‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 2)Chapitre 62 sur 412 · Figure de Cyl)êle. Journal, 1882, pi. XLII · texte numérisé non relu

Figure de Cyl)êle. Journal, 1882, pi. XLII

firme Tinscription MATAP KTBIAE qui se lit, dans la nécropole A'Aya- -inn, au-dessus d'un piédestal du même genre* (n** 18 de la carte). Dans cette figure où nous reconnaissons Cybèle, les traits du visage ne paraissent pas avoir jamais été plus indiqués qu'ils ne le sont dans les deux disques accolés de la stèle décrite plus haut; à la place de la tête, il n'y a qu'un rond. Cette même figuration toute conventionnelle de la face divine a été reportée ici sur la pierre sacrée, et, pour mieux en marquer le sens, on y a ajouté l'indication de la chevelure. C'est le procédé abréviatif dont les Phéniciens ont parfois fait usage sur ces stèles que Cara fournies en si grand nombre; il y en a où Tanit est représentée

1. Voir le croquis, fait d'ailleurs de mémoire, que M. Ramsay donne dans On the early liUturhil reUUioHS, etc. pi. lîî, n" 11.

en pied ou en buste; mais, sur d'autres, l'image divine se résume en une tète qu'entourent des tresses dont l'arrangement est tout pareil à celui qu'elles offrent sur notre stèle* ! Toute la différence, c'est que le sculpteur punique, plus habile, a dessiné les yeux, le nez et la bouche, tandis que l'ouvrier phrygien a supprimé ces détails et poussé la simplification jusqu'à ses dernières limites.

Les deux têtes figurées sur la stèle font-elles allusion au culte qui aurait été rendu ici à deux divinités parèdres, ou bien, en doublant l'image d'un même personnage divin, n'a-t-on voulu qu'insister sur l'idée de sa puissance? C'est ce que l'on saurait peut-être si l'on arrivait h lire l'inscription phrygienne de deux lignes qui est gravée sur la paroi que domine la pierre sacrée ^; mais ce texte n'a pas encore été traduit, et d'ailleurs on n'en a probablement que la moitié. Il devait se continuer de l'autre côté de la stèle. Toute la partie droite du monument a été détachée par une secousse de tremblement de terre ou par l'action des eaux de pluie; il est facile de restaurer l'ensemble, qui, dans sa simphcité, ne devait pas manquer d'une certaine noblesse.

A certains égards, ces sanctuaires hypèthres rappellent les hauts lieux de la Syrie et de la Palestine*^; ils en diffèrent en ce que la pierre de l'autel et ce bétyle même, ici, ne sont pas restés bruts, mais ont été dressés à l'outil. Les Phrygiens ne paraissent pas avoir cru que le fer profanât la roche, lui enlevât son caractère sacré*; aussi ce peuple s'est-il servi du pic et du ciseau pour créer, près de ces lieux de culte en plein air, de petits temples souterrains qui répondent aux spéos de l'Egypte. C'est un sanctuaire de ce genre que nous proposerions de reconnaître dans un monument que le voyageur qui l'a découvert avait, à première vue, rangé parmi les hypogées funéraires.

Ce monument est voisin du village de Liyen (fig. 108, nM3 de la carte) ; il est connu sous le nom d'Arslan-kaïa ou la a roche du lion » ; le malheur, c'est qu'il a beaucoup souffert. La roche est ici stratifiée par couches dont quelques-unes sont très tendres, et, de plus, la sculpture n'est pas protégée, contre l'action du vent et de la pluie, par l'abri des rochers voisins. Le monument a été tiré d'un massif

\. Histoire de l'Art, t. UI, flg. 16.

2. Voir Ramsay, On the early hiatoricai relationa, pi. I, n^ 6 et p. 33.

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