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L'ÉLÉVATION DU TEMPLE. ti97
Nous ne parlerons pas ici de la richesse qui avait été déployée à rintérieur du sanctuaire, des parquets, des lambris, des plafonds de cèdre, du placage en or dont le bois était revêtu sur Tautel que renfermait le hécal^ sur les battants des portes, sur les cloisons du debir. La vue d'ensemble que nous expliquons et même les vues partielles qui nous ont servi à mieux faire saisir Taspect de certaines portions du monument ne comportaient pas ces détails. Nous renverrons à un autre chapitre ce qu'il y a à dire du mobilier et de la parure du temple; nous ne nous occupons ici que des masses, nous ne voulons que marquer le caractère des divisions principales de Tédifice. Ce caractère est facile à saisir. Le temple ressemble au palais d'un souverain oriental. Ce palais a son antichambre, le vestibule; quant au hécal, c'est la salle d'audience du roi divin qui, comme un prince de la terre dans son harem, réside et se dérobe aux regards dans l'inaccessible et mystérieux debir^ dont l'entrée est fermée par un rideau que la main seule du grand prêtre soulève de loin en loin. Autour du palais sont d'amples communs, d'abord les petites chambres adossées à l'édifice, resserres et magasins, puis les bâtiments plus spacieux où habitent les courtisans et serviteurs du monarque, les prêtres et les ministres de toute espèce qui remplissent auprès de lui des fonctions d'un ordre plus ou moins élevé.
Quant à l'édifice mystérieux qui occupe l'arrière-cour, nous ne pouvions avoir à son propos qu'une ambition, lui donner, en élévation, un aspect qui fût en rapport avec l'idée que nous nous sommes faite de son plan. Séparé de la cour du temple par un portique à claire- voie, il est isolé dans l'arrière-cour; la gorge égyptienne en couronne les lignes horizontales. Le péristyle qui le précède est plus élevé que le reste du temple (fig. 134 et 13?, pi. V). C'est là une disposition qui est constante dans les édifices religieux de la vallée du Nil. Or, parmi les cultes étrangers qui se célébraient aux portes mêmes de la maison de lahvé, il y en avait au moins un qui venait en droite ligne du Delta : c'était celui aux cérémonies duquel le prophète assiste en regardant par le trou du mur ; il y voit balancer l'encensoir devant toutes sortes de reptiles et d'animaux immondes *. Ézéchiel fait certainement allusion ici à des dieux à tête de serpent, de bœuf, de chatte, de crocodile, d'épervier, à tous les personnages connus du panthéon égyptien. Si ces types divins étaient honorés sur le Moria, n'était-il pas naturel que l'édifice