‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 2)Chapitre 387 sur 412 · Fr. Lenormant, La monnaie dans Vantiquitô, t. II, p · texte numérisé non relu

Fr. Lenormant, La monnaie dans Vantiquitô, t. II, p

Au contraire, sur les monnaies, le roi est représenté comme un combattant. Pour mieux ajuster, il a mis un genou en terre et bandé l'arc; la flèche va partir, et elle atteindra, de quelque vitesse qu'il fuie, l'ennemi du prinfce, l'ennemi du royaume. De là le nom familier par lequel les Grecs désignaient volontiers ces monnaies, qui n'ont pas cessé de jouer un grand rôle dans leurs affaires. Lorsque la Perse eut réussi, à force de subsides versés dans les caisses d'Athènes et de Thèbes, à provoquer dans la Grèce continentale une coalition contre Sparte, celle-ci se vit forcée de rappeler Agésilas, qui préludait, en Lydie et en Phrygie, aux conquêtes d'Alexandre. « Ce sont, » dit Agésilas, en s'arrachant avec douleur à sa conquête, « dix mille archers perses qui me chassent de l'Asie *. »

11 y avait, pour la nouvelle monnaie, un premier élément de succès; c'était la vaste étendue de l'empire. Le commerce avait tout intérêt à se munir d'espèces que prenaient partout au pair les caisses royales et que, par suite, il était assuré de pouvoir offrir en paiement, sans perte et souvent avec prime, sur les marchés les plus lointains. Le haut litre de ces j)ièces, qualité qu'elles gardèrent jusqu'à la fin, dut aussi concourir à les faire rechercher. Enfin un dernier aTantage de ce système monétaire, c'était son extrême simplicité. La première pièce frappée par ordre du roi, ce fut un slatère d'or de 8*^,40, qui était le soixantième de la mine légère du poids assyrien ou babylonien; puis vinrent des pièces d'argent, au même type, du poids de 5^,60, dont vingt équivalaient à une pièce d'or. C'était celle-ci que l'on appelait proprement fifo/7^«/^ (6 Aapeijcoi;)- ; si ce mot a été quelquefois employé, chez les anciens, en parlant de la monnaie d'argent, il semble que c'ait été par une sorte de négligence^ ; le terme correct , c'était sicle médique (<jty>.o; a-zj^wto; ou simplement çiyXo;). Ce sicle ne comportait pas de coupures. La monnaie divisionnaire variait suivant les provinces; ce qui la fournissait, c'était les pièces émises dans chaque pays, par les cités ou par les princes locaux, qui conservèrent toujours le droit de monnayer l'argent. C'étaient ces mêmes ateliers autonomes qui fournissaient la monnaie d'appoint. Jamais la monnaie de bronze n'a reçu l'empreinte des types royaux. Ceux-ci n'ont

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