‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 3)Chapitre 150 sur 381 · ON · texte numérisé non relu

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L'ÉLÉVATION DU TEMPLE. 277

aspect si imposant, a-t-elle été bâtie sous les derniers Asmonéens ou sous la dynastie iduméenne? On l'ignore; ce qui est certain, c'est que Ton n'y sent nulle part l'influence du style grec, qu'elle est tout entière dans l'esprit et dans le goût du constructeur phénicien (fig. 139). On y retrouve cette alternance de faces saillantes et de faces creuses qui décore à l'extérteur le haut du mur d'Hérode. C'est cette ordonnance caractéristique, ainsi consacrée par une tradition qu'attestent des monuments situés sur deux points différents de la Judée, que nous avons transportée ici, et nous l'avons encadrée dans un appareil lisse pour donner plus de variété à l'aspect de cette grande surface murale. Nous avons gardé le refend pour toute la partie inférieure, pour celle qui joue plus particulièrement le rôle de soubassement. Sur la tête du mur, nous avons placé une corniche très simple que surmonte un crénetage analogue à celui que les Phéniciens ont employé volontiers comme ornement*. Il ne faut d'ailleurs pas oublier que le temple est aussi, dans un certain sens, une forteresse. C'est ce qui explique les tours de guet crénelées, à deux étages, que nous avons placées aux quatre coins de l'enceinte. Quant aux fenêtres qui s'ouvrent, à différentes hauteurs, dans le nu du mur, outre qu'elles en rompent la monotonie, on peut supposer qu'elles éclairent quelques-unes de ces pièces souterraines ou de ces galeries qui existaient en si grand nombre dans le sous-sol du temple. Notre planche III, la ime perspective de l'angle nord-est du soubassement, donne une idée du genre de beauté que présentait une muraille comme celle qu'avaient édifiée pour Salomon ses maçons giblites. L'impression qu'elle devait produire est à peu près celle que l'on éprouve en face d'un mur hellénique, par exemple au pied des remparts de Messène; on retrouve ici, avec une hauteur plus imposante, la même unité, la même harmonie, la même simplicité grandiose. C'est sur un contrefort bâti dans le même appareil, au-dessus de la vallée, que passe le chemin par lequel on arrive à l'entrée principale du temple. Pourtant point de pylône, mais seulement deux piliers à la porte par laquelle on débouche sur la première esplanade, sur celle qui enveloppe tout le monument. Ce n'est ici, à vrai dire, qu'une avantporte, qu'une ouverture percée dans le mur extérieur; on n'est pas encore au seuil de l'enclos sacré. En Egypte aussi, sur certains points des enceintes qui entourent les temples, il y a de ces portes sans pylônes, dont l'ensemble ne fait qu'une légère saillie sur la crête et sur la face du mur-.

\. Histoire de l'Art, t. UI, pp. 13^-n2; fi?. 77 et 78. 2. JhùL, t. I, p. ni: fif?. 206.

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De quelque côté que l'on arrive et que l'on se promène sur ce premier terre-plein, on a devant soi le mur de 6 coudées qui forme la limite où, dans le temple d'Hérode, les païens devaient s'arrêter, sous peine de mort*. Sur ce mur s'appuient, avec un léger retrait, les constructions qui entourent le parvis d'Israël. Les pièces qu'elles renferment prennent jour, par derrière, sur le Parvis des Gentils : par devant, elles s'ouvrent, suivant leur situation, soit sous le portique, soit sur le dallage du parvis d'Israël (fig. 140). Nous voyons partout aux fenêtres ces barreaux immoBiles ou meneaux de pierre que le texte mentionne plus d'une fois et que nous avons déjà rencontrés en Egypte*. Aux (juatre coins, quatre petites cours qui font pendant aux quatre tours do lu grande muraille ; ce sont ces cuisines qu'Ézéchiel place justement dans ces angles ^ Partout ailleurs des maisons et des portiques couverts de toits plats, de terrasses. La terrasse était déjà dans l'antiquité, comme elle l'est encore de notre temps, le mode de couverture qu'emploie de préférence l'architecture syrienne; d'ailleurs, dans le récit du siège de Jérusalem par Titus, on voit les soldats romains livrer bataille aux Juifs sur les terrasses des portiques du temple.

La porte que nous trouvons devant nous peut être prise comme type de toutes les portes que nous rencontrerons aux autres entrées des deux cours et devant le temple. Il y a d'abord une baie qu'épaulent deux contreforts et que couronne la gorge égyptienne. On sait quel usage constant les architectes phéniciens ont fait de cette moulure empruntée aux édifices de la vallée du Nil*; en Judée même, on la retrouve jusque dans un monument qui, à en juger d'après les éléments qu'il renferme, ne peut être antérieur à l'époque des Séleucides : nous voulons parler de celui qui est connu sous le nom de Tombeau (TAbmlojn, Pour donner une idée du caractère de ces tombeaux voisins de Jérusalem, nous ajoutons ici à une vue pittoresque de cet édifice, moitié taillé dans le roc, moitié construit en grand appareil (fig. 141}, une partie de l'élévation , celle où se trouve , comme dans le tombeau dit de Zacharie, cette moulure tout égyptienne (fig. 142). On a donc le droit de supposer que cette corniche, placée au-dessus de l'architrave, figurait ici dans tous les entablements. Cette baie forme, avec le vesti-

1. JosÈPHR, Ant.jud., XV, xi, 5. Une des stèles sur lesquelles cette défense était gravée en grec a été retrouvée par Clermont-Ganneau {Revue archéologique, n<> 5, t. XXIÏÎ. pp. 214-234 et 290-296, pi. X).

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