‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 2)Chapitre 83 sur 412 · Xénophon, Anabaac, V, vi · texte numérisé non relu

Xénophon, Anabaac, V, vi

LES TOMBEAUX DE LA PAPHLAGONIE

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t3i. — Kastaiiiouni. Tomlie I. Le fronton. Hirschfeld, pi. V.

el la vue des modèles créés par une industrie savante ne furent pas sans éveiller chez eux le sentiment et le goût d'une certaine élégance. Il n'y a donc pas lieu d'être surpris si l'on rencontre dans les limites de leur territoire des monuments qui témoignent d'un effort assez puissant et qui ne sont pas dépourvus de noblesse.

.\u centre de la Paphlagonie, dans une vallée qui a toujours dû être une des parties les mieux peuplées du pays, près de la petite ville de Kaslamouni ou Kasiamboly on voit encore, creuséedansl'épaisseur d'un long rocher dont la hauteur est médiocre, toute une suite de caveaux*; le plan cijoint donnera une idée de la disposition de cet ensemble (lîg. 131). L'hypogée principal (1) est précédé d'un portique que forment, compris entre deux antes, deux piliers carrés, hauts d'environ quatre mètres. Ces piliers n'ont pas de base; ils se terminent à leur sommet par un chapiteau assez grossier, que constituent un cavet et un tailloir. Au-dessus, une architrave et un fronton, lequel a beaucoup souffert des intempéries (Hg. 132). Dans le tympan, à droite et à franche, on distingue deux quadrupèdes ailés, dont les quatre pattes posent sur le sol. La figure qui les sépare parait être celle d'une femme vêtue d'une longue robe. De ce vestibule, une porte qui n'est pas placée tout a fait au milieu du mur de fond conduit dans une chambre reclanji^ulaire, dont les parois sont dressées avec soin. On remarquera la forme du plafond ; elle imite la courbure du plafond d'une tente (fig. 133); le ciseau a copié dans le roc jusqu'aux rouleaux de bois qui, dans le fragile édifice de toile, soutiennent tout l'appareil.

A l'extrémité méridionale du portique, une petite porte, par laquelle on passe dans une seconde chambre de moindre dimension, où le plafond reproduit l'aspect d'un toit en charpente, avec sa maîtresse

i. Le nom <lc KastainoD ne parait dans Thistoire qu'au xii^ siècle de notre ère ; mais la présence en ce lieu de divers restes de Tantiquilé donne à croire qu'il y avait ii depuis longtemps un centre de population.

i:)3. — Kaslamouni. Tombe I.

Le plafond de la chambre. Hirschfcld, pi. V.

LA PHHYGIE.

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134.— Kastamouni. Tombe 2. Coupe transversale de la chambre. Hirschfeld, pi. V.

poutre (fig. 134j. Une banquette, dont la face antérieure a Tencadrement d'un panneau de bois, servait de lit funéraire. L'hypogée ne s'arrête d'ailleurs pas là. On arrive, en montant deux marches, à deux nouvelles chambres (3 et 4), dont la dernière seule renferme des couches préparées à même le roc (fig. 135). L'ensemble de ces pièces a, du nord au sud, un développement de 22", 7. Toutes les tombes que nous avons rencontrées jusqu'ici dans la péninsule n'avaient en général qu'une chambre, deux chambres tout au plus ; c'est la première fois que nous y trouvons une de ces suites de caveaux qui rappellent les sépultures de famille si nombreuses en Phénicie et en Judée.

Si cet hypogée n'avait pas encore été décrit avec précision, il avait

déjà été signalé par MM.Chanykof et Mordtmann; au contraire, M. Hirschfeldaété le premier à voir un autre tombeau, appelé Hambarkaïa ou « la roche de la grange », situé dans une partie de la basse vallée de l'Halys qui est marquée, sur la carte de Kiepert, comme terra incognita\ Le caveau est creusé dans la face septentrionale d'un massif qui se détache du corps de la montagne et qui s'avance, comme une sorte de promontoire, vers la rive droite du fleuve (fig. 136j. Cette face a 13"", 70 de haut; dressée à l'outil, elle présente une légère inclinaison en talus, tandis que toutes les lignes du portique qui précède la chambre funéraire ont été maintenues dans le plan vertical. Il en résulte que, devant ce portique, entre le bord du talus et le pied des colonnes, règne une marche, qui a 0'",74 de large sur près de 7 mètres de long (fig. 137). Taillés à même le roc, trois lions couchés forment à ce degré une espèce de balustrade; ils se présentent tous de profil, et leur flanc n'est pas modelé; il continue la pente du rocher. C'est à la silhouette du dos, de la tête et des pattes que Ion reconnaît l'animal. Exposées à la neige et à la pluie, ces figures ont beaucoup souffert; la pose paraît pourtant être à peu près celle des

1. Pour se rendre compte de la posilion du monument et pouvoir le retrouver sur le terrain, lire les indications que donne are sujet M. Hirscufeld, pp. 9-H de son mémoire.

2. M. Uirschfeld évalue à 12 degrés l'anfçle que ce talus fait avec la verticale.

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