‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 2)Chapitre 55 sur 412 · MiONNET, Médailles grecques et romaines, t. IV, p · texte numérisé non relu

MiONNET, Médailles grecques et romaines, t. IV, p

3. MiON.NET, Médailles grecques et romaines, i. IV, p. 28. Supplément, t. VU, p. .H33.

4. Ph. Le Bas, Voyage archéologique, Architeclure, f**, pi. 14.

o. Elle est très nette chez Stewart, qui met tout autour une épaisse chevelure ; Barlh n'indique que deux cercles concentriques.

L'ARCHITECTURE FUNÉRAIRK.

— La tombe de Kumbet. Plan.

Exploration, pi. VII.

Au-dessus de la porte régnait une corniche, aujourd'hui très mutilée, que surmonte un bas-rehef flanqué de deux demi-balustres. Le milieu du champ est occupé par un

vase à deux anses, de forme élégante et simple; on en rencontre dans DOS musées, parmi les vases ilalo-grecs, qui ont tout à fait le même galbe. Des deux côtés du vase se tiennent un lion et une lionne, qui se regardent; on dirait qu'ils s'avancent pour boire au vase qui les sépare. Ce bas-relief est séparé du fronton par une étroite corniche que supportent des sortes de mutules ou modillons. Au milieu du champ ressort un bouclier, muni d'un tftnbo qui fait une très forte saillie; des deux côtés du bouclier se dressent deux aigles debout ; ils sont d'ailleurs très mutilés. Dans les rampants du fronton, on retrouve les modillons, et, au-dessous d'eux, des denticules. Sur les soffiies des rampants, entre chaque paire de modillons, se détacheni de petites tètes assez finement sculptées (fig. 87). La corniche du fronton est couronnée el se relie au rocher par un élégant rinceau qui, au sommet et aux deux angles, s'épanouit en une gracieuse et riche palmette qu'accompagne une espèce de feuille d'acan- Ihe (fig. 88).

rp , . ,, . ... 86.— La tombe de Kumbet. Coupe longitudinale.

Tel est 1 aspect extérieur Exploration, pi. vu.

du monument; pénétrons

maintenant dans l'intérieur. La porte, qui ici est rectangulaire, conduisait dans une chambre où se trouve un sarcophage unique, creusé à

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LA FHRYOIE.

gauche dans une sorte d alcôve voûtée. Un passage plus étroit que rentrée conduit à une seconde chambre. Celle-ci, plus basse et voûtée en plein cintre, présente une autre disposition; c'est dans le sol même du caveau que sont pratiqués trois sarcophages, de grandeur inégale; au fond de Tun d eux s'ouvre un trou circulaire, qui pénètre dans le roc; il était rempli de terre. La manière dont sont taillées les cuves et dont les parois sont dressées nous a semblé accuser, dans la seconde chambre, un travail plus IiAtif et moins soigné, plus moderne, par conséquent; ce serait une addition postérieure, qui ne serait pas entrée dans le plan primitif du monument. Ce qui confirmerait cette hypothèse, c'est l'inscription qui se lit, gravée en très grandes lettres (fig. 89), dans le fond de la première chambre, au-dessus de la porte qui conduit à la seconde.

87. — La tombe de Kumbet. Têtes sculptées dans la corniche. Ea:pioradon, pi. VII.

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Comme le prouvent l'abréviation ici employée ainsi que la forme des

caractères, l'inscription est certainement de basse époque, du temps de l'empire romain, probablement du second ou du troisième siècle de no-

I \^l/^'"'"î^^¥t!t^ ^^^ ^^^' ^^ ^"^ ^^ ^^^^ l'intérêt, c'est

oW "^ip^^ qu'elle témoigne d'une habitude que

.iBfc^'^^-ii^-, ^-^ .;i-rf^ ^ nombre d'exemples ont déjà fait connaître. Pendant les derniers siècles de l'antiquité, pour s'épargner la peine d'avoir à creuser une tombe nouvelle, on s'empara souvent des monuments que s'étaient préparés les hommes d'autrefois, et ce furent les plus anciennes sépultures qui durent être ainsi usurpées les premières. Les tombes plus récentes étaient protégées soit par l'existence de la famille qui les avait consacrées, soit tout au moins par les clauses pénales qui intéressaient le fisc à faire respecter les volontés suprêmes et le repos du

88. — La tombe de Kumbet. Palmette à l'angle de la corniche. Exploration, pi. VII.

i. Sur la restitution de ce texte, voir Exploration, p. 140.

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morl;mais on n'avait pas les mêmes ménagements à garder quand il s'agissait de ces monuments d'une antiquité reculée, où étaient ensevelis les fils sans nom de races disparues, monuments que la curiosité ou la cupidité avait profanés depuis longtemps et que n'habitait plus aucune poussière humaine. C'est ainsi que, sous les Antonins, au cours de ce siècle heureux pendant lequel cette contrée paraît avoir joui d'une grande prospérité, un certain Solon, Tun des principaux personnages du canton, aurait trouvé commode de s'approprier un tombeau qui jouissait d'une certaine réputation dans le pays ; alors aurait été ajoutée la seconde chambre, avec l'inscription qui donnait le nom du propriétaire de celte nouvelle pièce. Quant à l'ouverture qui se trouve à la partie postérieure de ce caveau, elle était obstruée de pierres et de gravois ; nous ne nous sommes pas assurés si elle était de la même époque que la chambre, ou si elle avait été percée, à travers cette mince paroi de rocher, pour permettre d'entrer, par la cour de la maison de l'aga, dans cette cave où l'on serrait des outils et des instruments.

Nous n'avons pas vu trace de stuc sur la façade de ce tombeau; mais il y a encore, dans certains ; . . ; ., •creux, surtout aux palmettes des angles, des res- — '-^-^ — i-^-^-^i--tes de couleur rouge parfaitement conservés. A l'in- 89. — La tombe doKumbet. lérieur, une sorte de gorge qui fait partie de la p"*'vi7^*^'^' ^'*'''''*''''^"' corniche située au-dessus de la deuxième porte fî}r. 86, y) est décorée débandes verticales rouges (fig. 89) dont la disposition rappelle l'ornementation peinte de gorges semblables dans les monuments de l'Egypte et de moulures analogues dans les chapiteaux d'antes des propylées de l'acropole d'Athènes.

Nous ne citerons plus qu'un dernier exemple de ces monuments de transition; c'est une tombe de lapuldak (n^* 2 de la carte) qui, par la complexité de son décor, a paru également digne d'attention à MM. Barth etRamsay (fig. 90)*. Cette façade, quoique d'une exécution moins soiîînép, doit rtre sensiblomont contemporaine de la façade de Kumhei; les ressemblances sont nombreuses. Même porte rectangulaire, mêmes proportions du fronton; mêmes modillons et mêmes denticules dans la corniche qui en forme les rampants ; même préoccupation d'en orner le

t. Barth, Reisc, p. 9i, M. Rainsay nous a averti que le croquis qu'en donne Barth était tout k fait inexact, et il nous a communiqué le dessin de M. Blunt que nous reproduisons.

sommet et les deux autres angles au moyen de motifs qui, s'ils n'ont pas ici la même élégance, remplissent cependant la même fonction; même bouclier au milieu du tympan. La différence, c'est qu'ici, des deux côtés de la porte, il y a des colonnes appliquées contre la paroi, colonnes qui supportent lentablement et, aux deux extrémités de la façade, des pilastres qui la limitent; au-dessus de leur chapiteau, dont le dessin est très

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