‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 2)Chapitre 375 sur 412 · Histoire d£ VArt, t. II, pp · texte numérisé non relu

Histoire d£ VArt, t. II, pp

de ces images, personne ne se demandera s'il y a jamais eu, dans les fourrés de tamarisques et de roseaux qui bordent le Choaspe, des fauves dont le pelage fût ainsi taché de bleu*. Le bleu, ce n'est ici qu'une valeur, qui soutientles lignes et qui renforce à l'œil la saillie des muscles et de Farticulation. Dans les figures d'archers qui ont été restaurées au Louvre, le nu des mains et des jambes est peint en brun foncé; mais M. Dieulafoy a recueilli quelques carreaux qui paraissent avoir appartenu à une autre suite de figures, où ces mêmes parties auraient été couvertes d*un glacis blanc*. Il est donc probable qu'il y avait là deux séries d'images qui, placées Tune à gauche et l'autre à droite du perron ou de la porte, se distinguaient par le contraste des tons ; ce qui reste très douteux, c'est que ce fait comporte les conclusions qui en ont été tirées par l'auteur de la découverte. Selon lui, l'artiste aurait représenté là les contingents de deux peuples différents. La garde blanche, ce serait celle que composaient les Mèdes et les Perses. L'autre, la garde noire, serait recrutée dans le pays même, en Susiane, et la couleur de peau que l'artiste a prêtée à ces soldats prouverait que les Elamites étaient bien, comme on a d'autres raisons de le conjecturer, de race négroïde ^

Nous craignons que ce ne soit vraiment là attribuer trop d'importance à ce qui ne semble être qu'un jeu du pinceau. Il y a, dans les panneaux émaillés de Khorsabad, des génies qui, à la barbe et aux cheveux près, sont tout jaunes, delà tête aux pieds*. En inférera-t-on que les Assyriens attribuaient à leurs dieux un teint d'ocre ou de safran? Dans ce genre de tableaux, ce qui donne à la forme son véritable caractère, ce n'est pas la couleur, elle n'est là que pour l'agrément, c'est le contour; or ici M. Dieulafoy lui-même a été conduit, par l'indication que lui fournissait le peu qui subsiste de l'une des têtes brunes, à les restituer toutes avec le beau profil de la race arienne, tel qu'il le trouvait dans les bas-reliefs de Persépolis. Cependant, si le peintre avait eu l'intention que l'on suppose, pourquoi n'aurait-il pas modelé ici un masque de nègre comme il l'a fait d'une main si sûre dans la Salle aux cent colonnes?

D'après Hérodote, les Perses auraient constitué à eux seuls cecorps des Immortels que l'on veut reconnaître ici'^; le roi n'aurait confié la

1. A Khorsabad, il y a un taureau ailé qui est tout h\eu\{Histoire de VArt, t. II, pi. XIV)-

2. Ces fragments sont au Louvre, dans une armoire de la seconde salle. 11 y ^ une main et un morceau de la tête.

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