Histoire de VAtU t. IV, p. 530, o3o
2. M. Milchhôter voit dans co b(''lier un symbole funéraire et le rapproche de figures de
L'ouvrier phrygien, daiis ceux mêmes de ses ouvrages qui paraissent le plus anciens, a donc quelquefois tenté de reproduire la figure humaine; on en a encore la preuve dans l'image qui est voisine de l'un des sanctuaires du plateau auquel s'adosse le monument de Midas (fig. 101), image qui, sans être d'un dessin aussi rudimentaire que les cavaliers dont nous venons de parler, reste encore l'œuvre d'une main bien inexpérimentée; on ne peut dire qu'elle ait un style : c'est un travail d'enfant. Quant aux figures sculptées le long de la route qui monte à ce plateau*, il y a lieu de se demander si elles ne datent pas d'une époque très postérieure, du temps où l'on allait voir, comme une curiosité, tous ces monuments qui, vers le premier et le second siècle de notre ère, étaient en bien meilleur état qu'ils ne le sont aujourd'hui. On était (ilors, dans cette région, très sensible au prestige de ces mythes phrygiens qui, tout en ayant été adoptés et développés par la poésie et par l'art de la Grèce, n'en avaient pas moins conservé ici comme leur premier domicile et leur point d'attache; on se réclamait de ces souvenirs et l'on en tirait vanité ; c'est ce que démontrent ces monnaies qui portent sur une de leurs faces le nom et la tête de Midas (culde-lampe à la fin du chapitre). Il est donc très possible que quelque riche phrygien, contemporain d'Auguste ou des Antonins, ait alors fait sculpter sur le roc, dans ce site consacré par la tradition locale, des figures destinées à rappeler les principaux épisodes des vieilles légendes du pays. Dans l'un de ces bas-reliefs, M. Ramsay ne croît-il pas reconnaître Marsyas dépouillé de ses vêtements et lié par les bras à l'arbre fatal' ? Si le modèle de l'image parait être des plus médiocres, le thème, ainsi disposé, appartient à la statuaire grecque. Ce qui confirme celle hypothèse d'une origine récente, c'est que deux au moins des personnages de cette série sont nus; or, comme le démontre toute la suite des bas-reliefs syro-cappadociens, l'art primitif de la péninsule n'admettait pas la nudité du modèle, ne le représentait que vêtu. Enfin, on nous dit que quelques-unes de ces figures sont « excessivement
béliers, elles aussi décorées de bas-reliefs, que Ton a trouvées sur des tombes eu Arménie et dans le CaLUcaise {Widderdenkmâler aus Phrygien und Arménien, dans ArchsBO- Ufgische Zeitwig, 1883, p. 263); mais ces images arméniennes du bélier, dressées sur des tombes, appartiennent à l'époque chrétienne; Tune d'elles est môme datée de 1378. l\ parait bien hasardé de chercher à établir un lien entre des monuments que sépare un pareil intenralle de temps. L'explication que nous donnons permet de ne pas sortir du domaine de l'art primitif et s'en réfère à une disposition qu'ont accréditée, dans toute l'Asie antérieure, les exemples donnés par Babylone et Ninive.