PROCÉDÉS ET MATÉRIAUX
statues de dieux ou de déesses, on sait que, jusqu'au quatrième siècle, la Perse ne les aurait pas connues. C'est Ochus, affirme Bérose, qui aurait le premier élevé, dans les principales villes de son empire, des statues à Anahita*. C'était là une imitation tardive d'une mode étrangère. Il ne subsiste aucun débris de ces simulacres; mais il y a dans le Vendidad-Sadé une description qui peut être celle d'une de ces images d'Anahita, dont le premier type avait dû être fourni par la Chaldée-. S'il reste ainsi quelque incertitude sur la question de savoir jusqu'où s'étendait l'usage que le sculpteur a fait en Perse des procédés de la ronde bosse, nous savons en revanche que, docile aux exemples qui lui avaient été donnés par ses prédécesseurs orientaux, il a souvent modelé, pour l'architecte qui les comprenait dans le programme de ses édifices, ces figures en très haut relief dont la partie antérieure fait une si forte saillie en avant de Tante ou du pied-droit de la porte, tandis que le reste du corps se profile en silhouette sur les faces latérales du mur; il a emprunté à la Chaldée et à l'Assyrie leurs taureaux ailés à visage d'homme (pi. II et III). Peut-être y en avait-il autrefois un assez grand nombre sur l'esplanade; les plus petits ont disparu; il n'en reste que quatre, les plus grands, deux aux Propylées, el deux à la Salle aux cent colonnes. L'imitation y est visible ; la tête du taureau est surmontée de la haute tiare assyrienne à cornes de taureau, et non de l'une des coiffures que portent les rois de Perse. Tout en s'appropriant ainsi ce type symbolique, le sculpteur ne s'est pas astreint à le copier servilement ; il y a fait certaines corrections , qui donnent à ces colosses un meilleur aspect, plus en rapport avec le style des figures voisines. C'est ainsi qu'il s'est affranchi de cette convention singulière en vertu de laquelle, à Ninive, le monstre a cinq pattes au lieu de quatre et parait dans l'attitude de la marche si on le regarde de côté, dans celle de la station et du repos si l'on se place en face de lui. Ici, rien de pareil; le quadrupède a son juste nombre de membres, et le mouvement son unité. Le modelé parait plus gras que dans les taureaux de Ninive, à en juger par les jambes, qui sont très bien étudiées; quant aux têtes, elles ont trop souffert pour permettre la comparaison^ La courbe des ailes est aussi plus élégante: c'est celle des sphinx et des griffons de la Phénicie. Enfin , pour qu'il y eût une
i. BéROsE, fr. i6 (Muller, frag, hist, Grxcorum, t. II).