Coupe transversale sur AB
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d'une entrée (fig. 184 et 186); mais on changea bientôt d'avis, et on prit le parti de placer la porte sur la face occidentale, sur celle qui regarde la vallée ; mais, comme c'était là un travail improvisé, qui n'appartenait pas au plan prévu, on ne prit même pas la peine de mettre la porte à égale distance des deux angles; elle est plus près du sud que du nord.
Cette adaptation, cette création de l'hypogée date encore de la période antérieure à l'exil. C'est ce qu'a pu démontrer M. Clermont- Ganneau. Il a reconnu que, plus tard encore, la porte a été agrandie; elle l'a été par en bas et par en haut. Elle n'avait d'abord que 0™,80; on lui a donné ainsi 1",45 de hauteur. Le pic a détruit alors presque entièrement un cartouche creux qui, avant ce travail, régnait au-dessus de l'entrée (fig. 187); des deux côtés de la baie, à sa partie supérieure, on aperçoit les deux extrémités du cartouche ; dans le creux de gauche, M. Clermont-Ganneau a distingué et estampé deux signes, un rech et.
LA JUDEE.
187. — La tomije avec son iuscriptioiiy d'après Clermont-Ganneau.
peut-être, un rech ou un daleth, dernières lettres d'une inscription d'une ligne' <jîg. 188i. Ces lettres ne suffisent pas à faire deviner le sens du texte épigraphique, ni même à en rétablir un seul mot; mais la forme en est significative; elles appartiennent au même alphabet: archaïque que celles de l'inscription gravée dans l'aqueduc, inscription que
l'on croit être du règne d^Ezéchias.
Le paléographe est donc d'accord avec l'archéologue pour regarder ce tombeau comme le plus ancien de tous ceux qui subsistent autour de Jérusalem^
comme le seul peut-être avec lequel nous atteignions la période antérieure à la captivité. Il semble y avoir eu alors, sur la face nord de la chambre, un banc, haut de 0",20, sur lequel aurait été déposé le cadavre (fig. 185 et 186). 11 a été coupé quand, sur trois côtés, ont été creusées les niches en arceau. Celles-ci, au témoignage du frère Liéven, sont
d'une exécution beaucoup moins soignée que la partie primitive de l'entrée, que les restes du banc, que les parois et le plafond du caveau. Le petit vestibule daterait aussi de ce remaniement. Enfin, c'est alors aussi qu'aurait été faite, en avant de la façade, la coupure qui met maintenant le seuil de la porte à 1",30 au-dessus de l'aire taillée dans le roc (fîg. 189). On a pu constater, à quelques débris de peintures, que, vers le quatrième ou le cinquième siècle, ces grottes funéraires de la vallée du Cédron et de la vallée de llinnom avaient été habitées par des solitaires chrétiens. C'est un hôte de ce genre qui aurait ainsi remanié sa demeure pour la rendre plus habitable; il se serait donné le luxe d'une antichambre; les niches auraient été faites pour lui servir d'armoires * ; pour pouvoir
188. — Les restes de Tinsci'iption,d'aprè8 Clermont- Ganneau.
\, Clermont-Ganneau, Mission en Palestine et en Phénicie entreprise en 1881, cinquième rapport, n® 73 {Archives des missions scientifiques et littéraires, 3* série, t. XI, p. 217).
2. J*ai visité, en Asie Mineure, beaucoup d'habitations troglodytiques ; on y trouve, en grand nombre, ces petites niches taillées dans la paroi. Ce ne sont parfois que des
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entrer chez lui sans se courber, il aurait exhaussé le passage ; enfin, en reportant à un niveau inférieur le pied du mur de la façade, il se serait arrangé pour que Ton ne pût entrer chez lui que par une échelle ; il retirait Tescabeau quand il lui plaisait de ne pas être dérangé dans ses dévotions.
Les changements qui ont donné au monument un aspect si étrange et si déconcertant, soit au dehors, soit au dedans, seraient donc presque modernes. Pendant toute l'antiquité, ce monolithe aurait gardé Taspect
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189, — La façade du monolithe, depuis le déblaiement.
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qu'il offre dans notre figure 190 et qu'il conserve aussi, malgré le remaniement de la porte, dans la vue d'ensemble (fîg. 191). Après la prise de Jérusalem, il put être profané et pillé; mais il n'avait pas de ces ornements délicats et saillants sur lesquels s'exerce parfois, à coups de pioche et de marteau, la rage d'un vainqueur. On ne dut pas plus songera le détruire qu'à entamer le roc dont il faisait partie, auquel il tenait par sa base et par une de ses faces. Plus tard, quand, après le retour de l'exil, les habitants de la ville reconstruite et plus peuplée qu'autrefois recommencèrent à se servir de la nécropole orientale o( la
tablettes juste assez larges pour qu'on ait pu y poser une lampe; mais parfois olles s'agrandissent jusqu'à prendre les dimensions de tiroirs on de placards ménagés dans la roche vive.
prolongèrent \ers le nord, le tombeau désert reçut sans doute un nouvel hôte; en tout cas, il attira l'attention, comme reste et témoin d'un glorieux passé; on serait même tenté de croire qu'il servit de modèle; ce serait là que les architectes contemporains des Hyrcan et des Hérode auraient été prendre cette corniche égyptienne que, dans les tombeaux dits d'Absalom et de Zacharie, ils ont superposée k un ordre ionique et à une frise dorique.
On a voulu voir, dans le monolithe de Siloam,la chapelle que Salomon aurait édifiée pour celte fille d'un Pharaon qui devait tenir le premier rang dans son harem ' ; mais celte conjecture, sous la forme où on
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