‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 2)Chapitre 89 sur 412 · Iskelil). Tombe. IV. Plan. Ilirschfeld, pi. IV · texte numérisé non relu

Iskelil). Tombe. IV. Plan. Ilirschfeld, pi. IV

Le portique est encadré, comme à Hamharkdia, par un double bandeau (fig. 149). Les colonnes, hautes de 2", 80 sont des troncs de cône; le diamètre supérieur du fût est d'un tiers environ plus court que le diamètre inférieur (0°*,95), ce qui donne à ces supports une apparence très courte et très massive. Les bases ont beaucoup souffert. Point de trace de plinthe ni de listel; rien qu'un tore très saillant d'environ 1",40 de diamètre. Ce qu'il y a de plus remarquable, ce sont les chapiteaux. Ils sont rectangulaires ; hauts de0"\50, ilsonlO",95 décote et 0^,73 de face. Cette face est constituée par un mufle d'animal en dessous duquel se montre la partie antérieure des pattes.

Le (oui est très fruste. M. Hirschfeld croit pourtant pouvoir affirmer que le sculpteur a voulu figurer des masques de lion.

Les bases des colonnes, auxquelles répondent des an tes dépourvues de toute moulure, occupent toute l'épaisseur du portique ; on ne peut passer entre elles et le mur du fond (fig. 150). Sur la droite, à l'extrémité de la galerie, il y a une niche de forme irrégulière.

Une porte haute de 0"',80 conduit à un caveau élroildont le plafond, en forme d'ogive, n est pas, au sommet de la courbe, à plus de 1"',80 au-dessus du sol (fig. 151). Contre la paroi de gauche et contre celle du fond, un banc de pierre très bas; près de la porte, une lucarne à meneaux disposés en croix.

Il reste à signaler les particularités curieuses que présente le fronton. Pas plus ici qu'à Hamharkaïa y point de corniche qui l'entoure; c'est un simple triangle isocèle, haut de 1°*,25; un léger ressaut sépare du roc brut la surface dressée à l'outil (fig. 149). (;e qui surprend ici, c'est d'apercevoir dans le tympan deux figures d'enfants ailés; tournés l'un vers l'autre, ceux-ci semblent planer en Tair; l'un d'eux tient en main une bandelette et l'autre un fruit ou

loi

— Iskelib. Tombe IV. Coupe transversale sur le fond du caveau.

Hirschfeld, pi. VII.

un petit vase; ces images n'ont qu'un très faible relief et les détails ne se laissent pas très bien distinguer. Placer dans le champ d'un fronton des figures volantes, c'est une idée bizarre, qui convient mal au goût simple et sobre de la haute antiquité ; il y a là une première raison de douter que cette décoration soit aussi ancienne que le tombeau. Ce qui confirme cette impression, c'est le choix même du type; il est difficile de ne pas y reconnaître celui de l'Eros grec, qui, dans les bas temps, est devenu un des lieux communs du répertoire de Tornementation * ; l'exécution, aisée et molle, a d'ailleurs toute l'apparence des œuvres de l'époque romaine. A ce détail près, le lomhediU d'Iskelib a le même caractère que les autres monuments desquels nous l'avons rapproché; comme eux, il porte la marque d'un temps où l'influence de l'art hellénique n'avait pas encore pénétré dans l'intérieur de la péninsule. La conclusion qui s'impose à l'esprit, c'est donc que les Amours sont une addition très postérieure, faite quand, au second ou au troisième siècle de notre ère, quelque nouvel hôte voulut prendre possession de la tombe depuis longtemps abandonnée. Nous avons déjà signalé en Phrygie, à propos du tombeau de Solon, un exemple certain de Tune de ces appropriations tardives (fig. 89). Grâce à ce procédé, on pouvait se donner le luxe d'une riche sépulture à peu de frais; on creusait une seconde chambre, on restaurait la façade, on gravait une inscription au-dessus de la porte, et la prise de possession était chose accomplie*. Ici, ce qui suggéra la pensée de compléter ainsi le décor, ce fut sans doute que le fronton était resté vide, comme dans une des façades de Kastamouni et dans celles A'Iskelib. Le sculpteur trouvait là un champ tout préparé : il en profita pour y ciseler, d'une main rapide, deux images banales; c'était rajeunir le vieux monument et l'habiller au goût du jour.

Un dernier tombeau du même genre a été relevé par M. Hirschfeld, dans le Pont, à Tokat; le portique n est soutenu que par un pilier, le caveau est petit et irrégulier \ On signale encore deux autres monuments qui paraissent appartenir à cette même série; ils se trouvent en Paphlagonie, l'un près de Tach-keupni, l'ancienne Pompeiopolis, l'autre près de Tchangri, autrefois Gangra *.

\ . Sur un grand sarcophage de Sidyma en Lycie, qui est au plus tôt contemporain des Antonins, des Amours nus et volants décorent, comme le fait remarquer M. Hirschfeld, les acrotères des angles du fronton (Benndorp, Rehen in Lykien und Corien, 1. 1, p. 80).

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