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Façade taillée dans le roc

L'ARCHITECTURE FUiNERAIRE. 101

monument n'a rien qui répugne à celte hypothèse; de part et d'autre, même rapprochement, même contraste entre Taspect sauvage de ces grands rochers où s'encadre la façade avec le fronton qui la couronne, et ces formes, ces membres d'architecture, où une volonté intelligente a introduit la proportion et la symétrie. La différence, cesl qu'à DelikH-tach tout est plus simple; l'effort a été moindre; on ne voit pas ici, ni autour de la baie simulée ni dans le tympan, cette ornementation qui, comme une riche tenture, recouvre là-bas toute la !^urface de la partie travaillée. Il serait donc permis de regarder le monument de la vallée du Rhyndacos comme la première esquisse d'un type qui, créé par la race phrygienne, se serait plus tard développé et perfectionné dans le bassin du haut Sangarios, là où ce peuple eut, pendant deux ou trois siècles, son centre politique et religieux.

Lors de notre voyage en Asie Mineure, xM. Guillaume et moi avions vu Delikli'tach avant lasili-kaia ; lorsque nous nous trouvâmes en présence de ce dernier monument, nous fûmes très frappés de la ressemblance, et la première idée qui nous vint à l'esprit, ce fut de supposer que cette ressemblance ne se bornait pas à la configuration extérieure. Nous ne crûmes pas un instant que l'enfoncement de la fausse porte eût pu jamais servir de caveau ; mais nous inclinions à penser que, par derrière, il y avait une vraie chambre funéraire à laquelle donnait accès un puits semblable à celui que nous avions observé kDelikli-tach. L'entrée de ce puits restait à trouver; nous étions disposés à la chercher sur le dessus du rocher, en arrière du fleuron brisé qui surmonte le sommet du fronton*. Un de nous, M. Delbet, essaya en vain de vérifier cette hypothèse en s'élevant et en cheminant sur celte crête, et le temps nous manqua pour faire venir les échelles et les cordes qui eussent été nécessaires. M. Ramsay paraît avoir réussi dans l'escalade où nous avions échoué*; non seulement il n'a pas observé sur l'arête la moindre apparence d'un trou, d'un orifice quelconque, mais encore, assure-t-il, le roc est si mince, dans sa partie supérieure, que l'on n'aurait jamais pu y trouver la place d'un puits. Si l'on avait essayé de forer ici une cheminée analogue à celle de Delikli-tnch, on aurait risqué de fendre, de faire éclater ce mur sans épaisseur, cette sorte de dalle gigantesque.

Si Ton veut persister à voir ici un tombeau, il ne reste donc qu'une seule conjecture possible : le caveau serait caché dans le pied du massif,

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