‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 2)Chapitre 47 sur 412 · La tombe brisée · texte numérisé non relu

La tombe brisée

Coupe transversale restaurée sur la face nord.

Comme la tombe que décoraient les lions affrontés, celle-ci formait, en avant de la falaise où étaient ménagés les caveaux de moindre importance, un massif saillant, évidé à l'intérieur, dont au moins deux

côtés sur quatre, le côté ouest et le côté nord, étaient dégagés ; c'était dans ce dernier que s'ouvrait la porte (fig. 66). La paroi méridionale derhypogée, qui formait le fond de la chambre, est seule restée en place, taillée qu'elle était dans la partie compacte de la colline. On a ainsi la largeur delà pièce, qui était de 6'", 29; on en a la hauteur, environ 3 mètres; on a la forme du plafond, qui était à double pente, comme un toit en charpente. Au centre du pignon qui regardait l'entrée est figuré un poinçon qui supporte les

arbalétriers. La même disposition se répétait sur la face septentrionale ; mais la porte y remplaçait le lit auquel elle faisait vis-àvis (fig. 67). Un lit funéraire creusé dans le roc occupe le milieu de la face postérieure du caveau (fig. 68). La face occidentale présente une lacune ; dans l'angle nord-ouest, il y avait un siège, et, le long de la face occidentale, une autre oouche de pierre (fig. 69). Sur la face orientale régnait une galerie haute de 1™,06 et large de l'",21 ; le plafond était supporté au moins par deux colonnes; il en reste une en place, devant le mur de fond, et un des fragments qui gisent sur le sol, celui qui représente l'angle nord-

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68. — Lu tonibo lirisée. Coupe transvi^rsalo sur le fond (lu caveau.

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est, porle l'amorce de la partie supérieure d'un second support (fig. 70). Ces piliers ont une base formée d'un gros tore : en haut du fut, une palmette, d'un dessin très élégant, s'épanouit sur le côté du pilier

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69. — La tombe brisée. Coupe longitudinale restaurée sur la face ouest.

rond qui regarde rinlérieur de la chambre. On a ainsi tous les éléments nécessaires pour représenter, en perspective, Tintérieur de la chambre 'fig. 71).

Avec son portique, ses deux lits et son siège de pierre, ce caveau

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70. — La tombe brisée. Coupe longitudinale restaurée sur la face est.

présentait donc une disposition plus compliquée et une apparence plus monumentale qu'aucun de ceux que nous avons rencontrés jusqu'ici dans la nécropole phrygienne. La décoration extérieure ne témoignait pas d'une moindre ambition. Les deux faces libres du massif avaient

chacune leurs sculptures. Sur la face ouest, il y avait jusqu'à trois lions, exécutés en très haut relief; deux d'entre eux étaient dressés, vis-à-vis Tun de l'autre, sur leurs pattes de derrière (fig. 66, E); ils opposaient, griffes contre griffes, leurs pattes de devant (fig. 122); c'est ce qui résulte du seul fragment qui en subsiste*; l'extrémité de ces deux pattes est restée adhérente à l'envers du morceau de la paroi dont laulre côté porte la couche funéraire (fig. 65, sur le bloc de droite). Le troisième lion était au bout de cette même face, près de l'angle nordouest (fig. 66, F); il élait tourné vers le nord (fig. 121); c'est celui dont nous avons la tête et les épaules (fig. 65, à gauche); des naseaux à la nuque, il mesure 2", 28. La pose de l'animal devait être à peu près celle des deux lions qui encadrent la porte d'entrée, dans la tombe que nous avons décrite avant celle-ci (fig. 64)*.

Enfin un bas-relief composé de trois personnages remplissait tout le champ de la façade nord (fig. 117 et 118). Il représentait deux guerriers (fig. 66, G, G) dirigeant la pointe de leurs lances contre un monstre, une sorte de Gorgone, dont la tête apparaît au-dessus de la porte (fig. 66, H). Cette façade a été brisée en deux gros morceaux. Le plus considérable, c'est celui que notre figure représente dans la position qu'il occupe aujourd'hui ; il répond à l'angle nord-ouest de la tombe; il a conservé le siège (fig. 66, G), la tête et l'épaule du lion (fig. 65) et plus de la moitié de la façade nord. Le côté sur lequel se trouvaient le guerrier de droite, la porte et la Gorgone est tourné contre terre. Il en est de même pour le second débris; mais celui-ci a bien plus souffert de la chute et de l'humidité; si, par son bord interne, il se raccorde à l'autre fragment, la face externe a été comme écorchée ; on n'y distingue plus que la tête et le casque du guerrier de gauche. D'ailleurs, même à droite, le bas des figures manque. Le statuaire n'en avait-il sculpté que le buste ou étaient-elles représentées en pied? Cette dernière hypothèse est la plus probable. La porte de la tombe ne devait pas être au niveau du sol

\. C'est le fragment qui, avant les recherches subséquentes de M. Hanisay, a été figuré d'une manière très imparfaite dans Jowrna/ of Hellenic Studies, 1882, p. 22, fig. 6.

2. On est surpris que, malgré la peine qu'il s'est donnée, M. Ramsay n'ait pas retrouvé, des deux lions affrontés, autre chose que ces deux extrémités des deux pattes de devant ; aussi en vient*il lui-même à se demander si le corps des lions a jamais existé. Il ne s'arrête cependant pas à cotte pensée : c'eût été un singulier motif que deux pattes isolées au milieu de la paroi, deux pattes qui n'auraient tenu à rien ; il aime mieux croire que, par suite de l'écrasement d'une partie des matériaux, le corps des animaux a pu être complètement détruit. Nous conservons quelques doutes à ce sujet; mais, n'ayant pas vu la tombe, nous ne pouvions qu'accepter sous ces réserves la restitution qu'en présente l'explorateur qui l'a étudiée avec tant de curiosité et de persévérance.

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