CosTE, Perse ancienne, Texte, p. 78 et 420. 2. Hs ont 4»,20 de haut.
.3. DiEULAPOY, Deuxième rapport, p. 21.
4. NiEBUHR, Voyage en Arabie, t. U, p. ii2. Texier, Description de V Arménie et de la Perne, t. Il, p. i89.
Les bas-reliefs de Persépolis sont de beaucoup les plus nombreux elles plus intéressants; mais, avant d'en aborder Tétude, il convient de décrire un monument qui est unique en son genre et par le sujet qu'il représente et par le caractère particulier de sa facture ; nous voulons parler de la seule figure qui se soit conservée parmi les ruines de la cité que nous croyons avoir été Pasargade (fig. 467).
Des bas-reliefs qui décoraient les chambranles des baies dans l'édifice principal, il ne reste plus que les pieds des personnages ; ils sont longs ^et nus, ou du moins chaussés seulement d'une sandale qui laisse les orteils à découvert; ils rappellent, à ce titre, les sculptures assyriennes \ C'est à un édifice beaucoup plus petit qu'appartenait le bloc de calcaire, selon toute apparence un jambage de porte, qui nous a gardé un monument précieux (fig. 416 et 417)^.
Le personnage est vu de profil. Il est vêtu d'une longue robe qui tombe, droite et plate, jusqu'à la cheville; le bord de l'étoffe est orné d'une frange d'effilés et d'une bande de rosaces. Les pieds paraissent nus. On n'aperçoit pas le bras gauche, qui est censé pendre derrière le corps. Quant au bras droit, à demi fléchi, il tient un objet dont le caractère est aujourd'hui difficile à définir, la pierre étant usée' ; une petite corne, qui ressemble à celle du bélier, s'arrondit et tourne autour de l'oreille. Les cheveux sont disposés en quatre tresses, qui sont coupées rasa la hauteur du menton. Au-dessus de la tête divergent deux grandes cornes de bouquetin, qui supportent une coiffure très compliquée, où l'on distingue trois disques solaires, surmontés de paquets de joncs liés avec une cordelette et entre lesquels sont insérées des plumes d'autruche ; deux serpents encadrent ce groupe (fig. 468). Enfin la silhouette du corps se détache sur quatre grandes ailes, dont deux sont dressées en l'air et deux rabattues vers le sol.