Ramsay, Sludies, p
plus que les cornes, et celles-ci, avec la queue, qui est la grosse queue plate du mouton de cette contrée, sont tout ce qui permet de reconnaître l'espèce de l'animal. Les pattes sont à peine indiquées par un léger creux qui les sépare sur le devant et le derrière du bloc. Le ]>rocédéest ici le même que celui des sculpteurs de la Ptérie; à propos des lions de Boyhaz-Keui et A'Euiuk, nous avons étudié ce curieux mélange du bas-relief et de la ronde-bosse*. Nous retrouvons ici la même convention, le même compromis, la même impuissance à faire sortir la figure vivante du quartier de roc où elle reste engagée et comme emprisonnée (fig. 115 et 116).
Ce qu'il y a de particulier, c'est que, sur cette image l'ouvrier en a greffé une seconde qui n'a aucun rapport avec la première; il a mis un bas-relief sur chacune des faces de la dalle, dans un cadre que dessine un double bourrelet. D'un côté, trois animaux qui paraissent, à leurs longues cornes, être des chèvres sauvages, et, de l'autre, deux cavaliers; au-dessus de leur tête, dans le champ, deux oiseaux qui volent. C'est certainement une chasse que l'on a voulu figurer ; ces oiseaux rappellent ceux qui occupent cette même place, dans les bas-reliefs assyriens et sur les coupes de métal phéniciennes * ; mais tout ici est d'une barbarie singulière. Rien de plus bizarre que la donnée môme et l'exécution est d'une rare maladresse. Si les chèvres se laissent reconnaître, on ne peut rien imaginer de plus gauche que les chevaux et leurs cavaliers.
Quant à la destination de cette figure, on la devine. Ce bélier, qui avait un pendant, devait jouer ici le rôle que jouaient en Assyrie les grands taureaux ailés, en Comagène ces lions dont plusieurs ont encore été retrouvés debout, etkEuiuA les sphinx et les lions ^; la tête tournée vers l'extérieur, il ornait un des côtés du seuil. C'est même ainsi que Ton s'explique cette étrange surcharge qui nous choque comme une faute de goût; le naïf artiste, qui fut chargé de décorer la demeure princière, crut ajouter à l'idée qu'il donnerait de la puissance de son maître en le représentant qui se livrait à son occupation favorite, à la poursuite et à la capture du gibier. A Ninive et dans la haute Syrie, dans ce palais hétéen dont les ruines ont été signalées à Sindjirli, c'est sur des plaques d'albfttre ou de basalte posées au pied des murs que