Josèphe, Ant. jud., VHI, m
Googl(
L'ELEVATION DU TEMPLE. 295
disposition les forêts du Liban, alors si riches en essences précieuses et en arbres plusieurs fois séculaires. De belles pièces de bois, d'une grandeur et d'une résistance exceptionnelles , c'était un des luxes que recherchaient le plus les architectes d'alors et les princes pour lesquels ils travaillaient.
Nous connaissons les hauteurs du hécal et du debir, au moins pour le temple de Salomon * ; elles étaient de 30 et de 20 coudées. Mesurée à l'intérieur, l'élévation du vaisseau décroît ainsi, de l'entrée au fond, comme dans les temples égyptiens. Cette différence de hauteur ne s'accusait pas extérieurement , croyons-nous , par un ressaut de la toiture; nous avons supposé, avec divers interprètes, au-dessus du Debiry une chambre haute de 10 coudées qui permet de continuer jusqu'au bout la ligne horizontale de la terrasse; c'est ce que montre notre planche V, qui donne une vue latérale du temple, prise au nord du parvis d'Israël*. Le décrochement du toit aurait produit à Tœil un mauvais effet; il aurait donné à la partie postérieure de l'édifice quelque chose de grêle et d'étriqué. Nous avons remédié ainsi à l'un des défauts que présente la physionomie du monument dans la plupart des essais de restitution qui ont été proposés ; mais il restait encore une difficulté que nous ne pouvions méconnaître. Entre ce grand pylône de 120 coudées et le bâtiment de 30 coudées qui y est attenant, il semblait y avoir une disproportion fâcheuse, qui aurait surpris et inquiété le spectateur, et ce qui la rendait plus sensible encore, c'était l'aspect mesquin que l'on avait toujours donné à ce bâtiment, composé de trois étages de cellules, qui, dans le temple d'Ézéchiel comme dans celui de Salomon, entoure le sanctuaire; on s'était contenté d'élever des murs verticaux dans lesquels on avait percé de petits jours qui ressemblaient à ceux d'une manutention. Les murs qui séparent les cellules donnent en plan de véritables éperons; ce caractère, qu'ils tiennent des dispositions de l'édifice, nous le leur conservons en plaçant les fenêtres des trois étages de cellules dans un mur de remplissage disposé en arrière-plan sur une faible profondeur. Les extrémités de ces cloisons forment ainsi autant de piliers d'une saillie très marquée, où l'alternance des creux et des
i. IBoîs, VI, 2, 20.
2. Les Chroniques semblent faire allusion à ces chambres supérieures^ comme elles les appellent (f, xxviir, il; fl, in, 9). Voir la note de Reuss sur I Rois, vi, 20. Un des savants qui, dans notre siècle, se sont occupés de la restauration du temple, a eu, à propos de la desUnation de cette chambre située au-dessus du debir, une idée vraiment plaisante; il imagine d'y placer un puissant appareil électrique qui devait faire paraître le feu du ciel dans le temple et y figurer la présence de Uieu au milieu des orages.
Googl(
LA JUDEE.
pleins contraste avec la solidité des angles. Le fort relief de la corniche et le crénelage qui la surmonte achèvent de donner à ce bâtiment une assiette et une fermeté de lignes qui ajoutent beaucoup à Tampleur du massif en avant duquel se dresse le pylône. Pour que ce massif fût visible tout entier, nous avons, dans la planche V, supposé qu'au moment où la vue est prise, Tédifice latéral, celui qui sépare le parvis d'Israël de la cour de 25 coudées attenante au temple, est encore en
construction ; achevé, il aurait dérobé à la vue ce que nous tenions à montrer.
Avec sa toiture, le troisième étage des cellules arrive à 20 coudées. Il est dépassé de 10 coudées par le mur du sanctuaire. C'est dans cette partie de l'édifice que sont les deux fenêtres qui éclairent le hécal; une troisième donne du jour à la chambre que nous avons placée au-dessus du debii*; celui-ci ne reçoit de lumière que par la porte (fig. 134).
La partie inférieure du mur extérieur du sanctuaire est à gradins; à la hauteur de chacun des étages de cellules, il recule d'une coudée; ces retraits successifs le font diminuer d'épaisseur à mesure qu'il monte, en même temps qu'ils permettent d'agrandir les cellules, qui ont 5 coudées au rez-de-chaussée, 6 au second, 7 au troisième. Un croquis très simple fera comprendre cette disposition, telle du moins que permet de la comprendre la description des Rois (fig. 152)*. Engagées par un bout dans les piliers qui séparent les cellules, les poutres qui soutiennent les planchers posent par leur autre extrémité sur les ressauts du mur. Bien moins claire, la description d'Ézéchiel semble faire allusion à quelque autre arrangement plus compliqué.
1. Le croquis ci-joinl a été composé par M. Chipiez de manière à s'adapter à la fois à la description des jRois et à celle d'Ézéchiel. Celui-ci donne 4 coudées de profondeur à ses cellules du rez-de-chaussée (xli, 6); nous supposons cette mesure prise entre le pied du mur du temple et les éperons du bâtiment latéral. Ceux-ci font une saillie d'une coudée sur le mur de remplissage; ce dernier mur est donc à une distance de o coudées de la muraille du temple. On aurait eu 4 ou 5 coudées, suivant que Ton aurait mesuré rintervalle sur les faces saillanles ou sur les faces creuses du bâtiment latéral.
152. — Le temple et les chambres latérales. Coupe transversale.
Googl(
UT
eu co