Façade taillée dans le roc
OÙ la roche a bien été ravalée avec soin, mais n'a pas reçu d'orhements, Une petite niche carrée, pratiquée dans ce champ, vers les deux tîerr; de sa hauteur, paraît appartenir au plan primitif. D'autres niches, arrondies en plan comme en élévation, se voient à gauche et au-dessus du fronton.
Ici la présence de cette inscription, la plus développée de toutes celles que l'on attribue à la Phrygie, s'accorde bien avec le caractère que nous sommes tenté d'assigner à cette façade ; mais ce qui est plus embarrassant, c'est un autre frontispice (fig. 59, n" 5 de la carte), derrière lequel rien n'indique l'existence d'une chambre funéraire et où il n'y a rien d'écrit *. A cela près, la disposition générale reste toujours la même et, sur les blocs de npchers qui servent comme de soubassement à la surface travaillée, on remarque aussi de petites niches el des bancs taillés dans la pierre, ce qui semble indiquer que l'endroit était fréquenté; il n'en reste pas moins difficile à comprendre que, chez un peuple qui possédait l'écriture, on ait pu avoir l'idée d'ériger un monument commémoratif sans y inscrire le nom de la divinité ou de la personne royale dont le souvenir serait perpétué par cet ouvrage. C'est donc surtout ici qu'il conviendrait d'explorer, avec uoe minutieuse attention, le dessus, le pied et tout le tour du roc dont une des faces porte une des décorations les plus élégantes et les mieux agencées qu'ait exécutées le ciseau phrygien. Si c'était ici un tombeau, il n'y aurait pas à s'étonner de l'absence d'inscription ; de tous les textes écrits avec cet alphabet, il n'y en a guère qu'un seul qui se lise sur un de ces monuments qui sont certainement des tombes, reconnaissables à l'existence de caveaux pourvus de cuves ou de lits funéraires taillés dans la roche vive.
On ne signale que trois ou quatre de ces monuments dont le caractère et la destination restent encore une énigme; mais, en revanche, c'est par centaines que se comptent les tombeaux, et tout ce qu'on peut se proposer^ ici, c'est d'en ramener la variété à quelques types principaux. Dans certaines de ces tombes, c'est, comme à Delikli-tach, par un puits vertical que l'on accède au caveau ; dans la plupart, celui-ci communique avec le dehors par une porte qui s'ouvre au milieu de la façade.
1. Texicr, Description, t. I, p. 157, pi. 58, Stewart, pi. 9 et 10. Barth, Reise von Trapezunt, p. 92. Nous avons corrigé le dessin de Texier à l'aide des croquis que nous a communiqués M. Ramsay; on a pu représenter ainsi d'une manière plus exacte les rosaces et le Ueuron terminal.