‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 3)Chapitre 187 sur 381 · Louis Lartet, Géologie de la Palestine, p · texte numérisé non relu

Louis Lartet, Géologie de la Palestine, p

3. Louis Lartet, dans une lettre adressée à M. Al. Bertrand et oitée par celui-ci (Archéologie celtique et gauloise. Didier, in-8, p. n2).

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pierre n'a pas été touchée par routil, on n'a aucune raison de croire qu'ils n'appartiennent pas aux Hébreux ou à l'un de ces peuples au milieu desquels ils ont vécu pendant plusieurs siècles? Ces peuples, et avec eux les Israélites, ont très longtemps employé la pierre brute, et, comme nous le verrons en étudiant les plus anciennes formes et les plus vieux monuments du culte de ces tribus, la pierre brute passait encore, sous les rois, pour être plus agréable à lahvé que la pierre taillée. La roche se montre partout à fleur de sol dans l'âpre et montueuse contrée qu'habitèrent les Hébreux, avant et après leur entrée dans la terre promise ; la terre végétale n'y forme une couche épaisse et profonde que dans les plaines de Gaza et d'Esdrelon, sur quelques points de la Galilée, dans le Ghôr^ comme on appelle la dépression profonde où coule le Jourdain, et dans les vallées qu'arrosent quelquesuns des affluents de sa rive gauche ; l'idée d'utiliser les éclats du roc fut une des premières qui vinrent à l'esprit de ces populations. Aujourd'hui encore, en parcourant la Syrie, j'ai rencontré plus d'une fois des monceaux de pierres dressés au bord du chemin; les Arabes de l'escorte se dérangeaient pour aller y ajouter leur caillou; interrogés à ce sujet, la plupart du temps ils ne savaient pas dire quand et à propos de quoi on avait commencé le tas*. C'est la Bible qui nous donne l'explication de cet usage. Quand Jacob et Laban, avant de se séparer, concluent un pacte d'alliance, ils érigent, au lieu de leur dernière rencontre, un monceau de pierres que Jacob appelle Djel-aady « le monceau témoin* ». Josué fait de même, après avoir franchi avec son peuple le gué du Jourdain^ Ailleurs il s'agit de blocs isolés dont la base est enfoncée dans le sol et qui se tiennent debout, comme nos menhirs bretons. « Josué prit une grande pierre, qu'il dressa là sous le chêne qui était dans le lieu consacré à lahvé. Et Josué dit à tout le peuple : Voici, cette pierre servira de témoin contre vous, car elle a entendu toutes les paroles que lahvé vous a dites* ». C'est toujours l'idée de laisser siu* le sol une marque qui suppléera aux défaillances de la mémoire; la tradition orale, de génération en génération, se chargera de rappeler l'événement à l'occasion duquel ce signe aura été posé. Rien de plus naturel que d'employer aussi ce moyen pour signaler l'endroit où aura été enseveli un personnage de quelque importance ;

1. Sur cette habitude, voir Conder, Heth and Moab, pp. 207-209, et De Sadlcy, HUtoire de Vart judaïque, p. 73.

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