Toinl3cau de Medam-Salih. Euting, p. i.ï
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premiers rois de Juda (fig. 106)'. Ce monument est au sud des autres tombes plus modernes, à l'entrée du village deSelwan, autrefois Siloam. Quiconque a visité Jérusalem n'a pas oublié ce hameau d'un aspect étrange, ses maisons grises appliquées contre le rocher gris, dont elles ne se distinguent à l'œil que par la foule des femmes et des enfants qui sont accroupis sur les terrasses (fig. 182). Un chemin en pente raide, où le pied des chevaux et des mulets glisse sur le roc, descend au Cédron, et, un peu plus bas, vers la rencontre des deux vallées qui se rejoignent au-dessous de la piscine de Siloam, il y a des terrains, assez bien arrosés, qui occupent la place de l'ancien Jardin du roi^.
1. A ea croire MM. Guérin {Description de la Palestine. Partie II, Samarie^ t. II, pp. 90-104) et DE Saulcy {Voyage en Terre Sainte f t. II, p. 233), il y aurait en Palestine un tombeau bien plus ancien que celui de Siloë; ce serait cet bypogée dans lequel Tun et l'autre veulent reconnaître le propre tombeau de Josué, « contemporain de Josué luimême ». Nous ne discuterons pas ici les raisons qui ont conduit les deux voyageurs à voir dans le Kharbet Tibneh, au cœur des monts d'Kpbraîm, la ville de Timnatb-Serah ou Timnat-Heres où mourut et fut enseveli Josué et, dans la grotte funéraire voisine, la sépulture du patriarche. U est possible que ce soit là le tombeau qu'on montrait comme celui de Josué au temps d'Eusèbe et de saint Jérôme, ou même au temps des Septante; mais on ne saurait trouver dans la disposition et l'exécution du monument aucun indice qui autorise l'archéologue à lui attribuer une antiquité aussi reculée. C'est une tombe de famille, toute semblable à celles que l'on creusait encore en Palestine au temps où fut rédigée la Mishna ; elle ne diffère à aucun égard du type dont nous offrons plus loin un échantillon. De Saulcy donne un croquis de l'élévation de la façade (p. 227); or, autant que l'on peut en juger par cette esquisse, les pilastres qui la décorent ont tout l'air de pilastres gréco-romains. Toute fruste qu'elle soit, la décoration de la façade intérieure, sur la cour, avec ses rosaces et avec ses guirlandes que de Saulcy prend pour des urœus (sur ce détail, M. Guérin se sépare de lui), rappelle Tornementation des tombeaux de la vallée du Cédron (vignette de la page 232). C'est aussi l'impression de Conder, qui s'est beaucoup occupé des tombes juives, qui en a visité et relevé un grand nombre [Falesiine exploration fund, Svrvey, Memoirs, t. II, p. 377). Sans l'identification proposée entre le Kharbet Tibneh et Timnath, rapprochement qui est contesté, jamais on n'aurait songé à vieillir si fort cette tombe, à la regarder comme antérieure de plus d'un millier d'années à telle autre toute pareille qui date du premier siècle de notre ère. On se prévaut aussi, pour attribuer cette tombe à Josué, du fait que l'on y retrouve des couteaux en silex, et que Ton aurait enseveli avec Josué les couteaux de pierre dont les Hébreux s'étaient servis pour la circoncision ; mais des couteaux de ce genre ont été retrouvés sur beaucoup d'autres points de la Palestine (Guérin, p. 103 ; De Saulcy, Voyage en Terre Sainte, t. U, p. 191 ; Louis Lartet, A station of the âge of stone near Tyre, dans Quarterly statements, 1880, p. 198-200), et, d*ailleurs, cette mention des couteaux de pierre manque au texte hébreu du livre de Josué ; elle ne se trouve que dans les Septante (Josué, xxiv, 30). On serait tenté de croire qu'il y a là les traces d'une pratique religieuse qui se serait établie quand, bien après le retour de la captivité, on crut retrouver et l'on vint honorer là la tombe de ce héros, auquel la légende éphraimite avait attribué un si grand rôle; en même temps que Ton allumait en son honneur, dans le vestibule, les lampes placées dans tous ces trous dont est percée la paroi do vestibule, on apportait et on déposait des silex grossièrement taillés qui rappelaient la grande cérémonie où Josué aurait ainsi présidé à la consécration de tout le peuple d'Israël.