Journal of Hellenic Sltidies, pi
2. G. Perrot et E.^ Guillavue, Exploration archéologique, p. 138-342 et 168, pi. 7. Toutes les figures qui suivent reproduisent les dessins de M. Guillaume. l\ avait été donné de ce
83. — La tombe de Kumbet, vuo d'ensemble d'après une photofrraphie de J. Delbet.
TiisiK V. n
travail, d'une liberté que n'avaient pas eue nos prédécesseurs; ceux-ci avaient été gênés, dans leurs opérations, par la situation de la maison de Taga; le kiosque qui lui servait de salle de réception était juché sur le tombeau même, et le caveau funéraire servait de magasin. Cet aga était, nous racontent les vieillards, un des plus violents et des plus redoutés parmi les déré-beys ou princes indépendants de la province; M. de Laborde avait dû se cacher et s'y reprendre à plusieurs fois pour dessiner le tombeau. L'aga aurait pu croire qu'il levait le plan des lieux pour venir un jour attaquer cette petite forteresse. Le maître de ce konak a été mis à mort sous Mahmoud et aujourd'hui le grand kiosque qui surmontait la tombe et dont une des photographies que nous avons rapportées reproduit la pittoresque silhouette est inhabité; il tombe en ruines (fig. 83). Nous aurions pu, sans difficulté, fouiller devant le tombeau pour en dégager le pied ; ce qui nous a empêchés de tenter ce travail, c'a été le manque de bras ; quand nous sommes arrivés dans le village, il était désert; tous ses habitants, chassés de leurs maisons par les chaleurs, avaient été camper à deux ou trois lieues de là, dans la forêt, sous la tente.
Comme Delikli-tachy comme le monument de Midas, le tombeau de Kumbet est taillé dans une masse de rochers où l'on a laissé brut tout ce qui entoure la façade, tout ce qui n'est pas compris dans son contour (fig. 84). A gauche seulement, il y a des marches pratiquées dans le roc; sont-elles contemporaines du tombeau, c'est ce qu'il est difficile de dire. En tout cas, elles n'ont pu servir à atteindre une cheminée qui aurait été ménagée, comme à Delikli-tnch, dans le plan vertical du tombeau, au-dessus de la chambre funéraire. Il n'a jamais existé ici d'ouverture de ce genre, comme on peut s'en assurer en pénétrant dans le double caveau qui perce de part en part la cime du rocher que couronne cette tombe (fig. 85). Nous n'avons plus ici une fausse baie, comme dans les plus anciennes de ces façades rupeslres ; c'est une vraie porte, entourée d'une double moulure, qui s'ouvre au milieu de la façade. 11 eût été curieux de voir s'il y avait un soubassement et d'étudier le seuil antique, que cachjB la terre amoncelée, mais qui ne peut guère être qu'à 0",50 au-dessous du sol, comme le prouve la coupe longitudinale (fig. 86). De chaque côlo de la porte,
tombeau trois dessins faits d'apivs nature, celui de Stewarl (pi. VI et XVl), celui de M. Léon de Laborde [Voyage d'Asie Mineure, p. 78-79, pi. XXL\, 64 et 65), celui de Bartli {Reise von Trapezunt, p. 90); mais aucune de ces représentations n'était accompagnée d'un plan ni de cotes; aucune ne donnait une idée exacte du si vie de l'édifice.
entre son jambage et la limite de la façade, il y a une figure sculptée. A droite, c'est la partie antérieure d'un taureau, qui paraît avoir une bosse sur le dos, comme le bison d'Amérique. Cette variété de Tespèce bovine n'existe plus dans l'Asie antérieure; mais on la rencontre figurée sur des monnaies autonomes de cette province, sur celles d'An-
84. — La tombe de Kumhct. Façade. Dessin d'E. Guillaume. Exploration avch(^oloqiffue, pi. VII.
cyre*, d'Eumenia-, de Kibyra^ Ce bœuf bossu, analogue au zébu de rinde, figure aussi dans les bas-reliefs du théâtre d'Aizani*. A gauche, où la terre montait plus haut, nous n'avons rien pu distinguer; mais les dessins de nos devanciers indiquent une tête de Méduse\