‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 2)Chapitre 68 sur 412 · I. G. Perrot, Exploration nrrhf^ologique, p. 145, note · texte numérisé non relu

I. G. Perrot, Exploration nrrhf^ologique, p. 145, note

plusieurs fois réparée; on croit y reconnaître, par endroits, la facture des maçons seljoukides^

L'inscription, en tous cas, est contemporaine de la première reconstruction, de celle qui, après les longs siècles de la paix romaine, a remis en état de défense la forteresse abandonnée. Elle est gravée avec trop de soin et en trop grandes lettres pour qu'on se l'explique parle caprice d'un passant; c'est une autre conjecture qu'elle suggère à l'esprit. Enfermé dans ce château, qu'il était chargé de défendre contre les ennemis de l'empire et de la foi, quelque capitaine, fervent chrétien, se sera complu à affirmer ainsi sa croyance en face des barbares; il aura cru peut-être, en imprimant dans la pierre cette sainte devise, consacrer au dieu nouveau et lui recommander cette œuvre étrange de générations païennes.

Les détails où nous sommes entrés sur Pichmkh-kalé nous dispenseront d'insister sur les monuments analogues. Tout ce que l'on sait des hauteurs voisines qui paraissent avoir été appropriées aux mêmes usages, c'est que le roc y a aussi fourni les éléments de toutes les installations, les aires bien nivelées, les murs et les parapets, les magasins, les casemates, les escaliers. A lapuldaky il y a un passage souterrain qui conduit vers la plaine et vers un ruisseau; mais le fond en est comblé. Les voyageurs qui ont visité cette colline ne doutent pas quelle ait été habitée*; ils inclinent à croire qu'il y a eu là, établie sur une de ces esplanades artificielles, quelque demeure princière. M. Ramsay a levé le plan de cette acropole et de son enceinte. A Kumbet, les traces des habitations sont en partie cachées sous les maisons du village moderne ; on a pourtant pu dresser le plan d'une ancienne demeure (fig. 46). Dans la nécropole à'Ayazinn^ derrière la tombe hrixée, sur le plateau que supportent des escarpements où s'ouvrent partout des hypogées, on signale aussi des restes de ces mêmes travaux.

Si Ton trouve ainsi, au sommet de plusieurs de ces massifs, des vestiges du séjour de l'homme, l'endroit où ceux-ci sont le mieux marqués, c'est encore le plateau auquel s'adosse le monument de Midas ; il rappelle ces collines d'Athènes, le Pnyx et le Musée, où le roc, partout à nu sous les touffes d'asphodèle qui poussent dans ses fentes, témoigne de Tactivité laborieuse du peuple dont les maisons étroites se pressaient

K Râuth, Hmevon Trapezunt, p. 91.

2. Barth, Rphe von Trnppzunf, p. 93 et 94. Ramsay, Journal <tf Hellenk Studies, t. UI, p. 6 et 236-237.

et s'étageaient sur ces hauteurs \ Ici Taire du plateau est trop restreinte pour que Ton s'y figure une ville, au sens propre du mot ; mais les chefs de la tribu peuvent avoir eu là une résidence où ils passaient quelques semaines, au moment des cérémonies qui se célébraient autour des sanctuaires nationaux. Dans Tintervalle des fêtes où, deux ou trois fois par an, la foule accourait de très loin, il y avait toujours ici un noyau de population sédentaire, gardiens et prêtres attachés au trésor des princes, aux tombes royales et privées, aux rocs sculptés où se lisait le nom des ancêtres divinisés, aux autels et aux spéos de Cybèle. Les explorateurs futurs ne sauraient accorder trop d'attention à celle parcelle de terrain qui semble avoir été comme le centre officiel, comme le chef'lieu du canton où la race phrygienne a laissé les monuments les plus nombreux de ses cultes, de sa langue et de sa civilisation originale; ils devront en rapporter un plan détaillé, donner un relevé exact de toutes les dispositions curieuses dont la trace y est restée empreinte sur le roc, et ce document sera pour l'historien d'un prix inestimable.

On connaît maintenant tous les monuments de quelque importance que renferme le district qui paraît avoir été le centre politique et religieux du royaume phrygien; on a dû déjà remarquer combien la sculpture y tient peu de place. Nous ne l'y avons rencontrée que sous la forme du bas-relief, et encore n'y a-t-elle rien laissé qui se puisse comparer à ces cortèges dont la pompe se déroule au flanc des rochers de la Ptérie^ Pas un débris de statue; le seul monument auquel on puisse attribuer ce caractère est des plus grossiers. C'est l'image d'un béher plus grand que nature, qui a été découvert par sir Charles Wilson et M. Ramsay dans le cimetière turc près du village de Kumbet, où il gisait sur le sol, à demi couvert de terre ^ Les deux explorateurs, non sans peine, le dégagèrent et le remirent sur ses pieds. C'est un bloc de pierre ou plutôt une dalle rectangulaire, qui a 1",44 de long, 0", 76 de haut et 0",35 d'épaisseur. La dalle a été taillée, à Tune de ses extrémités, de manière que la tête fasse une forte saillie sur le corps. Cette tête a d'ailleurs beaucoup souffert; on n'y distingue

\ . Ramsay, Studks^ III, p. 6.

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