Rois, II, 10; XI
4. L'incinération n'a jamais été pratiquée chez les Juifs, pas plus que chez les Phéniciens. On a cru trouver la mention de corps hrûlés dans un verset d'Amos (vi, 10) et dans le récit des funérailles du roi Asa (Il Chroniques, xvi, 14); mais Reuss doute fort du sens que Ton prête au mot mesra^ dans le premier passage; dût-on le traduire, comme le font nos versions, par brïileur, il ne faudrait encore voir là qu'une allusion aux cruels expédients où seront réduits, en punition de leurs fautes, les habitants de cette Samarie que Je prophète dépeint assiégée par les Assyriens, affamée et dépeuplée. Quant au texte des Chroniques, il comporte une explication très simple. Le chroniqueur n*a pas voulu parler de l'incinération du corps, mais de la combustion de matières odoriférantes accumulées tout autour du cadavre, pour atténuer l'odeur qui s'en exhalait; Asa avait succombé à une maladie qui, même avant la mort, avait commencé à décomposer les. chairs. Voici comment Reuss traduit ce verset : « On l'enterra dans le caveau qu'il s'était fait creuser dans la cité de David, après l'avoir couché sur un lit rempli de pai^ums et d'aromates, et lui avoir allumé un feu excessivement grand. »
5. Sur le tombeau des Machabées et la ruine qui parait le représenter, voir Guérin, Description géographique, historique et archéologique de la Palestine, 2« partie, Samarie, t. Il, pp. 55-64 (avec deux planches) et 3® partie, Galilée, t. 1, pp. 47-57.
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36e LA JUDÉE.
modèles gréco-syriens. Enfin, une fois au moins, le rédacteur des Chroniques introduit dans la formule du livre des Rois une variante significative : « On enterra, dit-il, Asa dans le caveau qu'il s'était fait creuser dans la cité de David*. » Asa avait sans doute dû ajouter une chambre à cet ensemble, que le même écrivain désigne ailleurs par cette expression : « les tombeaux de la famille de David* ».
Ces tombeaux, que Ton n'a pas encore retrouvés, où faut-il les chercher? De tous les emplacements proposés, le plus invraisemblable, celui auquel les textes bibliques permettent le moins de songer, c'est celui dont Saulcy s'est fait l'avocat bruyant et passionné ; il a voulu reconnaître la sépulture de David et de ses successeurs dans l'hypogée, situé au nord de Jérusalem, qui est connu sous le nom de Obour-eU Molouk ou <( tombeau des rois »; il a été jusqu'à désigner, parmi les sarcophages qu'il en a retirés (fig. 159), ceux qui avaient renfermé la dépouille de David et celle de Salomon. Les archéologues ont protesté tout d'abord; il leur a suffi de voir le tombeau, d'en étudier la composition et les ornements : on y sent partout la marque du style grec. Ce qui tranche d'ailleurs la question, c'est la topographie. La ville de David ^ qu'on la place sur le prétendu mont Sien ou sur le mont Moria, n'a jamais pu s'étendre jusqu'aux Qbour-eU Molouk.
Cette hypothèse écartée, on ne peut hésiter qu'entre la colline occidentale, celle qui portait la ville haute ^ et celle du temple. Or toutes les vraisemblances sont pour l'opinion d'après laquelle il conviendrait de placer la ville de David sur les pentes méridionales du Moria, à Ophel (fig. 106) , et l'argument peut-être le plus fort que l'on puisse invoquer en faveur de cette théorie est celui que nous a fourni la vision d'Ézéchiel; on se rappelle ces versets où le prophète manifeste si clairement le désir que, dans la Jérusalem future, la colline qui portera le temple reconstruit appartienne tout entière à lahvé et à ses prêtres, que les rois d'Israël ne la profanent plus, vivants, par leurs débauches et leurs înfidéhtés, morts, par la présence de leurs cadavres ^ Ces tombes se trouvaient, d'après les livres historiques, dans la ville de David, et, d'autre part, il résulte du texte d'Ézéchiel que les sépulcres et le palais des princes étaient tous voisins du temple. « Us mettaient, dit lahvé, leur seuil près de mon seuil, leurs poteaux près de mes poteaux, et il n'y avait