Josèphe, Antiquités, XV, xi
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ceinte du Moria avant les grands travaux d'Hérode ; ce prince avait d'ailleurs laissé subsister, sur Tune des faces de Tenceinte, à l'orient, les substructions du portique de Salomon.
Le grand appareil que nous avons décrit pourrait donc très bien remonter à l'époque de Salomon, comme Saulcy l'a toujours affirmé avec une conviction si passionnée*; cette opinion n'a rien qui soit en désaccord avec ce que l'histoire nous apprend au sujet des bâtiments du fils de David; elle trouverait une confirmation indirecte dans ce que nous savons des méthodes familières aux ouvriers phéniciens. Beaucoup de blocs encore en place dépassent les dimensions indiquées par la Bible, et nous avons rencontré le refend, en Phénicie, dans un édifice qu'il y a toute raison de croire antérieur à la période grécoromaine, dans un des tombeaux d'Arad*. D'autre part, Salomon, pour créer les aires spacieuses dont il avait besoin, n'a pas pu ne point construire des murs soutenant les terres rapportées et formant terrasse, comme ceux que nous avons rencontrés tout autour du Haram. Au premier moment, on serait donc tenté de croire qu'il est inutile de pousser plus loin cette recherche; mais l'histoire du temple, que nous avons entrepris de conduire jusqu'au bout, va nous montrer à quelles difficultés se heurte cette hypothèse.
Sous les rois de Juda, il y eut des travaux de restauration et même d'agrandissement. Une caisse, entretenue par des ofiTrandes volontaires, permit à plusieurs reprises de consolider et de réparer les bâtiments et les murs qui avaient souffert. Il est question aussi de maintes additions aux bâtiments de Salomon qui eurent pour objet d'élargir les cours et d'agrandir les dépendances du temple. Cependant l'histoire n'a pas conservé le souvenir de travaux qui, par l'effort et la dépense qu'ils auraient coûtés, fussent comparables à ceux que Salomon avait dû entreprendre pour asseoir sur le Moria ses palais et son temple; la royauté juive a d'ailleurs mené une existence trop précaire pour qu'il lui fût possible de tenter rien de pareil. On put satisfaire aux besoins nouveaux en tirant un meilleur parti des surfaces existantes; il suffit peut-être, à cet effet, de quelques remblais et de quelques dallages; mais il est difficile de croire que, dans ces temps troublés^ on ait beaucoup ajouté au gros œuvre des substructions massives.
i. De Saulcy, Histoire de l'Art judaïque, in-8*, 1858. Voir aussi son Mémoire sur les divers appareils de mnçonnetne employés dans l'enceinte du Haram-ech-Chénf de Jérusalem {Mémoires de V Académie des Inscriptions^ t. XXVI, 1'« partie).