‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 3)Chapitre 155 sur 381 · Le pylône d'après · texte numérisé non relu

Le pylône d'après

l'interprétation ordinaire

du texte d'Ézéchiel.

L'ÉLÉVATION DU TEMPLE

Celui-ci comporte, à rinlérieur, des colonnes de bois ou de métal disposées sur deux portiques, et, par devant, une file de piliers de pierre. Pas un mot du texte ne nous en indiquait les proportions ou la forme ; on reconnaîtra, dans les chapiteaux, ces volutes superposées qui se rencontrent si souvent dans les stèles cypriotes, sur Farchitrave, la rosace et sur le devant du pilier, les palmettes dont les décorateurs phéniciens font un si fréquent usage. Dans une salle que les explorateurs anglais ont visitée sous le sol actuel du Tyropœon, au-dessous

147. — Pilasti'e d'une salle souterraine. Recovery, t. I, p. 89.

de V arche de Wilson, et dont les murs présentent le même appareil que la partie la plus ancienne de Tenceinte du Haram, il y a aux quatre coins des pilastres; autant que nous pouvons en juger par le médiocre croquis qu'ils en ont donné (fig. 147), les chapiteaux que surmontent ces pilastres offrent cette superposition des volutes qui était dans les traditions de Tart phénicien*.

La cour intérieure est assise sur une plate-forme qui déborde tout

i . Celte salle est celle que les Anglais ont appelée la salle maçonnique {Recovery, t. I, pp. 86-89). Elle date au moins du règne d'Hérode : « Elle a Tair, dit le capitaine Warren, d'être, avec les murs du sanctuaire, la plus ancienne construction qui soit visible k Jérusalem, » et nous nous demandons si elle ne serait pas plus ancienne, si elle ne remonterait pas par exemple aux Asmonéens. Le chapiteau est bien moins grec de forme que celai des tombeaux de la vallée du Gédron; il se rapproche bien moins des types classiques.

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autour des bâtiments (fig. 148); Tespace compris entre le pied des constructions et le bord de cette terrasse doit être le dallage supérieur. Celui-ci est porté par un mur de soubassement auquel doit s'appliquer un passage du livre des Rois, qui a été mal compris : « Salomon bâtit la cour intérieure au moyen de trois rangées de pierres de taille et d'une rangée de poutres de cèdre*. » On a cru qu'il s'agissait d'une balustrade en planches de cèdre posée au-dessus de la troisième assise, de l'assise supérieure du petit mur; mais il faut forcer beaucoup le sens des termes pour les expliquer ainsi. On se tient bien plus près du texte en supposant la rangée de poutres perpendiculaire à la direction du mur. Engagées par leurs deux extrémités dans des trous préparés pour les recevoir, les poutres s'appuieraient d'un côté sur le mur des bâtiments que portait la terrasse, et, de l'autre, sur le mur bas qui la termine (fig. 149). Très rapprochées, ces poutres pouvaient supporter une mosaïque ou un léger dallage.

Nous avons indiqué la disposition des édifices qui entourent cette cour; on fera seulement observer ici que les boucheries sont à ciel découvert; en cas de pluie, le portique sur lequel s'ouvraient ces pièces fournissait un abri suffisant. Moins profond que celui de la première cour, ce portique n'avait que des piliers de pierre; style et proportions, tout y devait ressembler à ce que nous avons placé dans le parvis d'Israël; peut-être la décoration était-elle ici plus riche.

Nous ne cherchons ici qu'à donner une idée du caractère des élévations, telles qu'on les aperçoit dans une vue d'ensemble qui ne comporte pas de détails ; nous n'essayerons donc pas de restituer le chapiteau compliqué de ces deux colonnes de bronze, Iakin et Bo*az, comme on les appelait, qui sont décrites avec tant de complaisance par les auteurs des livres historiques et par Jérémie. Pour le moment une seule question nous intéresse, savoir où étaient posées ces colonnes et quel rôle elles jouaient. D'après certains interprètes, elles auraient fait partie intégrante de l'édifice ; elles auraient soutenu soit le linteau de la porte, soit, en avant de celle-ci, une corniche saillante en forme d'auvent*; d'après les autres, elles auraient été dressées devant le temple, mais sans faire corps avec lui^ Les textes ne suffisent pas à

i. I Row, VI, 36. Il est dit un peu plus loin (vu, 12) que la cour et le portique du palais étaient entourés d'une clôture du même genre.

2. C'est ainsi que les a placées M. de VogCé, /e 2Vmp/e, pi. XIV.

3. De Saulcy, Histoire de l'Art Judaïque, 2" édition, 1864, Plan du temple de Salomon, K, L.

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L'ELEVATION DU TEMPLE

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