‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 2)Chapitre 51 sur 412 · M. Raïusay incline à croire que c'est un cheval · texte numérisé non relu

M. Raïusay incline à croire que c'est un cheval

colonne avec un chapiteau h volutes. C'est le seul ornement de tout cet intérieur: ni banquettes ni cuves pour poser les corps. Cependant il n*est pas vraisemblable que ces chambres aient été une dépendance souterraine d'une demeure jadis construite sur la terrasse orientale et adossée au rocher ; les pièces sont trop exiguës et trop nues pour avoir servi d'habitation à des vivants. Ce qui d'ailleurs achève de prouver que c'était bien là un tombeau, c'est ce symbole qui décore la façade postérieure ; nous l'avons relevé à l'entrée d'un hypogée dont la destination funéraire ne saurait être révoquée en doute.

Les monuments qui ont été décrits jusqu'ici ont une originalité très marquée; ils ne renferment aucune disposition, aucun élément qui trahisse la connaissance et l'imitation de modèles étrangers. Il y a au contraire, dans ce même district et particulièrement dans la nécropole voisine du village d'Aycsmn, beaucoup de tombeaux où l'on devine, à divers indices, que les ouvriers commencent à subir l'influence des arts de la Grèce ; mais ces ouvrages n'en conservent pas moins un caractère encore très particulier. Là période de transition a duré fort longtemps ; les artistes indigènes n'ont pas renoncé volontiers aux pratiques et aux traditions de leurs ancêtres. Certains motifs, comme les animaux marchants et affrontés, leur sont restés chers pendant plusieurs siècles. Deux ou trois exemples suffiront à donner une idée de ce style intermédiaire et composite.

MM. Ramsay et Blunt ont été les premiers à faire connaître un h>'pogéequi, d'après le nombre des auges funéraires qu'il renferme, doit avoir appartenu à l'une des principales familles du pays. Il était précédé d'un portique; mais toute cette façade extérieure, qui était richement décorée, a beaucoup souffert (fig. 77, n" 32 de la carte). Des deux colonnes qui, taillées dans la roche vive, comme tout le reste de l'ouvrage, supportaient l'entablement, l'une a disparu complètement et il ne reste de l'autre que la partie supérieure, suspendue par en haut à Tarchitrave. A droite et à gauche du couple de piliers, il y avait deux membres saillants, qui se terminaient par de petits frontons. Étaientils, eux aussi, supportés par des colonnes, qui auraient eu ici une moindre dimension? Le ciseau y avait-il sculpté un motif d'ornement ou gravé une inscription? La surface de la pierre est maintenant si fruste que l'on ne saurait rien affirmer. L'entablement est formé d'une corniche arehitravée dont les profils se répètent dans les rampants du fronton très aigu qui surmonte cet ensemble ; on remarquera les denticules qui régnent partout au-dessous du larmier. Au milieu du tympan, un

LA PHRYfilE.

motif dont le caractère n'est plus très net*. Est-ce une tête de (iorgone, ou n'est-ce pas plutôt une simple couronne? Il est difficile de le dire. Dans le mur de fond du portique s'ouvre l'entrée de la tombe, une baie à jambages inclinés (fig. 78) ; des deux côtés de l'arcade qui est figurée au-dessus du linteau, deux lions à demi dressés (fig. 79), motif qui se

77. — Tombe voisine d'Ayazinn. Façade. Journal of Hellenic Sludies, 1882, pi. XXVI.

répète, à l'intérieur de la chambre, sur le mur qui fait face à l'entrée (fig. 80). 11 y avait d'ailleurs de la variété dans la décoration ; en dedans du caveau, sur la paroi où est percée la porte, deux panneaux rectangulaires contenaient des bas-reliefs qui sont très effacés; mais, comme

1. Kajisay, Some Phrygian monuments, p. 262, et planches 26 et 27.

rindique tout d'abord la forme allongée du cadre, c'était une tigure dhomme ou de femme que renfermait chacun de ces champs (fig. 8J). Au-dessus de la baie, on retrouve, aussi mal déterminé, aussi obscur,

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