‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 3)Chapitre 175 sur 381 · Ibidem, pp. 223-224, fig. 82 et · texte numérisé non relu

Ibidem, pp. 223-224, fig. 82 et

3. stade, dans sa restitution {Geschichte der Volkes Israël, 1. 1, p. 332), s'est tenu plus près du texte que M. de Vogué. II a très bien vu que le chapiteau devait avoir une forme sphéroïdale; il a placé les deux rangs de grenades non sur une moulure secondaire, mais sur le ventre même, sur cette partie bombée dont il a senti l'importance ; mais son chapiteau ne rappelle pas, même de loin, la fieur de lis ou de nénufar : il ressemble un peu à une grosse pointe d'asperge. Le fût est aussi d'une nudité mesquine ; on dirait un canon.

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de la colonne et, d'autre part, le compté en est plus aisé; il suffit de le faire pour une des faces, et le plus simple de^ calculs fournil le total que nous a transmis l'historiographie hébraïque. Les deux plans cijoints (fig. 165 et 166) concourront, avec l'éléVàtion géométrale donnée dans les planches VI et VII, à faire comprendre l'économie du système que nous avons adopté.

Dans cette disposition, ce n'est plus sur une moulure secondaire, comme le tore, que se développe le treillis; il vient recouvrir tout le champ de la partie bombée qu'encadre, par le haut et par le bas, le double cordon de grenades. Comme il occupe plus d'espace, les mailles s'élargissent; le réseau qui les forme prend une saillie plus franche et plus ferme ; cet ornement acquiert ainsi une valeur décorative qui est mieux en rapport avec l'importance que lui attribue la description. La grenade est bien un ornement phénicien ; sur ces stèles carthaginoises, dressées en l'honneur de Tanit face de Baal ^ que nous possédons maintenant en si grande quantité, le lapicide a plusieurs fois représenté des colonnes isolées, semblables à Iakin et Bo'az, qui portent à leur sommet une ou plusieurs grenades (fîg. 167 et 168). Il est probable que ce fruit avait un sens symbolique ; les nombreux pépins qu'il renferme étaient l'emblème de la vie et de sa puissance de renouvellement.

Avec le parti que nous avons pris, on s'explique d'ailleurs aussi très bien les différentes indications de hauteur que renferment les textes. Le plus explicite de ceux-ci assigne au chapiteau d'abord cinq, et plus loin quab'e coudées; des termes mêmes de ces passages il résulte que la première cote s'applique à l'ensemble, et la dernière à la partie de cet ensemble qui fait particulièrement songer à une fleur. Il y a donc, au-dessus ou au-dessous du chapiteau, un membre secondaire, d'une coudée de haut. Au-dessous, ce ne pourrait guère être qu'un tore, employé comme transition entre le fût et le chapiteau; mais, étant donnée la forme que celui-ci a reçue dans notre restitution, ce mode de liaison devenait inutile, et il convenait plutôt de chercher un motif qui terminât d'une manière heureuse la colonne. Ce motif, nous croyons l'avoir trouvé dans l'espèce de fleuron ou de bouton hémisphérique qui se superpose au chapiteau ; le tour de ce bouton est orné de ces pétales de lotus dont les décorateurs phéniciens ont fait un si fréquent usage. Il a une coudée de haut; il y en a quatre entre son bord inférieur et la naissance du chapiteau, ce qui répond à la donnée du livre des Rois; quant à la fleur, elle a trois coudées, ce qui concorde avec les chiffres donnés par les Chroniques.

TOMK IV. 41

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LA JUDEE.

Le fût nous retiendra moins longtemps que le chapiteau ; il y a lieu pourtant ici encore de justifier notre interprétation. Nos prédécesseurs ont esquivé la difficulté : ils ne se sont occupés que du chapiteau; quant au fût, ils se sont contentés d'en indiquer la naissance;

IGu. — Projection du chapiteau à la liauteur de Tastragale. Restitution de Oh. Chipiez.

mais, au peu qu'ils en montrent, on voit qu'ils le supposent lisse. S'ils avaient entrepris de restituer, dans cette donnée, l'ensemble de la colonne, ils auraient sans doute été les premiers à sentir les mauvais effets de cette disposition; le contraste aurait été choquant entre la pauvreté de ce long tube sans ornement et la complication du chapiteau qu'il aurait porté à son sommet. Lui aussi, le fût devait donc avoir sa décoration; mais celle-ci, il faut bien l'imaginer, Tinvenler

tout entière; il n'y a pas un mot, dans les textes, qui permette d'en deviner le caractère. L'archéologue a donc le champ libre; seulement il devra choisir des motifs qui ne fassent point disparate avec ceux du chapiteau; on peut exiger que, comme ces derniers, ceux qui se déve-

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166, — Projection supérieure du chapiteau. Restitution de Oh. Chipiez.

lopperont sur le fût soient tout ensemble dans l'esprit de la matière d'où ils seront tirés et dans la tradition, dans le sentiment de l'art phénicien.

Il est dit que les chapiteaux étaient fondus à part; on sera peut-être tenté d'en inférer que le reste de la colonne était tout d'une pièce. Cependant, quelque habiles que l'on suppose ces artisans phéniciens dont Hiram est ici le représentant, il est difficile de croire qu'ils aient

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LA JUDKE.

entrepris de couler ainsi dans un moule unique et d'un seul jet un cylindre de plus de 9 mètres, surtout quand rien ne les obligeait à risquer ce tour de force. Il était bien plus aisé d'exécuter et de monter là colonne par tamboqrs; ce procédé simplifiait toutes les phases de Topération, la fonte, le transport et la mise en place. Les joints auront été dissimulés par des ceintures de métal, où Ton a pu donner une valeur décorative aux têtes des gros clous qui servaient à réunir leç tambours; mais une ornementation où auraient dominé les bandes horizontales aurait rapetissé la colonne ; cet effet d'optique est bien connu.

11 fallait donc trouver les éléments d'une ornementation verticale qui conduisît l'œil jusqu'au ctiapiteau, qui allongeât ainsi le fût et lui donnât plus de sveltesse; c'est ce que nous avons cherché, sans recourir pourtant à la cannelure; celle-ci ne se rencontre pas d'ordinaire dans la colonne assyrienne, pas plus dans les quelques fragments qui s'en sont conservés que dans les images qu'en présentent les monuments. Au bas du fût, nous avons dessiné des formes végétales d'où sortent des tiges qui passent par-dessus les ceintures horizontales et qui viennent s'épanouir en fleur sous le chapiteau ; elles créent et elles limitent ainsi des faces qui, dans la partie inférieure de la colonne , sont toutes garnies par des ornements gravés à la pointe ; au-dessus du premier tambour, ceux-ci ne remplissent plus qu'un compartiment sur deux; dans l'autre, le métal demeure lisse. Le motif que nous avons choisi pour décorer ces champs est cette espèce de palmette qui est d'un usage si fréquent en Phénicie, qu'on l'a quelque-

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